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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 22 août 2009
Sa note : 11/20

LINE UP

-Olli Hippauf
(chant)

-Ralf Klein
(guitare)

-Alexander Kopp
(guitare)

-Hanjo Popst
(basse)

-Patrick W. Engel
(batterie)

TRACKLIST

1)Unter Dem Beil
2)Hunde Wollt Ihrewig Leben
3)Das Boot
4)Golgatha
5)Vater
6)Gotteskrieger
7)Maikäfer Flieg
8)Mein Kleiner Soldat
9)Totentanz
10)Am Grab

DISCOGRAPHIE


Macbeth - Gotteskrieger
(2009) - heavy metal power metal bourrin - Label : Massacre



Alors là, c'est carrément un groupe culte que Massacre vient de dénicher ! Quoi, vous connaissez pas Macbeth ? Oh, quand même, un groupe de thrash formé en 1985, interdit à l'époque par le gouvernement est-allemand pour cause d'influence néfaste sur la jeunesse ! Mais désormais, enfin libres, les membres de Macbeth peuvent enfin sortir leur premier vrai album ! Non mais ho, c'est quoi ça, le scénario de Goodbye Lenin 2 ou quoi ? Personne leur a dit que la RDA, ça n'existait plus depuis presque 20 ans ?

Évidemment, je caricature, il y a bien d'autres raisons expliquant ce (conséquent) retard à l'allumage. Outre les démêlés avec les autorités est-allemandes, Macbeth a dû faire face à une première séparation en 1989 suite au suicide du chanteur, puis une seconde en 1993, peu après la reformation, suite cette fois au suicide du batteur (décidément !). Ce n'est que dans les années 2000 que Macbeth a fini par remettre sérieusement le couvert, sortant un premier album autoproduit en 2006 avant de signer chez Massacre Records pour son second album, Gotteskrieger. Et encore, on imagine que les ennuis ne sont pas terminés puisqu'il est fort probable que le nom de Macbeth fera l'objet de querelles judiciaires, un groupe de metal gothique italien ayant déjà sorti quatre albums sous ce nom. Vous l'aurez compris, Macbeth, c'est un peu les Pierre Richard du thrash. Enfin bon, assez disserté sur l'histoire un peu particulière du groupe, parlons musique.

Vu la bio de Macbeth, je m'attendais à du thrash, mais on a beau retourner cet album dans tous les sens, c'est la même conclusion qui revient : Gotteskrieger est un album de power metal. Mais attention, un power metal ultra carré et très hargneux, à l'image du chant de Olli Hippauf. Déjà, il y a l'effet chant en allemand, avec des sonorités très dures et une diction hachée ; mais ça ne fait pas tout, et il me faut bien avouer n'avoir que très rarement entendu un chanteur aussi agressif et sauvage sans avoir recours au growl. Appuyé par des chœurs barbares, le gaillard ferait presque peur lorsqu'il assène, tel un fanatique, « Ich bin in Gotteskrieger » (je suis un soldat de Dieu) sur le morceau titre ! De même, sur "Maikäfer Flieg", Macbeth joue la carte du contraste avec un refrain chanté par une voix enfantine ; lorsque Hippauf prend le relais pour la dernière phrase, je vous garantis que ça déménage ! Le registre est limité, mais ultra-efficace dans son genre.

Le souci, c'est que les compos de Gotteskrieger finissent rapidement par tourner en rond. Le premier morceau "Unter dem Beil" laissait pourtant entrevoir de belles promesses : des riffs dynamiques bien enchaînés, un refrain efficace, et une belle montée en puissance sur le break malheureusement annihilée par un solo faiblard, le premier d'une longue série. Ensuite Macbeth tente bien de varier un peu le propos : majoritairement rapide sur "Hunde Wollt Ihrewig Leben", très lent sur "Golgatha", aux confins du thrash moderne sur le très bon "Gotteskrieger", plus ambiancé sur le début de "Am Grab"… Le hic, c'est que malgré ces légères variations, la recette est au fond un peu la même : gros mur de grattes en fond sonore et mélodies pas très recherchées par-dessus. Mais ce qui devient vite gavant, c'est surtout cette manie de caser systématiquement des passages ralentis sur lesquels vient se greffer la double pédale, procédé extrêmement pénible au bout d'un moment.


Étrange album que ce Gotteskrieger. Un jour vous êtes de bonne humeur et vous êtes sensibles au côté carré et efficace de Macbeth, et les quelques gimmicks ci et là vous amusent (comme le clin d'œil au célèbre hit new wave de U96 sur "Das Boot") ; et le lendemain, vous êtes de mauvais poil et le côté trop répétitif de la bête, malgré quelques tentatives de diversion, vous irrite rapidement. Coupons la poire en deux alors, et disons que cet album n'est ni bon ni mauvais, juste moyen. Et par conséquent insuffisant…


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