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CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 28 septembre 2009
Sa note : 11/20

LINE UP

-Ben Harris-Hayes
(chant+guitare+programmation)

-Shaun Rayment
(basse+programmation)

-Sam Street
(batterie+programmation)

TRACKLIST

1)Every Ending Has a Beginning...

The Dimensionless Monologue:
2)Tedium
3)The Dimensionless Monologue
4)T.D.M

5)At Great Odds With...
6)Apathia
7)Triumvirate
8)Movement
9)After the Movement
10)Waves of Ascension
11)The Fire Around the Lotus
12)The Living Continuum
13)A Monument to the Death of an Idea

DISCOGRAPHIE


Enochian Theory - Evolution: Creatio Ex Nihilo
(2009) - metal prog - Label : AMR



Il est plusieurs espèces d’insaisissables. Il y a l’insaisissable jouissif, d’une œuvre dont on ne fait jamais le tour mais qui nous charme à chaque écoute, nous dévoilant progressivement ses mystères pour un plaisir toujours renouvelé, et sans se lasser des parcelles qu’elle nous a déjà concédées… et puis il y a l’insaisissable frustrant, d’un disque qui fait la moue, nous promet de se laisser éplucher comme un oignon mais, parce qu’il refuse le moindre compromis ou joue simplement l’esbroufe, ne révèle absolument rien… alors on finit par l’abandonner, parce qu’on n’a pas que ça à faire non plus.

Vous avez vu le nom de l’album ? Des titres ? Vous avez jeté un coup d’œil à la pochette ? Est-ce que vous ne les entendez pas hurler « AMBITION ! PROFONDEUR ! CONCEPT ! » de là où vous êtes ? Procès d’intention ? Pas le genre de la maison, désolé, mais quand on prend un soin si particulier à affiner son artwork, à polir sa production, on aimerait avoir plus d’information sur ce qui en train de se passer, ce que nous sommes en train d’écouter. Comme… les paroles dans le livret, par exemple. Ou la trame générale, s’il en existe une. Pris comme ça, il est difficile de ne pas se sentir perdu alors que se déroulent les quarante-huit minutes de ce bloc pratiquement indivisible. Atmosphères similaires, arrangements fouillés, nombreux interludes… on peine à trouver sa place, mais on souhaite tout de même y revenir.

Le problème, c’est que les écoutes suivantes s’avèrent aussi déstabilisantes que la première. Pourtant, le métal progressif d’Enochian Theory n’est pas bien sorcier : très axé sur la guitare, aux ambiances le plus souvent mélancoliques, rappelant tantôt Opeth dans certains solos, tantôt Tool dans les rythmiques comme dans le chant ("The Dimensionless Monologue", par exemple) et comportant son lot de plans core, brefs mais souvent efficaces. Mais les plans se multiplient, les interludes viennent briser le rythme qui s’était crée, et la production est tellement touffue qu’il devient difficile de se rappeler ce qui vient de se passer, même dans les moments les plus simples. Et à force de ne pouvoir trouver son chemin dans Evolution : Creatio Ex Nihilo, on en vient à se demander si tout cela vaut vraiment la peine. Si, finalement, le disque a tant de choses à dire qu’il le prétend.

De belles choses, bien sûr, on en trouve. "Movement" surprend par son intro tout en cordes sensibles, par le chant de Ben qui évoque subrepticement Scott Walker, et une progression qu’on assimile assez facilement sans pour autant lasser. Et histoire de nous laisser sur une excellente impression, la seconde partie de "A Monument to the Death of an Idea" s’impose comme l’instant le plus trouble et violent du disque, une petite claque qu’on se laisse asséner volontiers. Dommage alors que sa première moitié rappelle, encore, le groupe d’un certain M.J.K., sans y apporter de patte particulière. Et c’est un problème récurrent dans ce disque : si "Apathia" démarre par un plan hardcore remonte-fesses sympathique, il enchaîne sans réelle logique sur un plan Opethien avant de s’ébrouer pendant une minute sur un riff quelconque, qui lui-même débouche sur un interlude somnolent… cet instant creux n’est malheureusement pas le seul de cette Evolution. Et au bout d’un moment, on ne joue plus.


Enochian Theory écrit à propos de ses auditeurs « You are a true power in this journey » La tentation est grande de remplacer « a true » par « the only », voire « the only » tant la plongée dans cet album semble requérir un sérieux effort d’implication, sans même être sûr d’être justement récompensé. Il y avait pourtant quelque chose là-dessous… s’est-elle délibérément refusée à moi ? Ou était-ce juste un mirage ?


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