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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 28 juin 2009
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Mike Vallely
(chant)

-Jason Hampton
(guitare)

-Colin Buis
(basse)

-Brendan Murphy
(batterie)

TRACKLIST

1)Rollin' With Tha Mutha
2)MOFO
3)Killin' Machine
4)Born to Rock N' Roll
5)The Snake
6)Night Ride
7)Ride the Sky
8)Hit List
9)Runaway Train
10)Time Machine
11)Crossroader
12)The Rider

DISCOGRAPHIE


Revolution Mother - Rollin' With Tha Mutha
(2009) - rock stoner Gros rock qui tâche - Label : Ferret Music



Quand on est sportif de haut niveau , il est important de préparer sa reconversion. Et quand on a été skateur pro, le monde de la musique semble tout indiqué. Du coup Mike Vallely passe prendre deux-trois potes pas trop manchots et monte un petit groupe. Chouette, un nouveau groupe de punk-rock à roulette, c'est clair que ça manquait au paysage californien! Que nenni, Vallely et son groupe se lancent plutôt dans le gros rock qui tâche que dans l'ersatz de NOFX. Tant mieux pour nous.

Alors on prend une poignée de Black Flag, une grosse giclée de Motorhead, un soupçon de Esse Desse (mais pas trop), un pincée de Black Sab' et on n'est pas loin du compte. Autant préciser tout de suite qu'il n'y a guère de guitares cristallines et de lignes de chant susurrées dans ce Rollin With Your Mutha. Non. Là on a plutôt affaire à du gros riff bien baveux, servis par des guitares au son bien garage comme il faut (exit la prod' frigo du précédent), un duo basse/batterie bien présent et un chant qui braille comme si sa voix en dépendait. Avec un petit hardcore old school qui colle plutôt bien aux compos, le chant de Vallely impose à la musique de Revolution Mother une identité sonore assez marquée, sans pour autant freiner la créativité et l'originalité du groupe : pour notre plus grand plaisir, la douzaine de morceaux qui peuplent cet album savent varier les plaisirs tout en oscillant autour du point fixe « gros rock avec des burnes » Tout au long de ces trois quarts d'heure de musique, les Revolution Mother feront tour à tour allégeance au heavy rock de Motörhead ("Born to Rock N' Roll" ou encore la très burnée "Night Ride"), au punk rock énervé ("Hit List", "Time Machine", simples mais efficaces) ou encore le stoner.

C'est dans ce dernier sous-genre que les Californiens sont les plus efficaces. Bien que les riffs effrénés des morceaux sus-dités soient plutôt percutants, c'est dans la lourdeur que Revolution Mother s'épanouit. On pourrait citer par exemple "The Snake" : batterie mid-tempo, riffs pesants et ambiance enfumée pour 3 minutes de bayou (ça fait toujours bien de parler de bayou). Même constat pour la très plombée "Crossroader" où la voix rocailleuse de Vallely fait des merveilles et les traits bluesy font echo aux gros riffs posés sur la basse rondouillarde. Et il faudra attendre la toute fin de l'album (et 6 minutes de silence) pour que les Americains nous servent leur masterpiece : "The Rider". La basse ronronne en continu (et n'est pas sans rappeler un certain Geezer), les guitares tendent vers le fuzzy psyché et hypnotisent l'auditeur à grands coups de riffs boueux et de lead bluesy. Mention spéciale à Vallely qui dans un registre plus posé s'en sort à merveille et insuffle un mojo pas piqué des hannetons dans ce petit bijou qui flirte avec le sludge.


Un coup d'oreille sur ce Rollin With Your Mutha suffira à convaincre les sceptiques : les Revolution Mother ne sont pas venus pour faire des gaufres! Bien à l'aise dans leur rock qui en a, ils distribuent les riffs à tour de bras sans jamais lasser. Pourtant, un plus grand nombre d'écoutes laisse à penser que ce sympathique combo ne perdrait rien à developper un peu plus son côté plus stoner. En attendant qu'ils sombrent définitivement dans le sludge, ce quatrième album est un vrai petit plaisir wok n woll!


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