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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Sergio Dominguez
(chant)

-Gabriel Hidalgo
(guitare)

-Paolo Stagnaro
(batterie)

-Mauricio Nader
(basse)

-Erik Avila
(guitare)

-Sebastian Carrasco
(claviers)

TRACKLIST

1)The Secrets
2)Chaos and Fury
3)Rising of the Island
4)Chiloé, The Creation
5)Endless Waiting
6)Caleuche (The Flying Dutchman)
7)Goddess Of The Seas
8)Cradle Of Sorrow
9)Brutal Sacrilege
10)Trusted Steps In The Forest
11)Trauco (Seed of Pain)
12)Slave of the Sky
13)Hopeless Return
14)Frozen Lips In The Night
15)The Basilisk
16)...Another Night
17)The Secrets Of An Island

DISCOGRAPHIE


Six Magics - The Secrets Of An Island
(2003) - metal symphonique - Label : Underclass



Eh bien, il y avait longtemps que je n’avais pas croisé un groupe avec une imagerie aussi ridicule. Matez un peu cette pochette en images de synthèse pré-Seconde Guerre Mondiale. Les dessins du livret sont tous de la même splendeur, mais sont tout de même ridicules face aux superbes photos promo de fin où les Six Magics prennent la pose comme des true evil ones, pendentifs en renfort. Et puis ce nom de groupe, ces titres de chansons, quel bon goût… Digne d’un autiste attardé de quinze ans. D’ailleurs, au vu des photos, je me demande sérieusement si certains membres du groupe dépassent effectivement l’âge des premiers émois sexuels. En clair, ça part mal…

Puis, une fois passée la mignonnette petite introduction guitare folk/flûte/claviers, « Chaos And Fury » vient couper court à tout préjugé désobligeant. Il faut reconnaître que ces chœurs d’opéra en ouverture sont réellement impressionnants. Ah tiens, finalement, ils sont sérieux les petits chiliens… Mais par quel miracle, me demandé-je, ont-ils réussi à s’adjoindre les services d’une telle chorale? Pour un premier album, qui plus est? J’insiste sur ce point car sans elle, honnêtement, le tout manquerait cruellement d’âme. Il est dommage qu’elle soit parfois mixée en retrait, car c’est bien elle qui sauve les meubles. Explications.

Il est clair que la principale influence du groupe s’appelle Rhapsody. Les Six Magics cherchent à créer des atmosphères épiques et des cavalcades héroïques, à l’aide de ces chœurs et de ces claviers omniprésents. Transitions incluses, dix-sept titres composent The Secrets Of An Island, qui se révèle – ô surprise – être un album conceptuel, fondé sur les histoires entremêlées d’une pléiade de personnages mythologiques plus ou moins ridicules, et sur le mystère de la création de la vie. Tout un programme. Côté textes, il faudra repasser. Ils sont nuls, et on n’en attendait pas moins. Voilà qui rassure!

Musicalement en revanche, Six Magics mérite que l’on dépasse ses préjugés. Erick Avila, au fond, est un compositeur plutôt doué et un guitariste au niveau acceptable. Il diffuse subrepticement dans chaque pièce une multitude de riffs, non pas originaux, ni même particulièrement excellents (« Chaos And Fury », bôf…), mais il parvient à rassembler un bon nombre de plans intéressants, dispatchés ça et là. Les idées, qu’il a nombreuses, se suivent sans anicroche; la facilité n’est définitivement pas sa voie, les morceaux sont tous ponctués par de multiples breaks et relances qui rendent ardu, en une écoute, de saisir où le groupe veut en venir. C’est là la principale divergence qui sépare les Six Magics des trolls italiens de Rhapsody: les deux guitares, ici, occupent quasiment tout l’espace sonore et soutiennent à elles seules la structure des morceaux. Les orchestrations, pour être clair, sont clairement pensées « en fonction de » et non « avec ». Elles sont par ailleurs moins convaincantes, mais cela n’est guère surprenant.

En dehors de ça, on peut toujours évoquer le jeu de batterie de Paolo Stagnaro, qui tient correctement la route face à la complexité des compositions, mais qui tend toutefois à abuser de la double pédale. Car le reste, finalement, n’est pas digne d’intérêt. Le chanteur Sergio Dominguez semble avoir à peine mué et fait pâle figure aux côtés de la chorale, composée d’une dizaine de professionnels. Sporadiquement, une voix black-metal et une envolée féminine apparaissent, tentant d’agrémenter la pénible vacuité de ces tristes pistes vocales. Les narrations, quant à elles, cumulent les clichés et sont à mourir de rire (« And I will fly over the sea… Forever … ») Finalement, les préjugés étaient bien légitimes…


Bref, voilà un album mi-figue mi-raisin. Les moyens du groupe ne sont pas vraiment utilisés à bon escient, et c’est malheureux. Heureusement, les chœurs sont magnifiques et très efficaces, offrant ainsi à quelques morceaux quelque chose d’intéressant. Parmi eux, « Caleuche », pour son refrain qui en fait des caisses, et « Trauco » pour les échanges avec Catalina Segovia et les sopranos. Néanmoins, je reste positivement impressionné car on ressent pour ce premier opus une implication et une motivation de bon aloi (ce concept, fallait oser quand même). Alors en toute sincérité je dis courage, les enfants.


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