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CHRONIQUE PAR ...

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Mucopurulence
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Edgar Froese
(claviers+guitare)

-Chris Franke
(claviers)

-Peter Baumann
(claviers+chant)










TRACKLIST

1)Rubycon Part 1
2)Rubycon Part 2

DISCOGRAPHIE

Electronic Meditation (1970)
Alpha Centauri (1971)
Zeit (1972)
Rubycon (1975)

Tangerine Dream - Rubycon
(1975) - rock prog electro - Label : Virgin



Tangerine Dream est un groupe culte et unique en son genre qui a enfanté pléthore de groupes ayant tenté de l’imiter. Figure emblématique du krautrock, Tangerine Dream nous a habitué, sur les quatre premiers albums, à des titres très longs et très sombres (exemple : l’infernal Zeit) et revient en 1975 avec Rubycon, un titre unique découpé en deux parties d’un peu plus de dix-sept minutes chacune, soit un album de trente-cinq minutes. Assurément l’album le plus court de leur discographie mais peut-être aussi un des plus denses. Une nouvelle dimension s’ouvre chez Tangerine Dream, car derrière le côté sombre omniprésent auparavant, se cache une certaine sérénité et un onirisme non dissimulé sur ce Rubycon qui est une étape importante dans l’évolution du groupe.

Pourtant, ce n’est pas l’introduction de "Part One" qui me donne raison car on a affaire à du pur Tangerine Dream; ambiance sombre, lente, glauque, entre sons de gongs et longues plages de synthés ténébreuses… Puis vient l’illumination! Du très rarement entendu chez le groupe auparavant, des sons qui font penser à des mouettes et mélodies très douces assez aiguës, très atmosphériques, planants, reposants même et tout cela est porteur d’émotions qui évoquent les grands espaces ou les forces de la Nature. On peut se croire au cœur de la forêt vierge, ou dans une cité engloutie, dans le désert pourquoi pas, mais toujours quelque chose d’infiniment grand et majestueux. Car c’est ce que transmet ici Tangerine Dream, une sorte de plénitude, de béatitude transie de l’univers, d’impuissance aussi mais quelque chose d’infiniment spirituel et bien au-delà de la musique pure.

Les différentes parties qui composent l’album font à peu près trois minutes chacune et s’enchaînent parfaitement et on pénètre ainsi petit à petit dans ce monde merveilleux, et à la fois très mystérieux. Toujours dans "Part One", la guitare d’Edgar Froese au son transformé, forme une mélodie qui rythme l’ensemble; mélodie répétitive qui devient au fur et à mesure une sorte de danse tribale hypnotique qui nous emmène carrément sur une autre planète et pourrait être une bande son parfaite pour un film de science-fiction. "Part Two" remet le couvert avec son intro très fantomatique et est peut-être une des parties les plus sombres de toute la discographie du trio. Musique criante, voire stressante, grondante, sifflante, profonde qui vous submerge totalement et efface toute l’atmosphère développée sur la première partie; les abysses les plus profonds ne sont pas loin. Plage sombre mais néanmoins très riche en sonorité, le son est très bon et on se croirait en face d’un orchestre symphonique tellement c’est puissant!

C’est ce qu’on peut constater tout au long de l’album entier, car il y a un vrai travail de mise en place assez complexe et qui pourtant est si limpide à l’écoute. Un vrai travail d’orfèvre et de composition digne d’une symphonie! Le synthétiseur reprend le dessus et c’est peut-être là que cet album pêche un peu car certains sons font vraiment datés (certains m’ont fait penser à Jean-Michel Jarre!) mais on y fait vite abstraction au fil des écoutes car Rubycon transmet tellement de choses que ce détail s’oublie bien vite quand on se laisse porter complètement. Puis comme dans le premier titre, de l’obscurité va naître la lumière; le flot des vagues vous emporte et on est obligé de se laisser prendre tant cela évoque des choses vraies et profondes. Et cette plage lancinante dure jusqu’ à l’extase, puis fade-out rapide, la lumière s’éteint… Trop court!!! C’est le deuxième reproche que je ferais à cet album, il est vraiment très court car c’est vraiment au moment où on se sent le mieux que tout s’arrête et la seule chose à faire dans ce cas là c’est d’appuyer sur la touche « repeat » de son lecteur.


Pour résumer, ce disque est un des très grands albums de Tangerine Dream qui dès les premières secondes vous emmène bien loin de la vie terrestre et ce pur moment de bonheur n’est rien de moins qu’une des pierres angulaires de l’electronic-ambient et conforte le groupe en tant que pionnier dans ce style. Une référence!


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