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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-N-Ikonoclast
(chant)

-Xraphæl
(guitare+samples+programmation)

-Kktz
(basse)

-Next-X@nctum
(claviers)

-Xenos
(batterie)

TRACKLIST

1)Evil Has Found a Servant
2)Dance High & Shine, Shiva !
3)Shame on You !
4)Splendour & Majesty
5)In Cinere et Cilicio
6)The Whore & the Ashetist
7)Thir(s)ty Pieces of Silver
8)... And I Hear a Voice
9)9XS
10)Disciplina Arcani (Un Canto per L’Esilio)
11)Come in Uno Specchio
12)Would ? (Bonus track)

DISCOGRAPHIE


Ensoph - Rex Mundi X-Ile
(2009) - indus dark metal - Label : Cruz Del Sur Music



2014. Le monde se remet doucement de l’Apocalypse de 2012, lorsque le Soleil propulsa une tempête de rayons mortels qui détruisit une bonne partie de la couche d’ozone. La température ne descend jamais en-dessous de 45 degrés, le désert s'étend. Le samedi soir, les rares survivants se réunissent dans une grotte transformée en club, pour regarder jouer un groupe affublé de masques à gaz. Déjà en 2009, leur musique et look évoquaient un monde post-apocalyptique, ils sont maintenant dans le coeur du sujet.

Pour son quatrième album, Ensoph allège son line-up: exit la flûtiste Anna, qui n’est pas remplacée. En conséquence, l’un des aspects particuliers de la musique du groupe disparaît avec elle. Cela n’empêche pas pour autant le groupe de continuer son travail sur les ambiances, qui en deviennent de fait plus dures et moins proches du metal gothique. Le groupe se concentre sur sa facette indus-metal et ce nouvel album tend plus vers The Kovenant que The Vision Bleak, et nous trouvons même ici et là quelques touches évoquant Front Line Assembly. Dès le premier titre, le ton est donné: des nappes électroniques denses donnant une texture industrielle, un beat lent et lourd, et quelques chœurs mystiques nous rappelant qu’Ensoph aime autant Das Ich que Paradise Lost. Nous savons alors que Rex Mundi X-Ile sera noir, électronique avec quelques touches d’avant-garde. La disparition de la flûte n’est pas un signe que la volonté du groupe d'expérimenter s’est émoussée.

Outre les touches de metal gothique qui font la touche personnelle du groupe, "In Cinere et Cilicio" marche avec succès sur les plates-bandes de Death In June, tout en finesse et en retenue lors d’un passage où la guitare sèche est mise en valeur. La retenue est d’ailleurs la grande qualité des compositions d’Ensoph: que ce soient les chœurs, les nappes de claviers, le chant varié, le propos est maîtrisé, le groupe se retient d’en foutre partout. La chanson bonus, une reprise d’Alice In Chains est un exemple parfait: le chant rock et lancinant est juste à propos, le vocaliste n’en faisant jamais trop. Relativisons un peu cependant, Ensoph fait tout de même quelques fautes: il faut admettre que certains passages de shred ne sont pas trop à leurs places, et sont le contraire d’être maîtrisées. La richesse de ces expérimentations, les mélanges de genre et de chants sont ici un gage de qualité, et les chansons telles que "Dance High & Shine, Shiva !" ou "Disciplina Arcani (Un Canto per L’Esilio)" en sont la preuve.

Comme annoncé plus haut, ce disque est tourné vers l’industriel et l'électronique, en partie à cause de nappes de claviers omniprésentes et de riffs indus, mais aussi de certains titres qui ne sont que des chansons indus-metal plus banales, et plus pauvres que les autres compositions. Les riffs indus manquent d'originalité et sont trop en retrait, et surtout ces titres sont un peu trop ras-du-front. C’est efficace, quelques fois avec des refrains entêtants ("The Whore & the Ashetist" fera un tabac aussi bien en club que sur scène), mais au regard du reste, ces titres font pâle figure. Alors qu’une partie du disque démontre qu’Ensoph essaye de pousser un peu plus loin les frontières stylistiques, une autre reste bien sagement dans les limites, et fait figure de mouton dans le troupeau plutôt que d’explorateur isolé.


Ensoph délivre un album solide, un mix entre black metal, indus avec des touches d’EBM, de metal gothique, qui n’est pas toujours fermement ancré dans un style. Cependant, le groupe navigue entre deux eaux: des titres riches et expérimentaux, aux ambiances sombres alternent avec des compositions plus faibles et moins intéressantes. Dommage que le haut niveau de certaines chansons ne soit pas maintenu tout du long.


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