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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Joackim Piquot
(basse)

-Diego Janson
(guitare)

-Julien Divert
(guitare)

-François Vecchiali
(batterie)

-Julien Henry
(Chant)

TRACKLIST

1)Bushido Codex
2)Hibakusha
3)Dirty Ego
4)A Perfect World of Shit
5)Year Zero
6)Le Gang Des Postiches
7)Room 57
8)Whose Next ?
9)Without Lucky Star Hero
10)Empire of Disgust

DISCOGRAPHIE

Bushido Codex (2006)

Sickbag - Bushido Codex



Déjà auteur de plusieurs démos, Sickbag déboule enfin avec son premier véritable album. Après plusieurs tours de chauffe ces dernières années (leur première démo date de 2003), il était temps pour nos petits Français de nous montrer ce dont ils étaient capables, d’exhiber la marchandise et de faire reluire la mécanique. Eh bien c’est chose faite depuis l'année dernière avec Bushido Codex. Et autant vous prévenir tout de suite, ça fait sacrément mal.

Sickbag se veut être un groupe se réclamant d’influences dont les plus frappantes restent The Dillinger Escape Plan pour le côté technique et parfois très dissonant ("Year Zero"), du death en général (et plus précisément, de leur propre aveu, de groupes comme Carcass, Napalm Death ou Dying Fetus, même si on pourrait aussi citer Aborted pour le mélange des voix) avec ses gros riffs lourds et puissants ("Le Gang des Postiches"), le tout agrémenté de passages puissamment hardcore ("A Perfect World Of Shit" ou "Empire Of Disgust"). Ce mélange se veut savamment dosé, et surtout alterné de façon intelligente au sein même de chaque titre. Passer d’un riff énorme et lourd typé Pantera à un blast beat hystérique digne de Nasum, puis à des rythmiques complètement instables et des harmonies dissonantes procure, il faut l’avouer, une sensation de puissance qui si elle n’est pas inédite dans l’histoire du métal, reste tout à fait savoureuse.

Le titre l’annonce assez clairement, Sickbag nourrit sa thématique de références exotiques, et plus précisément Japonaises, s’offrant même une petite intro au shamisen (ou pas, hein, je ne suis pas expert en instruments traditionnels Japonais) sur "Whose Next ?" ou un petit discours dans cette langue si harmonieuse du pays du soleil levant sur l’outro de "Dirty Ego". Bref, petite note d’originalité qui ne va pas chercher bien loin et qui ne nous éloigne pas plus que cela de ce qui fait l’intérêt de nos Caennais. La production est bonne, équilibrée, on regrettera une basse trop en retrait sauf sur certains passages (sur "Hibakusha", par exemple) mais l’ensemble dégage une puissance assez conséquente. Les titres sont courts, intenses, brutaux, ne s’embarrassent pas d’artifices et vont directement à l’essentiel, autrement dit vos tympans. Même la courte introduction au piano de "Empire Of Disgust" ne nuit en rien à la cohésion de l’ensemble.


La formule est quasiment inchangée d’un titre à l’autre, on alterne les passages lourds, les blasts colériques et les riffs, ce qui est à la fois un défaut une qualité : une qualité parce que ça donne une bonne cohérence à l’album, un défaut parce que tout à tendance à se ressembler un brin. Comme tout ce qui touche de près ou de loin au grindcore et associés, tout est affaire de goût et celui qui n’a aucune affinité avec les influences précitées risque à l’écoute de ce Bushido Codex, de sortir vite fait son sac à vomi avant de fuir à toutes jambes. Les autres ne risquent qu’une chose, celle de se faire défoncer les tympans pendant les (très) courtes vingt-sept minutes de ce premier véritable album de Sickbag. Bushido Codex a au moins le mérite si besoin était, de montrer qu’en matière d’extrême la France n’a pas à rougir et est capable de se hisser au niveau du meilleur de l’international. C’est tout ce qu’on souhaite pour le futur de Sickbag, tiens.


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