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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Brendt Allman
(guitare)

-Carl Cadden-James
(basse+flûte)

-Mike Baker
(chant)

-Gary Wehrkamp
(claviers+guitare)

-Chris Ingles
(claviers)

-Kevin Soffera
(batterie)

TRACKLIST

1)Cliffhanger
2)Interlude
3)Crystalline Dream
4)Interlude
5)Don't Ever Cry, Just Remember
6)Interlude
7)Warcry
8)Celtic Princess
9)Deeper Than Life
10)Interlude
11)Alaska
12)Interlude
13)Ghost Ship: The Gathering the Night Before
14)Ghost Ship: Voyage
15)Ghost Ship: Dead Calm
16)Ghost Ship: Approaching Storm
17)Ghost Ship: Storm
18)Ghost Ship: Enchantment
19)Ghost Ship: Legend
20)TG94

DISCOGRAPHIE

Carved In Stone (1995)
Legacy (2001)
Digital Ghosts (2009)

Shadow Gallery - Carved In Stone
(1995) - rock prog metal prog - Label : Magna Carta



Shadow Gallery est un groupe pétri de talent. Cela ne fait, je pense, aucun doute. Leur sens de la composition, leurs qualités mélodique et technique sont tout bonnement extraordinaires. Pourtant, ce groupe gâche son talent. En restant chez Magna Carta, ils ne tournent pas, sont dispersés dans des projets annexes (on ne compte plus les disques auxquels ils ont participés) et ne sortent finalement que peu de galettes. Si la qualité est bien entendu présente et toujours plus que satisfaisante, on dénote toujours quelques petites faiblesses qui font des albums certes absolument indispensables mais pas parfaits. Ainsi, le jour où ce groupe sortira de son carcan pour nous sortir l’album ultime, nul doute que nous aurons entre les mains une merveille intemporelle qui marquera à jamais son époque.

Carved In Stone est le deuxième album du groupe et c’est leur première vrai réussite. Le premier album étant plus un essai. On y trouve déjà tous les ingrédients du groupe. Une orientation progressive indéniable, un sens de la mélodie (le chant comme la musique) magnifique, une orientation metal, certes encore discrète mais bien présente,et bien sûr une pochette plus ou moins pourrie ainsi que des photos du groupe toujours aussi ridicules (il devrait sans doute soigner leur image, puisque certains pensent encore que l’aspect d’un groupe traduit son talent et sa sensibilité). On trouve donc sur le disque une majorité de titres mid-tempo (le groupe n’est réellement metal progressif pur sur trois titres) qui n’hésitent pas a durcir parfois le sujet (comme sur "Warcry"), mais dans l’ensemble le metalleux risque de rester sur sa faim.

Ce n’est pas un problème car le disque est musicalement superbe. Piano, guitare acoustique et flute dansent ensemble dans un harmonieux ballet. La plupart des intermèdes instrumentaux du disque sont splendides et lyriques au possible, les mélodies collent parfaitement aux morceaux et des titres tel que "Crystalline Dream", "Celtic Princess" ou "Alaska" sont tout simplement sublimes. Le ton se durci donc avec "Cliffhanger" et son climat de départ intriguant (repris dans "Legacy"). Morceau décomposé en deux parties (comme son successeur), on y trouve un passage chanté et un passage instru ou la guitare combat un clavier prog’s 70s dans une fluidité exemplaire. Un morceau génial.

"Deeper Than life" est le titre le plus couillu de l’album. Là encore, Shadow montre un talent technique et mélodique impressionnant. Du tout bon encore une fois. Ces deux titres sont les prémices du coté metal prog du groupe qui sera mis en avant lors des opus suivants. Comme à l’accoutumée, un long morceau épique est présent (20 minutes). Cette fois ci, Shadow nous conte une légende avec "Ghostship". L’histoire d’un navire et de son équipage qui va bien évidemment disparaître. Tentative pour Shadow de mettre en musique la fameuse histoire mille fois vue du bateau fantôme. Et c’est une vrai réussite. Passage intriguant, atmosphère étrange jusqu'à l’instrumental frénétique du passage dans une mer déchaînée suivi par l’incroyable "Enchantment" où Chris Ingles (a moins que ce ne soit Gary Wehrkamp ??) nous fait preuve de son talent de musicien classique. Grandiose encore une fois !


Au final, la bande a Carl Cadden-James nous fait bien plaisir avec cet album remarquable. Bien sûr, le groupe n’est pas encore en parfaite osmose, cherchant sa voie entre un vrai metal progressif et un rock progressif plus calme. Il n’en reste pas moins que le groupe possède déjà sa patte, un style original et inimitable. Shadow fait bel et bien partie de ces groupes que l’on peut aduler comme détester. Il n’y a pas de juste milieu. Et c’est normal, il s’investit totalement dans ce qu’il fait, sans penser au reste. Le groupe joue ce qu’il aime sans un quelconque consensus. Pour finir, et comme le dit le groupe, ce disque est une combinaison d’émotions et d’exécution qui tente de perpétuer l’art dans une société diriger par le saint patron $. Prétentieux Shadow ? Non, sincère, tout simplement.


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