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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 16 juillet 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-Jon Oliva
(chant+piano)

-Criss Oliva
(guitare)

-Chris Caffery
(guitare+claviers)

-Johnny Lee Middleton
(basse)

-Steve Wacholz
(batterie)

TRACKLIST

1)Of Rage and War
2)Gutter Ballet
3)Temptation - Revelation
4)When the Crowds Are Gone
5)Silk and Steel
6)She's in Love
7)Hounds
8)The Unholy
9)Mentally Yours
10)Summer's Rain
11)Thorazine Shuffle

DISCOGRAPHIE


Savatage - Gutter Ballet
(1989) - heavy metal - Label : Atlantic Records



Reparti sur de bonnes bases avec Hall Of The Mountain King, après un Fight For The Rock bien malheureux, Savatage nous revient deux ans plus tard avec une nouvelle offrande portant le doux nom de Gutter Ballet. Un disque qui, nous allons le voir, revêt une importance particulière dans l’histoire du groupe pour de nombreuses raisons. A commencer par la plus évidente d’entre toutes, mais qu’il faut signaler car cela va fort heureusement devenir une habitude, c’est que Gutter Ballet est bon. Et pas qu’un peu.

Car si Hall Of The Mountain King avait rassuré, on n’en savait finalement pas énormément sur ce qu’allait devenir le ‘Tage, puisque l’album se contentait d’appliquer leurs recettes favorites et éprouvées sur de nouvelles compositions. Et à l’écoute du premier titre de Gutter Ballet, on peut fort légitimement se dire que ce ne sera pas pour cette fois non plus. En effet, celui-ci débute sur un "Of Rage and War" fort bien gaulé, mais qui ne sent pas fort la prise de risque, loin de là. Et le pire, c’est qu’on se contenterait d’une dizaine de louches de ce style si prenant la bouche grande ouverte. La voix de Jon et les licks de Criss qui se marient pour donner cette ambiance subtilement ténébreuse… Bref, on ne va pas à nouveau passer les troupes en revue, mais on en reprendrait volontiers, et tous les jours s’il le faut. Sauf que les deux frangins et Paul O’Neill, producteur et véritable sixième homme du groupe (comme peut l’être Rod Smallwood pour Iron Maiden) en ont décidé autrement : Gutter Ballet ne sera pas qu’un album de plus dans la discographie des Américains. L’embauche de Chris Caffery, qui deviendra par la suite un lieutenant fidèle de Jon, aux guitares et claviers en est d’ailleurs une cause ou conséquence très probable.

Car dès les premières notes de la title track, délicatement posées par les doigts de Jon sur son piano et bientôt rejointes par les guitares et la batterie pour une des meilleures introductions de metal composées à ce jour, on se dit que quelque chose à changé. Et quand enfin déboule ce riff merveilleux à faire taper n’importe quel pied, à faire bouger n’importe quelle tête, à faire sauter n’importe quel public, on se dit que ça y est, on le tient enfin, le nouveau Savatage. Plus épique, plus théâtral, plus grandiose tout en gardant ce qui faisait l’âme et la poésie du combo jusque-là, rien de moins. Et le synthé fait bien sûr partie des responsables, notamment dans ses quelques interventions sur le passage central du morceau, alternées avec des soli toujours aussi pertinents. Non content d’être une tuerie, ce titre nous projette également une dizaine d’années en avant, puisque l’on retrouvera ce côté épique jusque dans les derniers albums connus du groupe à ce jour. On se dit finalement que "Of Rage and War" n’était peut-être là que pour faire le lien entre l’ancien et le nouveau Savatage puisque, comme pour signifier que le pas est définitivement franchi, on enchaine directement avec une… introduction, délicat assemblage de piano et de guitare laissant ensuite les claviers envahir l’espace sonore de leur ampleur démesurée.

Et pour ne rien gâcher, Gutter Ballet fait preuve d’une variété impressionnante. Les américains nous font d’abord le plaisir de s’essayer à la ballade avec la très belle "When the Crowds Are Gone", dans laquelle Jon nous montre encore une fois toute l’étendue de son talent vocal. Il y a aussi du Savatage plus traditionnel avec des titres comme "Mentally Yours" ou "Hounds", avec dans cette dernière ces quelques interventions de guitare toujours aussi empreintes de noirceur, un passage central des plus sombres et un finish speedé à l’ancienne. Encore une tuerie… Il y a également cette surprenante intervention folk au beau milieu de l’album nommée "Silk and Steel", qui porte fort bien son nom, dans laquelle les deux homonymes (ou presque) de guitaristes se font plaisir, tout simplement. Bon, et bien… hum… maintenant, il va falloir trouver des raisons qui justifient les quelques points séparant de Gutter Ballet avec la note maximum. Peut-être "She’s in Love", qui, même si le titre est loin d’être mauvais en soi, donne l’impression d’avoir été composée en pilotage automatique. Mais inutile de se mentir : on tient peut-être là le meilleur Savatage, ou peu s’en faut.


Avec cet album, le ‘Tage se dote non seulement d'une sacrée tuerie, mais assure également sa propre pérennité en nous dévoilant un nouveau visage plein de promesses. Véritable charnière discographique, mais également élément indispensable pour l’amateur comme celui qui voudra découvrir le groupe, Gutter Ballet est peut-être le meilleur résumé de la carrière des Américains.


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