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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 18 mai 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Adrien
(guitare)

-Clément
(basse)

-Loïc
(batterie)

TRACKLIST

1)La Marche De Mina
2)Ussel Van Osselt
3)On Remplace Les Yeux Cassés
4)Surtout Dans Les Coins
5)Velours Et Pourpre
6)Catherine Deneuve
7)Toy Division
8)Plaisir D'offrir
9)Wronki

DISCOGRAPHIE


L'Homme Puma - On Remplace Les Yeux Cassés




«Tony Farms, un archéologue, manque de ne pas survivre à sa surprise lorsqu'il voit surgir dans son musée londonien un authentique Aztèque. Celui-ci...» Ah zut ! J'ai déjà utilisé cet extrait du synopsis de L'Homme Puma, nanar de 1980 réalisé par Alberto De Martino, dans ma chronique de l'EP éponyme de ces français plus que jamais marqués par le cinéma. Si ledit EP était réussi, qu'en est-il de ce premier album ? Nous donnera-t-il l'impression d'apercevoir un félin qui vole ?


Petit rappel, L'Homme Puma, désormais réduit à un trio constitué d'un guitariste, d'un bassiste et d'un batteur, officie dans un post-rock aérien mâtiné d'un postcore qui vient généralement alourdir l'écoute par des riffs et un son écrasant. À cela s'ajoutent divers samples bruitistes (les sons 8-bit dans "La Marche de Mina") ou extraits de films, qui aident le groupe à créer sa trame sonore. Ainsi, si la formation est exclusivement instrumentale sur le papier, la présence des voix samplées, enrobées par la musique, prennent la place du chant et se voient dotées d'une certaine musicalité, ou, s'elles en possèdent déjà, les voient augmentées ("Surtout Dans Les Coins", "Wronki"). Comme à l'accoutumée, les titres sont des morceaux-fleuves qui évoluent au fur et à mesure, allant de l'avant sans revenir sur leurs pas (même si certains plans clés reviennent par moments, notamment dans le titre d'ouverture "La Marche de Mina").

Musicalement, on a affaire à un post-rock instrumental, alternant plans légers, où la guitare delayée en son clair égraine ses arpèges, soutenue par une basse le plus souvent ronde et chaude, avant que tout n'explose, dans un crescendo tantôt mélodique ("Ussel Van Osselt"), tantôt violent (le morceau titre, le final de "Surtout Dans Les Coins"). La batterie se montre parfois délicate, avant de s'emballer dans un torrent de cymbales et de caisse claire, pour devenir au final écrasante au possible (on retrouve par exemple cette progression dans le titre - au nom original, au demeurant - "Catherine Deneuve"). Les tempos varient d'un titre à l'autre, aidant à la diversité des titres entre eux, diversité notamment aidée par les changements de sons (la basse distordue sur l'étonnant "Toy Division") et la variation des samples et machines. Enfin, la production, plus soignée et puissante que sur l'EP, rend honneur aux compositions.


Avec cet album, L'Homme Puma évolue, laissant de côté ses anciens aspects screamo et hardcore, illustrés par le chant, déjà rare, pour se lancer dans l'exercice difficile de la musique instrumentale, qui, même en présence de samples divers et variés, peut se révéler lassante à la longue. La tentative est néanmoins réussie. Apaisante ou tourmentée, la musique des parisiens fait mouche.


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