3377

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Kvarforth
(guitare+chant)

-Inisis
(guitare)

-Phil A. Cirone
(basse+claviers)

-Hellhammer
(batterie)

TRACKLIST

1)Mörda Dig Själv...
2)Svart Industriell Olycka
3)Självdestruktivitetens Emissarie
4)Submit To Self-Destruction
5)Till Minne Av Daghen
6)Fields Of Faceless

DISCOGRAPHIE


Shining - III - Angst : Självdestruktivitetens Emissarie
(2002) - black metal - Label : Osmose



Shining ou un groupe venu du Nord, encore. Comment pouvait-il en être autrement vu qu’il s’agit d’un groupe de black metal? De Norvège alors me direz-vous. Et bien vous avez tort! Pour une fois, ce groupe de derrière les fagots nous vient du voisin suédois. Chose d’autant plus étrange qu’il ne s’agit pas d’un énième groupe de black brutal ultra rapide sans âme avec grosse production itou. Dans ce cas, on opte plutôt pour un magnifique black metal teinté de true et surtout formidablement inspiré par la glaciale atmosphère des fjords scandinaves.

Shining un groupe où figure également Hellhammer du temps de ses innombrables collaborations studio. Sur ce disque, il enrichit la musique de sa présence remarquable de retenue mais qui sait toujours placer un petit break maléfique. Un travail sur les cymbales très intéressant par moments, mais globalement, il se contente d’apporter la rigueur de son jeu et c’est tout. Mais pour ce qui nous intéresse vraiment, la musique de Shining dans son entièreté, là il n’y a pas de retenue. Le groupe balance à la face du monde sa haine autodestructrice et son aversion de l’espoir. La couleur est à la grisaille, grisaille qui se fait très épaisse. On a du mal à sortir de l’atmosphère terriblement lourde qu’installe Kvarforth, principal compositeur du groupe. Le sanctuaire du repos éternel n’est jamais loin et c’est bien là que réside toute la force maléfique de ce disque. D’une noirceur étouffante de bout en bout, il n’en est pas moins d’une grande beauté. Et ce n’est pas la moindre de ses qualités.

Shining sait que le black metal est une affaire d’ambiance sombre, d’atmosphère lugubre et de mort planante. C’est ce qu’il s’échine à délivrer avec constance et talent tout au long de l’album. Pour autant, des moments de pure beauté sont toujours présents et c’est sous la forme d’une guitare sèche égrainant délicatement ses accords puis d’un solo tout à fait mélancolique et mélodique sur "Submit To Self-Destruction" que nous les remarquons. Il n’y a pas à dire, la bande du Nord nous dévoile plusieurs facettes toutes terriblement accrocheuses. La froideur extrême du true black, la beauté de la guitare sèche mais aussi la furia des blasts beat couplée à la dépression des langoureuses parties de batterie doomisantes. A ce mortel tableau, n’oubliez pas d’ajouter que chaque riff, en plus d’être véritablement oppressant et suicidaire, est repris à l’envie. Une envie très buttée puisque les riffs sont souvent répétés à l’infini. Vous les entendrez encore et encore comme autant de coup de pioche. Le croquemort se frotte les mains, l’heure de sa venue est proche.

Shining, c’est aussi un groupe intègre avec cette vision peu commune du black. Un black lent, malsain, froid et dépressif finalement assez unique. Le groupe se forge tout au long de l’album une identité très forte et si on ne peut parler d’absolue originalité on doit saluer la musique unique du groupe qui sait marier des éléments qu’aucun groupe ne marie. Forgotten Tomb fait bien dans le doom/black, mais il n’a pas ce côté si malsain qui déborde ici. Dans le genre original, la troupe se permet une incartade au Moyen-Age avec "Till Minne Av Daghen" toute aux claviers sonnant comme les instruments d’antan. Shining est un courant d’air frais pour la scène black sclérosée par son succès. Elle mérite de voir arriver des têtes différentes mais pour autant porteuses de toutes les traditions du black metal. Shining est un groupe encore assez jeune aussi puisque malgré ses sept années d’existence, il n’en est qu’à son troisième album. Un album dont vous aurez compris qu’il est un indispensable du black. Un peu comme Dark Throne qui est le black metal, Shining est un vaillant disciple appliqué et inspiré.


Shining réussit donc le tour de force de proposer une musique horriblement black metal sans pour autant sombrer dans le cliché à deux balles du « on est très très méchants » tout en apportant un souffle mortuaire rafraîchissant. Une atmosphère comme rarement vous en entendrez. Préparez-vous au voyage, celui-ci risque d’être éprouvant.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7