3639

CHRONIQUE PAR ...

29
Sebrouxx
Cette chronique a été mise en ligne le 14 septembre 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Oni Logan
(chant)

-George Lynch
(guitare)

-Marco Mendoza
(basse)

-Scott Coogan
(batterie)

TRACKLIST

1)21st Century Man
2)Smoke and Mirrors
3)Lucky Man
4)My Kind of Healer
5)Time Keepers
6)Revolution Heroes
7)Let the Music Be Your Master
8)The Phacist
9)Where Do You Sleep at Night?
10)Madly Backwards
11)We Will Remain
12)Before I Close My Eyes

Bonus:
13)Mansions in the Sky

DISCOGRAPHIE


Lynch Mob - Smoke And Mirrors
(2009) - hard rock Mélodique - Label : Frontiers Records



Le label Frontiers compte-t-il, à chaque rentrée, casser la baraque (et sûrement sa tirelire) en sortant un grand nom de son chapeau? L’année passée, Extreme et son Saudades de Rock (chronique ici) avait eu l’immense honneur d’ouvrir plus qu’honorablement le bal Hard Rock de septembre tout en s’offrant un grand - oui, tout est relatif - retour sur la scène musicale qui nous intéresse. Le calendrier 2009 propose cette fois le comeback de Lynch Mob avec Oni Logan au chant, presque vingt ans après Wicked Sensation. Le petit frère ici présent, Smoke And Mirrors, saura-t-il se hisser au niveau ce prestigieux aîné?

Ah, la rentrée! Ce moment d’excitation où les jeunes (et moins jeunes, la preuve) bambins retrouvent leurs copains, se racontent leurs vacances, refont des projets, spéculent sur l’année à venir. Ô temps suspend ton vol et souviens-toi de Lynch Mob, formation constituée de toutes pièces par le guitariste George Lynch désireux de montrer au monde entier son talent de fine gâchette de la six-cordes capable de voler de ses propres ailes (c’est-à-dire sans celles du vociférant vocaliste Don Dokken). Une formation qui a brillé avec le suscité Wicked Sensation en 1990 avant d’imploser en plein vol lorsque Lynch mit à l’écart le chanteur Oni Logan, signant par là même le déclin, puis l’arrêt de mort de son groupe. Sûr que vingt ans après, Lynch et Logan ont sûrement pas mal de choses à se dire, de comptes à régler… et un besoin de se refaire. Le premier, en belle icône du shred typé 90’s, est désormais plus connu pour ses vidéos pédagogiques, sa propension à apparaître dans tout bon album de reprises qui se respecte et surtout son « Guitar Dojo » (lieu de villégiature californien pour wannabe shreddeurs aux bourses remplies). Quant au second, coaché par Wendy “Mme Ronnie James” Dio, ses apparitions sporadiques chez les uns les autres ne sont connues que des initiés et - soyons honnêtes - ne resteront pas dans les annales du Hard mélodique. La rentrée, c’est alors nickel épurer le passif, effacer l’ardoise et repartir du bon pied avec un nouveau Lynch Mob.

D’autant que pour y parvenir, nos deux lascars se sont largement appuyés sur Marco Mendoza à la basse et de Scott Coogan aux fûts, soit un solide ciment rythmique qui brille tout au long des treize pistes de Smoke And Mirrors. Exit, donc, la section originelle de la « Mafia Lynch » composée de Mike Brown et d’Anthony Esposito. Pour la petite histoire, sachez que mon premier officie encore chez Ted Nugent et toujours comme requin de studio tandis que mon second récolte actuellement des fonds afin de sauver non pas les squales mais les chevaux de l’abattoir. Hard mélo, ton univers impitoyable... Faut donc en avoir une sacrée paire pour espérer remettre sur de bons rails un groupe dont plus grand monde n'espérait quoique ce soit. D’autant plus quand le verso laisse apparaître autant de titres, dont la durée moyenne flirte comme au bon vieux temps avec les 4 minutes 30. Heureusement, dès sa première écoute, Smoke And Mirrors va faire taire les mauvaises langues. Si Lynch Mob reste le joujou du père George, il ne tire pas la couverture à lui. Les guitares (ou plutôt son arsenal d’instruments et d’effets à l’avenant) ne sont pas systématiquement mises en avant et tant mieux : quand elles le sont, c’est réellement au service de solides compositions. "Time Keepers" et son magistral solo en sont la plus parfaite illustration.

Ah "Time Keepers"! Définitivement LA meilleure piste de cet album. Elle aurait d’ailleurs largement pu figurer sur Wicked Sensation tant elle en partage la fougue, la lettre et l’esprit. Elle s’en distingue néanmoins par sa production éminemment plus moderne, en particulier sur la clarté de la batterie et le claquant de la guitare rythmique. Reste que l’album met le feu d’entrée de jeu avec un opener, "21st Century Man", qui dès les premières mesures met les pieds dans le gros hard, limite à flirter avec des sonorités contemporaines à la Velvet Revolver. Du grand Art, messieurs dames, ou plutôt du grand Hard disséminé tout au long d’une galette où il fait bon entendre le père Lynch faire montre de son talent dans un esprit collectif, et derechef pas simplement histoire d’épater la galerie (qui en a vu et entendu d’autres depuis). C’est d’autant plus épatant que le groupe excelle dans plusieurs registres comme notamment le heavy blues (l’éponyme "Smoke and Mirrors" que Bon Jovi et Whitesnake auraient bien voulu composer) et le hard groovy ("My Kind of Healer" et son riff funky). Pour le reste, l’auditeur se trouve en terrain connu. Pour ne pas écrire conquis via une multitude de riffs aussi efficaces qu’old school, et de refrains (un poil trop « na-na-na ») exécutés par un Oni Logan qui a bien fait de refaire équipe avec son meilleur ennemi (exemple : "Let the Music Be Your Master"). Vivement la performance en live…


Ravi de constater que, cette année, le Lynch de la rentrée est un disque et non pas un film incompréhensible pour le commun des mortels qui n’entrave pas grand chose en matière de rideau rouge et de dédoublement de personnalités (les cinéphiles apprécieront). Le Lynch de septembre est un bon cru qui mérite amplement sa place à côté de son prédécesseur. Dommage d’ailleurs que le groupe ne l’ait d’ailleurs pas sorti dans la foulée de Wicked Sensation tant il le complète parfaitement. Le mauvaises langues diront qu'il faut maintenant falloir attendre vingt ans avant que Lynch et ses zouailles se soient en mesure de sortir quelque chose de potable. Soit la rentrée 2030...


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7