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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Matthew Bellamy
(chant+guitare+claviers)

-Chris Wolstenholme
(basse)

-Dominic Howard
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Apocalypse Please
3)Time Is Running Out
4)Sing for Absolution
5)Stockholm Syndrome
6)Falling Away with You
7)Interlude
8)Hysteria
9)Blackout
10)Butterflies and Hurricanes
11)Small Print
12)Endlessly
13)Thoughts of a Dying Atheist
14)Ruled by Secrecy

DISCOGRAPHIE


Muse - Absolution
(2003) - pop rock à tendance classico/symphonique - Label : PIAS



Origin Of Symmetry avait posé à peu près tout le monde. Plus moyen de contourner les hordes de fans, plus moyen de contourner la qualité des titres de l'album. Muse avait sa place dans le paysage pop-rock actuel. Il s'agissait donc de transformer l'essai... L'écoute des trois albums rend évident le fait que le groupe a évolué. Après avoir renforcé son côté symphonique (et brutal aussi) sur l'album susnommé, le groupe avait gardé comme d'habitude plusieurs portes de sorties. Et bien c'est sans conteste le côté classico-théâtral de la bande à Bellamy qui a pris le dessus lors de la conception d'Absolution.

Le risque quand on veut exprimer des sentiments bruts et magnifiés, c'est d'en faire trop. Mon impression sur Absolution est ainsi résumée, d'ailleurs, donc lisez la suite uniquement si vous êtes curieux. Absolution en fait trop. La formule qui avait trouvé son équilibre sur Origin Of Symmetry est quelque peu partie en vrille. Le titre d'intro, "Apocalypse Please", pose deux données: un, le son de piano est encore plus énorme et violent qu'avant; deux, mouais, et? Ce titre est tour à tour lyrique et dramatique, mais alors vraiment beaucoup beaucoup à chaque fois, vous voyez? Quand les arpèges répétitifs néoclassiques au clavier arrivent on prend peur, quand ils reviennent on subit. J'ai immédiatement senti qu'Absolution allait être un album spécial, et la suite ne m'a pas détrompé.

Comme tout le monde je l'attendais fébrilement, et même aujourd'hui après beaucoup d'écoutes la sauce ne prend pas. Oh, je ne dis PAS que c'est une bouse, soyons clairs: il renferme son petit lot de titres efficaces et/ou bons qui nous rappellent que Muse est un groupe de qualité. Le riff de "Stockholm Syndrome" est limite métal, et la chanson est entraînante. Le début acoustique de "Falling Away With You" est plus que joli, et je n'en ai pas cru mes oreilles quand le groupe a gâché ce moment de pureté par une attaque de guimauve... Pardon, je parle des points positifs. "Hysteria" est le titre où Chris le bassiste béton se fait plaisir en portant tout un titre mid-tempo et jumpy grâce à une ligne fatale comme il en a le secret. Miam. Et on ne peut qu'évoquer le cas "Butterflies And Hurricanes" dont la démarche ambitieuse en fait un titre de rock symphonique à part en entière. Mais il y a un problème dans cet album: ça commence à tourner en rond et à s'éparpiller en même temps.

S'éparpiller: les titres sont vraiment TRES différents les uns des autres, et la dynamique de l'album s'en trouve plombée. Mais qu'est-ce à dire que de balancer après "Hysteria" ce "Blackout" geignard? Et de la même façon, pourquoi avoir enchaîné "The Small Print", un très bon cru rock à "Endlessly", tentative de drum n'bass style Saint Germain qui aurait dû finir dans le warp? Attention, je ne critique pas le fait que le groupe explore de nouvelle contrées musicales, tant mieux, mais ce n'est pas bon, quoi! Les ballades "Sing For Absolution" et "Blackout" (argh! erreur!) sont pénibles, également. Et ça ne rate jamais, c'est dès qu'on commence à se laisser emporter par l'album qu'un titre raté incongru vient casser notre élan d'auditeur. Ça finit par frustrer. Conclusion n°1: quand le groupe expérimente ça tombe à plat.

Tourner en rond: le fait est qu'il existe une suite de notes ou d'accords qui marche tout le temps, et que la pop utilise à foison. Prenez un piano et faites une descente de quatre touches (noires comprises) ou jouez quatre cases qui se suivent en allant vers le grave sur une corde de guitare. Ça sonne, c'est universel. Un descente chromatique ça s'appelle, et le groupe en abuse particulièrement sur cet album. Exemples: écoutez la guitare dans le couplet d'"Hyper Music" sur Origin Of Symmetry... Vous y êtes? Maintenant écoutez ET le couplet de "Stockholm Syndrome" ET le pont de "Time Is Running Out" ET le couplet de "Butterflies And Hurricanes"... Ca commence à faire beaucoup. "Thoughts Of A Dying Atheist" n'est pas loin, et dès le début de la chanson les arpèges sonnent déjà entendus. Du reste, les progressions d'accords sont de plus en plus néoclassiques et la musique en devient prévisible, voir titre précité. Absolution se révèle donc faible dans les deux types d'originalité que j'aime chez un groupe, à savoir par rapport à ce qu'ils ont déjà proposé et en général. Conclusion n°2: quand le groupe balance ce qu'il sait faire ça sent le réchauffé.


Résultat: une minorité de titres dignes du groupe et un grosse majorité de redites et d'égarements. Cet album n'est pour moi pas du tout à la hauteur des attentes qu'il a provoquées. Les orchestrations sont ma foi sublimes et le son parfait, ok, mais les compos restent tout de même exagérément inégales. Quand les titres sont bons ils sont très bons, d'où la note: "The Small Print" déjà cité cogne, le très pop-rock et bien construit "Time Is Running Out" est un rare exemple de vraiment bon single, et pour la démarche il y a ce "Butterflies and Hurricanes" qui vaut surtout pour ses orchestrations et dont le break piano est un peu clichesque mais très joli et bien interprété. Mais sur la totalité force est d'admettre que c'est faible. Le groupe semble tourner à vide, et c'est inquiétant. J'espère qu'ils mettront tout le monde d'accord avec le prochain...


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