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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 16 mai 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-Pasi Koskinen
(chant+clavier+guitare)

-Vesa Wahlroos
(guitare)

-Juha Harju
(basse)

-Janne Immonen
(claviers)

-Tommi Lillman
(batterie)

TRACKLIST

1)Keuhkot
2)Massat
3)Mitä Kuolema Parantaa?
4)Saatana Palvoo Meitä
5)Saveen Saarnattu
6)Ikuisen Aamun Sara
7)Kielletyn Sanat
8)Säkeitä Riippuneesta Lihasta
9)Lammas

DISCOGRAPHIE

Äpäre (2006)
Noitumaa (2009)

Ajattara - Noitumaa
(2009) - folk Folk acoustique à fond black - Label : Spikefarm



Ajattara a souvent été salué par son atmosphère musicale particulière et tellement personnelle, comme la classieuse noirceur dépouillée de Tyhjyys et la personnalité marquante d'Äpäre. Noitumaa va probablement bien plus loin et engendrera à coup sûr des avis manichéens, du rejet total au cri de génie... Pensez-vous, un album folk acoustique qui pue le black mais qui ne respecte aucune des fondations les plus évidentes du style.

Par « fondation évidente », il faut entendre ce que l'auditeur de black, qu'il soit de passage ou non, va attendre et recevoir dans son esprit pré-conditionné, à savoir les riffs saturés et glaciaux, les blasts beats, la voix gutturale soprano et une rythmique à brûler des églises. Les plus « trve » prêteront une valeur certaine au grain de la production et au nombre d'artifices non-usités, les plus hardis chercheront le petit plus qui leur donnera cette classification tant appréciée, du symphonique à clavier en passant par le raw enregistré dans les gogues un jour de pluie, par le folk à boire et à manger ou encore le fameux « n'roll » à la mode, qui tente de ranimer une flamme dont on sait qu'elle ne s'est jamais éteinte. Il n'y a rien, rien de cela dans Noitumaa, et pourtant le grand amateur de black que je suis se sent de mieux en mieux au fil des écoutes de ce... truc.

Lorsque la période surprise/rejet/intérêt/caca/vomi se sera auto-éteinte, il se pourra que le chemin de la compréhension se montre à vous. Trois grands éléments et quelques fins détails se sont un jour unis dans l'esprit de Pasi Koskinen (le vrai et grand growl des prémices d'Amorphis et l'âme noire d'Ajattara) : un déchirement indescriptible de sa voix, une guitare acoustique et sa langue maternelle -le finlandais. Il n'a pas dû chercher loin, mais encore fallait-il le coucher sur un bout de plastique éphémère. Les détails de l'autour sont juste quelques rares instruments folks comme une sorte de guimbarde et un pseudo accordéon fatigué ("Kielletyn Sanat") qui viennent épauler une guitare sèche jouée sur un tempo lent, mais dont la résonance captive et contribue à créer une atmosphère moite et obscure, d'une pesanteur rare.

La seule voix de Koskinen sur ce lit de cordes suffit à ouvrir les portes d'une descente vers un point inconnu dont on sait par avance qu'il fera mal. Il n'est pas assez d'un adjectif pour décrire les facettes de sa voix ainsi déclinées sur l'album : envoûtante, effrayante, dérangeante, théâtrale, répétitive, incantatoire, oppressante...Positif ou négatif, il est impossible de s'en détacher, d'autant que le meilleur est préservé jusqu'à la fin avec cette variation chaude, suave et quasi-gothique de "Lammas". Face à cela, les passages clairs en chœur de "Mitä Kuolema Parantaa?" ou "Ikuisen Aamun Sara" dont la mélodie est très réussie, ne sont qu'anecdotiques. Finalement, quoi de mieux que le Finlandais pour terminer le travail de la troisième lame et rajouter encore quelques kilos sur une atmosphère déjà complètement plombée à l'extrème (aaaahh ces « r » roulés en criant...)?


L'image est belle, n'est-ce pas? Mais attention, il ne faut pas oublier que ce portrait est dressé par un neo-adepte du concept de Noitumaa, dans lequel il est plus facile de sortir que de pénétrer. Ceux qui ne réussiront pas à entrer trouveront l'album très linéaire et ce serait dommage, en plus d'être totalement faux. Peut-être par volonté, et c'est une chance, les titres sont assez courts, ce qui devrait permettre de poser son pied dans l'étrier... Imaginez tout de même que « ça » m'a fait esquisser un improbable et inconscient headbang sur du folk acoustique en finlandais...Quel pied.


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