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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Olly Truant
(chant)

-Stuart Truant
(guitare)

-James Truant
(basse)

-Paul Truant
(batterie)

TRACKLIST

1)I Love You Even Though You're A Zombie Now
2)The Bloodening
3)Realist Surrealist
4)Dirty Vampire Feeding Frenzy
5)Throne Vertigo
6)Vultures
7)A Day In The Death
8)Necropolis Junction
9)I The Explorer
10)Footprints In The Thunder

DISCOGRAPHIE


Johnny Truant - In The Library Of Horrific Events
(2005) - postcore - Label : Undergroove Records



Ca y est, le postcore est devenu le genre qui monte qui monte. Il y a six mois c’était le métalcore, avant c’était l’extrême généraliste, et hop, ça y est, le vent a tourné. Les Britanniques de Johnny Truant sortent aujourd'hui leur deuxième album, après un The Repercussions Of A Badly Planned Suicide très bien accueilli par la presse et le public. Mélange d'influences métal toutes origines, d'un chant résolument extrême et d'un sens de la composition pour le moins alambiqué, la musique de Johnny Truant est de celles qui s'écoute avec attention. Plongée dans un univers déviant.

Johnny Truant provoque la même impression à la première écoute que leur compatriotes Eden Maine: folie furieuse, nous voilà. Ca part dans tout les sens, ça enquille les plans les plus violents et dissonnants les uns après les autres, c'est une forme de chaos dont on ne perçoit la maîtrise qu'après une écoute poussée. C'est du postcore! Le chant postcore est traditionnellement un growl de style vomi, une déferlante tant déchirée qu'émotionnelle. Johnny Truant tire son épingle du jeu à ce niveau-là: la plupart des chanteurs de ce style tirent vers le hardcore, alors que l'ami Olly est clairement black-métal. Il pourrait sans souci tenir le micro dans un groupe de black norvégien!

Bien évidemment, il sait moduler pour partir dans le death et il pratique également ce chant "crié-craché" propre au style, qui laisse transparaître sa "vraie" voix, comme s'il apostrophait quelqu'un de l'autre côté de la rue. Les plans sont totalement hystériques, enchaînant sans cesse idée après idée. On passe d'une rythmique en salve à la Fear Factory à un plan typiquement heavy-metal à deux guitares, pour ensuite partir dans le death, le black, le hardcore, j'en passe et des meilleurs. C'est pour le moins complexe, et cette mixture serait totalement indigeste si Adam Dutkiewicz, guitariste chez Killswitch Engage, n'avait pas assuré une production absolument parfaite, à la fois très claire, extrêmement violente et grasse (un son lisse aurait tout gâché).

Comme de bien entendu, Johnny Truant insère çà et là des passages ambiancés entre ses déferlantes de violence, se posant en digne groupe de postcore, genre qui peut être le plus violent de tous comme le plus doux selon les moments. "The Bloodening" et "Throne Vertigo" posent ainsi des plans atmosphériques qui ne sont pas sans rappeler Burst… Par contre le groupe n'en fait pas une figure imposée, ce qui est assez plaisant car l'impact de ces quelques grammes de douceur dans une musique de brutes s'en trouve renforcée. Mais en citant Burst j'aborde de fait la limite de la musique de Johnny Truant: difficile de trouver un plan qui ne rappelle aucun autre groupe du même style et passé le chant black Johnny Truant peine à se forger une identité. Si la maîtrise instrumentale et l'intensité des titres sont indiscutables, on se retrouve souvent avec l'impression d'entendre un collage de plans piqués ça et là à Eden Maine, Neurosis, In Flames, Beecher ou Isis (avec lesquels Johnny Truant a tourné). Et en parlant de collage, cet album souffre également d'un certain manque de cohérence dans les compos. Forcément, quand on enchaîne quarante breaks à la minute, il est dur de composer de vrais titres… De ce fait, la transition entre la première et la deuxième plage est quasiment indétectable, même après de multiples essais.


Conclusion: In The Library Of Horrific Events est un album intense, bien fichu et qui fait preuve d'une rage ainsi que d'une capacité de jeu très impressionnantes. Par contre le propos manque d'une vraie dynamique de composition et renvoie trop souvent à d'autres formations… C'est fort dommage car avec le nombre de plans surpuissants que cet album comporte, il aurait pu taper très, très fort. Handicapé par une impression de fouilli artistique, il ne peut prétendre qu'au statut d'album très sympa, qu'on ré-écoutera sûrement avec plaisir sans pouvoir isoler une chanson en particulier. Les die-hards aimeront en tout cas beaucoup.


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