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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 14 septembre 2009
Sa note : 11/20

LINE UP

-Junior Rodriguez
(chant)

-Zack Larbi
(guitare)

-Nelson Martins
(guitare)

-Chris De Oliveira
(basse)

-Julien «Power»Granger
(batterie)

TRACKLIST

1)Supernatural
2)Hell Eve Hate
3)Immersion Inner-Nation
4)$15
5)Chasing Inside
6)A Simple Taste of...
7)...Vice !
8)By My Own
9)Dare I Say
10)The Everlasting Grace of Mind
11)The Astonishing Fury of Mankind

DISCOGRAPHIE


Darkness Dynamite - The Astonishing Fury Of Mankind
(2009) - metalcore teinté de heavy metal et de thrash - Label : Metal Blade Records



Buzz (anglicisme de bourdonnement) : technique marketing consistant, comme son nom l'indique, à faire du bruit autour d'un nouveau produit ou d'une offre. Proche du marketing viral, il en diffère par la maîtrise du contenu (message publicitaire). Darkness Dynamite est typiquement le genre de groupe qui a su bénéficier de tous les moyens à sa disposition pour sortir de la masse, créant ainsi un buzz autour de lui avant même la sortie de son premier album.


Le résultat ne s’est pas fait attendre : après seulement deux années d’existence et la sortie d’un EP au bout de quelques mois, Darkness Dynamite se fait signer chez le légendaire label Metal Blade et sort déjà son premier album, au nom légèrement pompeux de The Astonishing Fury Of Mankind. Tout est réuni chez les Parisiens pour énerver les biens pensants du milieu underground, les dépositaires de la pensée « true ». Mais faut-il absolument galérer pendant des années avant d’avoir le droit de passer à la vitesse supérieure ? Et puis finalement que reproche-t-on concrètement à Darkness Dynamite, à part un look très travaillé à base de mèches dans les yeux, certes ridicules ? Intéressons nous plutôt à la musique, seul élément sur lequel le groupe peut être jugé. Loin de ce que son look émo si rédhibitoire pour certains pourrait laisser croire, le jeune combo se rapproche musicalement plutôt de la scène metalcore américaine, mais en y incorporant des éléments old school plutôt inattendus.

Tout débute pourtant par deux titres assez convenus de metalcore plutôt classique, des morceaux mid tempo, pas particulièrement virulents mais pas excessivement mélodiques non plus, bref de la soupe générique comme on en écoute trop souvent en ce moment à base de salves rythmiques guitare-grosse caisse, de chant hurlé et de refrains mélodiques en voix presque claire. Au rayon des reproches nous pouvons rajouter l’influence envahissante de Gojira qui ressort sporadiquement (surtout sur "Chasing Inside"), mais pas sur l’ensemble du disque. La faute de gout est peut être surtout d’avoir enchainé ce titre très Gojirien à une piste de transition instrumentale atmosphérique inutile ("A Simple Taste of...") qui rappelle encore le combo Landais, tout comme les bruits de baleine de "The Everlasting Grace of Mind", autre piste atmosphérique. Le son concocté par Stephane Buriez de Loudblast est pour l’instant le seul élément apportant un semblant d’originalité en n’étant pas surproduit ni trop synthétique, gardant un aspect très légèrement sale.

Mais DaDy (surnom officiel du groupe…) surprend par la suite, tout d’abord sur ce "Immersion Inner-Nation" qui comporte quelques bons vieux riffs thrash et un passage mid tempo lourd comme il faut auxquels on ne s’attend pas. La surprise est encore plus grande sur "$15" lorsque déboule sans crier gare un solo de guitare très mélodique typique des années 80, au beau milieu d’un titre pourtant très moderne. Le second solo du morceau, tout en sweeping, illustre bien la dualité du combo. On retrouve la même opposition sur "...Vice !", solo à l’ancienne sur un titre qui partait comme du Fear Factory avant de bifurquer vers du metalcore actuel. Sur "Dare I Say" c’est une rythmique presque punk qui attire l’oreille. Le titre final qui donne son nom à l’album en est peut être le meilleur extrait, le mieux construit en tout cas malgré une grosse influence Gojira encore une fois. Son intro en arpèges lugubres débouche sur un bon riff mid tempo, avant une accélération sur les couplets qui débouche sur un refrain accrocheur sans être niais.


Drôle d’album que ce The Astonishing Fury Of Mankind, pas vraiment proche de ce à quoi on pouvait s’attendre suite à ce fameux buzz. Darkness Dynamite semble être conscient du danger qu’il y a à se conformer à une mode par nature éphémère, et mélange ainsi son metalcore actuel à des influences beaucoup plus old school qui surprennent mais font parfois un peu tache, n’étant pas parfaitement intégrées. Les années 80, 90 et 2000 copulent donc, parfois avec bonheur mais souvent de manière légèrement maladroite. Reste un potentiel beaucoup plus intéressant que l’image du groupe, qui lui permettra peut être de canaliser tout ça sur un prochain essai plus abouti.


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