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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 10 août 2009
Sa note : 12/20

LINE UP

-Jeff Scott Soto
(chant+guitare+basse+claviers…)

-George Bernhardt
(guitare)

-Gary Schutt
(guitare)

-Howie Simon
(guitare)

-Sam Isanogud
(claviers)

-Anthony Papa
(basse)

-Alex Papa
(batterie)

TRACKLIST

1)Eyes of Love
2)Heaven Knows
3)Don't Come Easy
4)Don't Wanna Say Goodbye
5)I Want to Take You Higher
6)Holding On
7)2 Late 4 Goodbyes
8)Till the End of Time
9)How Long
10)By Your Side
11)Don't Walk Away

Bonus Tracks:

12)Good Love
13)2012
14)Send Her my Love
15)Again 2 Be Found
16)Stand Up
17)4 U

DISCOGRAPHIE


Jeff Scott Soto - Prism
(2002) - hard FM AOR - Label : Frontiers Records



Après avoir fait ses preuves dès le milieu des années 80 auprès de tyrans tels qu’Yngwie Malmsteen ou Axel Rudi Pell, de groupes comme Talisman ou Takara ou encore sur de multiples albums hommages, le mercenaire Jeff Scott Soto ne s’était jusque là prêté au jeu de l’album solo qu’une seule fois en 1994 avec un certain Love Parade, passé plutôt inaperçu à l’époque, avant l’album nous intéresse ici.


Lorsqu’en 2002 sort Prism, les amateurs du chanteur ont dû se dire qu’ils allaient enfin voir de quoi le gaillard était capable par ses propres moyens, libéré de toute directive musicale extérieure et libre d’aller dans la direction qu’il souhaite réellement. Il y a fort à parier que les fans de Malmsteen ou du hard certes mélodique mais pêchu de Talisman par exemple ont dû être au mieux surpris, au pire déçus. Car Soto n’est ni un metalhead ni un hard rocker. Et non, son truc à lui c’est ce qu’on appelle l’AOR, ou encore le hard FM, mais alors vraiment très FM et très peu hard. Nous avons affaire ici à un album bien propre sur lui et formaté pour passer sur le réseau des radios américaines sans effrayer la ménagère de moins de 50 ans. Tout commence pourtant plutôt bien avec un "Eyes of Love" typique du hard FM US au niveau des sonorités mais qui sait être efficace avec des guitares assez puissantes et un excellent refrain, même s’il peut paraître légèrement cliché et facile. Ce sera malheureusement presque le seul morceau du style sur tout l’album.

Prism surprend en effet en alignant dès son deuxième titre une série de trois ballades consécutives ! Vous parlez d’un début d’album en fanfare… Piano, violons et/ou guitare acoustique sont bien sûr au rendez-vous sur ces titres qui recherchent l’émotion facile de l’auditeur de manière peu subtile. Seule la magnifique voix de Soto, chaude et suave voire sensuelle, surnage et empêche l’auditeur de déjà décrocher si tôt dans l’album. On a pourtant déjà tout entendu ou presque, Prism comportant au total rien de moins que sept ballades sur onze titres (sans compter les bonus tracks), toutes plus ou moins dans la même veine sirupeuse. Tout juste pourra-t-on faire ressortir du lot "Till the End of Time", qui prend de l’ampleur au fil des minutes avec ses orchestrations et ses chœurs qui lui donnent un petit coté Queen sympathique, la très laid back "Don't Walk Away" qui peut évoquer "These Are the Days of Our Lives" (également de Queen) ou encore le single tiré de l’album, "Holding On", efficace malgré des claviers un peu cheap.

Les titres rock se résument à un "2 Late 4 Goodbyes" extrêmement typé années 80 qui évoque Toto et Journey, au rock FM de "How Long" et surtout à ce "I Want to Take You Higher" chanté en duo avec Glenn Hughes. Ce titre de hard funky, reprise de Sly & the Family Stone qui aurait très bien pu figurer sur un album solo de l’ex-Deep Purple, est d’assez loin le meilleur morceau de l’album ce qui n’est pas très bon signe. La réédition nous propose six morceaux supplémentaires, comme si la dose maximum de soupe supportable n’était pas encore atteinte. Des titres comme "Good Love" ou "2012" seraient qualifiés de variété en France, quand à "4 U", on croirait entendre du George Michael (ce qui est plutôt un compliment, tant l’anglais d’origine Chypriote est un grand chanteur). La reprise du magnifique "Send Her My Love" de Journey semble être là pour montrer de quoi Soto a tenté de s’approcher sur cet album, son recrutement (malheureusement très bref) par le combo américain quelques années plus tard devenant alors logique tant il assure sur ce répertoire. Deux titres live plus rock dont le "Stand Up" du film Rock Star (où Soto prêtait sa voix à l’acteur Mark Wahlberg) sont également au programme.


Il ne faut pas s’attendre à secouer la tête vigoureusement ou à taper du pied en rythme en écoutant cet album. Jeff Scott Soto s’émancipe de son passé typé metal en se positionnant clairement du côté d’un hard FM commercial typiquement américain, comme s’il avait voulu rédiger une carte de visite pour rejoindre Journey. Le résultat est loin d’être excitant, Soto étant un bien meilleur chanteur que compositeur, même s’il reste plutôt sympathique.


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