3326

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Heimoth
(guitare+claviers)

-Cyriex
(guitare)

-Black Messiah
(chant)

-Helldryk
(basse)

-Alsvid
(batterie)

TRACKLIST

1)Marchemergence
2)March of the Consistory
3)Umbilical Cutting
4)Co-Existent Species
5)Ascention
6)H-Eradicate
7)Xtasian Ostix
8)A Pallbearer's Gloom
9)The Blade Upon Mankind

DISCOGRAPHIE


Seth - Era-Decay
(2004) - black metal - Label : AvantGarde Music



N’en jetez plus, vous êtes déjà à genoux! Pourquoi? A cause du jeu de mots dans le titre de l’album voyons! Et oui, dans sa tendance anglicisante Seth s’en est désormais rompu d’un sur cette si chère langue de Shakespeare. Bon, vous vous doutez bien aussi que ce n’est pas l’attrait principal de cet album (ou alors, s’il l’est, ça ne garantit rien de bon pour celui-ci…) mais ce caractère méritait d’être souligné. Nous allons donc droit vers l’éradication. De quoi? Ca Seth n’en fait que peu de mystère, l’espèce humaine dans sa globalité évidemment.

En effet, depuis ses débuts, le groupe bordelais n’a que peu de considération pour nous autres confrères êtres humains. Normal me direz-vous, nous parlons de black metal après tout. On n’est pas ici pour faire de la bal musette et traiter du chant mélodieux des colibris. Les paroles vont très logiquement dans ce sens et avec des titres aussi évocateurs que "H-Eradicate" (qui devient totalement explicite maintenant) et l’ultime chanson "The Blade Upon Mankind". Le propos ne fait désormais plus aucun doute. Propos accompagné par des chansons et donc de la musique. Qu’en est-il? Elle confirme la tendance qu’a Seth d’aller vers toujours plus de recherche. Elle délaisse un peu le côté futuriste qui dominait Divine X sans l’oublier toutefois. Il demeure présent par quelques sons technoïdes qui font office de transition entre certaines pistes, genre le début d’Ascention. Les riffs pour leur part continuent dans cette abondance d’accords qui grandit d’album en album.

Ils sont sur cet album vraiment loin du standard black metal comme peut le représenter Dark Throne en étant constamment appuyés par une recherche de complexité. D’ailleurs ils vont dans ce sens tant et si bien qu’ils en perdent leur caractère black metal par moments. Il est difficile de ne pas se sentir entouré de death metal sur ce disque. Certains le sont un peu, d’autre le sont carrément. Ce phénomène est audible sur toutes les chansons. Voilà la principale caractéristique de cet album, c’est son orientation vers le death. Sûrement inconsciente elle est bien là. Seth à force de vouloir densifier son art en oublie les facettes les plus évidentes. Car en plus de ces riffs plus tranchants que glaciaux il faut rajouter un son de guitare qui s’éloigne un peu de la froideur black metal. Ce mouvement entamé sur Dvine X est ici plus fort. Il y a toujours un brin de blizzard, mais bien moins que par le passé. La batterie va dans la même direction. Elle délaisse désormais son ton sec et boisé pour devenir clairement mieux produite.

Là vous vous direz que je débloque, une batterie mieux produite c’est moins bien? Ben oui. Dans le black metal abondance de bien nuit. Plus précisément, si on s’en sert mal, on dénature la pureté originelle. Car là où Seth lui-même avait tapé dans le mille avec un l’Excellence dont la production norvégienne était presque parfaite, il loupe le coche en rendant son espace sonore plus synthétique. Personnellement, je n’adhère que peu à cette démarche. Vous aimerez peut-être plus. En tout cas les fans de death devraient apprécier. Il est aussi temps de parler d’un autre point noir. Le chant. Troisième changement de chanteur en trois albums désormais, cela ne c’est pas fait pour le meilleur. Le départ de Vicomte Vampyr Arkanes n’a pas été une bonne chose car le groupe a perdu de son identité sonore avec l’amputation de son chant unique et hypnotique. Il est maintenant quelconque.


A la lecture de cette chro vous en tirerez avec raison que l’album est mauvais. Pourtant non. Il s’agit juste d’une déception car Seth a tellement de potentiel que c’est dommage. Le groupe est sur une pente descendante et il reste capable de sortir des riffs issus de nulle part comme sur Marchemergence. Franchement, avec le niveau technique qui est désormais le sien, notamment Alsvid qui est décidément très impressionnant derrière les fûts, Seth a les moyens de proposer un black classieux et novateur. Il n’est pour le moment que géniteur d’un black technique deathisant mais toujours novateur. A lui de corriger le tir en retournant vers ses influences norvégiennes et polaires, c’est là où il trouvera la gloire.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3