3437

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 19 mai 2009
Sa note : 9/20

LINE UP

-Przemek Golomb
(chant)

-Stephan Gall
(guitare)

-Florian Füntmann
(guitare)

-Martin Grossmann
(basse)

-Janosch Rathmer
(batterie)

TRACKLIST

1)Out of the Unknown
2)Burning Path
3)End Up in Smoke
4)A Road Less Travelled
5)Disciples of Doom
6)Obsessed
7)Black Garden
8)Fragile
9)The Swarm
10)Into the Unknown

DISCOGRAPHIE


Misery Speaks - Disciples Of Doom



L’écoute de Disciples Of Doom renvoie à un sketch de Mister Bean. Si si, rappelez-vous, ce comique anglais au visage élastique qui grimaçait (et grimace encore sur certaines chaines) sur vos petits écrans il y a quelques années. Bien sûr, vous ne voyez pas le rapport. Sachez que dans l’un de ces sketchs muets, le flegmatique British se retrouvait à un parc d’attraction, sur le super 8. Eh bien malgré les cabrioles de la machine, le téléspectateur voyait Mr Bean sombrer dans le sommeil, terrassé par l’ennui, environné des hurlements d’épouvante des autres passagers du train des montagnes russes.

Voilà, Misery Speaks, c’est ça : il y a des grosses guitares, de l’énergie à revendre, une voix agressive, des riffs énergiques voire sautillants et une violence sombre palpable, mais voila : qu’est-ce que l’on s’y ennuie ! Ou plutôt : qu’est-ce que l’on s’y ennuie… (soupir). Ceux d’entre vous qui avaient eu le malheur d’écouter leur précédent album, Catalogue Of Carnage, ne seront pas dépaysés. On en retrouve à peu de choses près toutes les composantes, que ça soit la production ou l’approche musicale. L’arrivée d’un nouveau chanteur n’a pas vraiment changé la donne, même si l’ensemble paraît un peu plus au point qu’il y a un an. Il y a toujours cette influence old-school de l’Europe du Nord avec des petites notes de thrash (auxquelles le nouveau brailleur n’est pas étranger) et toujours une bonne grosse louche de melodeath, mais rien de bien excitant ne pointe finalement son nez au terme des cinquante minutes proposées par les Allemands.

Certes, tout n’est pas à jeter. Misery Speaks parvient parfois à réveiller son auditeur, qui en général a sombré dans les bras de Morphée dès les quinze premières minutes de l’album, et ce malgré une plage introductive fort sympathique, rappelant celle de Ninewinged Serpent de Devian avec cette chouette mélodie. Il y a aussi le riff de "A Road Less Travel" (malgré une intro qui laissait présager du pire) et l’imposante "Black Garden" avec son break central qui s’avèrent sympathiques, mais malheureusement, le reste est tout à fait transparent et insipide. "Fragile", "The Swarm", "Into the Unknown"… autant de titre que l’on écoute sans jamais hausser les sourcils tant cela est prévisible et c’est à peine si l’on réalise que, tiens, l’album est fini, ça alors, allez je vais écouter autre chose. Et même quand le groupe s’essaye au gros riff lourd (dès que le mot « doom » apparait quelque part, ça semble être une obligation), ça ne donne pas grand-chose : "Disciples of Doom" se veut encore plus pénible que le reste.


Malgré les efforts de nos sympathiques Allemands, c’est le calme plat à l’écoute de Disciples Of Doom. Et l’on comprend mieux cet inénarrable Mr Bean qui s’endort benoîtement malgré les soubresauts de l’attraction foraine. De là à dire que Misery Speaks est parfait pour s’endormir, il y a un pas qui ne sera pas franchi, mais vous avez certainement compris l’esprit. Malgré une fougue et une motivation louable, le résultat reste franchement décevant, et Misery Speaks risque d’avoir du mal à trouver son public avec ce 3e album. Allez, bonne nuit.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7