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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Marco Hietala
(chant+basse)

-Zachary Hietala
(guitare)

-Pecu Cinnari
(batterie)

-Janne Tolsa
(claviers)

-Tommi Salmela
(voix+sampler)

TRACKLIST

1)Crows Fly Black
2)Traitor
3)Ashes To The Stars
4)Messenger Of Gods
5)Before The Skies Come Down
6)Tides
7)Bleeding Dust
8)You
9)Howl!
10)Grey
11)Veteran of Psychic Wars

DISCOGRAPHIE


Tarot - Crows Fly Back
(2007) - heavy metal - Label : Nuclear Blast



C'est seulement depuis le considérable succès de Nightwish que l'on s'intéresse de près à la formation d'origine de Marco Hietala. Ce n'est que justice. Voilà 22 ans que le groupe existe et s'adonne au metal dans une relative confidentialité, il a maintenant un argument marketing choc pour se faire connaître : son leader-bassiste-chanteur est dans les rangs de l'un des groupes les plus côtés du moment. Crows Fly Black est le dixième album des Finlandais, et allie à l'imagerie sombre de la cover un heavy torturé, mélodique et très empreint d'ambiances. Outre la qualité de la musique, ce nouvel opus permettra aux fans de Nightwish de découvrir Marco Hietala sous un autre jour.

L'introduction orchestrale et empathique du morceau-titre nous guide vers une fausse direction "nightwishienne". Dès que le riff retentit, l'on sait que Tarot donne dans un heavy burné, limite thrash par moments - mais non sans sensibilité. Marco Hietala laisse complètement tomber le growl et le tremolo, cependant sa voix théâtrale et plaintive demeure unique dans le monde du metal, assez exceptionnelle. Les choeurs malsains de "Crows Fly Black" font irrésistiblement penser à King Diamond ; impression accentuée par les atmosphères sombres distillées par les claviers. L'oppression délivrée par le titre s'estompe lors de la partie instrumentale où guitares et batterie s'emballent à toute vitesse. "Traitor" explore plus avant cette voie, évoquant la vélocité de Megadeth - pour les riffs - et la simplicité incisive d'Accept - pour les refrains. "Bleeding Dust" en figure le paroxysme, où le chant même se fait agressif et libérateur. Même dès lors, les claviers trouvent de l'amplitude. D'inopinés changements de rythmes mettent en valeur des parties instrumentales de toute beauté. Zachary Hietala est un guitariste de haute volée.

Tarot sait aussi se montrer plus direct, plus rock et mélodique. C'est le cas de "Ashes To The Stars" et de sa ligne de basse imparable, mais aussi de "You". Si l'aspect strictement musical se fait alors moins resplendissant, le chant, lui, fait des merveilles sur ce type de titre, comme en atteste la conclusion de "Howl", toute en harmonies vocales que n'aurait pas renié Hansi Kürsch. Les capacités de Marco Hietala sont supérieures à ce que Nightwish peut en laisser penser, où il n'a peu ou prou qu'un rôle de mise en valeur de la voix féminine. Peut-être cela changera-t-il maintenant qu'est partie qui vous savez ; toujours est-il que l'ami Marco maîtrise un large panel de styles différents, du grognement agressif de "Messenger Of Gods" à l'insoupçonnable douceur romantique de la ballade "Tides", très réussie. Accompagné de Tommy Salmela, qui possède un timbre similaire, il sait se montrer très expressif. L'atout majeur du groupe.

Avec tout ça, on est bien en peine de trouver de gros défauts à ce Crows Fly Black. Peut-être que la batterie, hormis sur "Bleeding Dust", n'explore pas les mêmes ambitions d'originalité et de diversité... Peut-être que certains refrains, comme celui de "Before The Skies Come Down", misent trop sur la simplicité... Cela ne change rien au fait que Tarot marque ce début d'année 2007 de son empreinte avec cet album en tous points recommandable. En particulier à tous ceux qui considèrent le heavy-metal comme un genre musical mort. De la musique morte comme ça, on aimerait en entendre plus souvent. Tarot a su combiner le traditionalisme qui a poussé à sa création avec des sonorités plus contemporaines, pour un résultat non pas foncièrement novateur, mais finalement totalement unique. Tuomas Holopainen a eu du flair en recrutant le phénomène Marco Hietala, définitivement un grand musicien.




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