3705

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Matthew Bellamy
(chant+guitare+claviers)

-Chris Wolstenholme
(basse)

-Dominic Howard
(batterie)

TRACKLIST

1)Take a Bow
2)Starlight
3)Supermassive Black Hole
4)Map of the Problematique
5)Soldier's Poem
6)Invincible
7)Assassin
8)Exo Politics
9)City of Delusion
10)Hoodoo
11)Knights of Cydonia

DISCOGRAPHIE


Muse - Black Holes And Revelations
(2006) - pop rock - Label : Wea



Et hop ! Ca y est, Muse est passé au stade de groupe énorme qui va vendre ses nouveaux CDs par containers quoiqu'en on dise. Ce phénomène a donc quelque chose de frustrant pour le chroniqueur… Surtout quand il n'aime pas tellement le dernier Muse. Fan depuis Showbiz, j'espérais après un Absolution fadasse une réaction radicale pour que je puisse à nouveau m'éclater sur un de leurs albums. Et bien réaction radicale il y a eu, mais pas celle espérée : Black Holes And Revelations part en effet dans tous les sens et le groupe sort son album de loin le plus expérimental.

Aïe, Muse attaque direct avec des arpèges néoclassiques-new-age déjà entendus et assez insupportables! Beat dance puis orchestration et chœurs, dans la série «flambloyant et débridé» que Matt Bellammy affectionne "Take A Bow" se pose là. On accorde à la compo le statut d'intro, on attend la suite… et là la bouse "Starlight" vient fracasser nos espoirs. Ca prend X minutes et on est tout désolé, ça ne loupe pas. A part un bon break central cette compo de pop sirupeuse et simpliste sonne comme du mauvais U2. Et un autre truc cloche : l'intervention durant le refrain d'un suite d'arpèges très ressemblants à ceux de "Bliss" car ils sont posés exactement de la même manière. Par contre ça ne veut pas dire que l'album ne révèle pas son lot de surprises : il y a tout de même un style musical représenté par titre, ce qui n'est pas rien… Et oui, sur Black Holes And Revelation on trouve de tout. Mais qui se ressemble un peu.

On compte entre autres un single putassier de pop presque indus intitulé "Supermassive Black Hole", mais aussi une incursion dans la trance avec "Map Of The Problematique" qui se fonde sur un beat et des claviers clairement dance-floor avant d'y ajouter une bonne dose d'épique et promet de défourailler sérieusement en live. La ballade "Soldier's Poem" ne dure que deux minutes mais dégouline tellement fort de sirop d'érable parfum Bisounours qu'elle semble durer quatre fois plus. Muse a donc mis le paquet sur les arrangements et les changements brutaux d'ambiance : le groupe a clairement la volonté de balader son auditeur, mais le souci est que certaines des étapes traversées font peur. Cet album est émaillé de morceaux qui font ressortir les tics d'écriture de Bellamy d'une manière qui peut donner matière à s'inquiéter.

Le côté néoclassique qui prenait son essor sur Absolution ici explose, et finit par rendre ressemblantes des compos qu'on pourrait considérer comme n'ayant rien à voir à la base à cause de ces damnées progressions d'accord. Faites l'expérience vous-même à votre première écoute de l'album : une fois une chanson lancée essayez de deviner quels accords vont arriver… Si on connaît un peu Muse c'est joué d'avance. Et en plus le trio ne rechigne absolument pas à aller chercher des éléments de ses précédents albums pour les utiliser tels quels : les montées et descentes de claviers continuelles à la Bach se retrouvent dans "Take A Bow", "Starlight" et "Knights Of Cydonia" par exemple. Et la fraîcheur des débuts est également absente, écrasée sous un égo artistique qui donne par contre au tout un souffle et une puissance forcément impressionnants vu qu'ils sont chroniquement excessifs.

"Assassin" voit Muse envoyer la sauce et quitter totalement le domaine du rock le temps de certains riffs pour entrer dans le metal, et Howard se montre à cet égard tout à fait capable de jouer ce genre de registre. On notera également "Knights Of Cydonia", compo pseudo-épique mais surtout über-pompeuse (le début en devient hilarant) qui finit en "tagada" heavy à la Iron Maiden pour un résultat intéressant car plus rock. Et il y a une bombe sur cet album, une vraie, une comme Muse en fait trop rarement désormais : "City Of Delusion". Seule chanson de l'album réellement imprévisible, elle utilise les moyens qu'il faut pour lier rock, thèmes classiques aux cordes, puis mélodies orientales et trompettes espagnoles… C'est vraiment épique et grand, et les breaks sont un régal. Pourquoi n'ont-ils pas pu sortir un album rempli de chansons de ce calibre? Le paradoxe de cet album qui varie sans cesse la forme alors qu'on retrouve le même fond à chaque fois le rend en même temps varié et répétitif.


Cet album est incroyablement inégal, et c'est la conséquence directe du choix artistique du groupe (lire : "de Bellamy") qui a voulu montrer que Muse pouvait assurer dans des domaines très variés. Mais la double tendance du groupe à se répéter et à abuser du grandiloquent plombe le tout. "Invincible" -basé sur un rythme de marche militaire intéressant- est un bon exemple de titre qui aurait pu être énorme s'il n'était pas si téléphoné. "Hoodoo" commence comme une parfaite bande-son de Tarantino avant de partir une fois encore (une fois de trop) dans le classico-pompeux et le refrain d'"Assassin" est un cliché pur. Quelques compos emportent le morceau, mais j'avoue qu'en tant que fan j'aurais préféré un album moins exotique mais au propos plus maîtrisé. Quoi qu'il en soit comme je l'ai dit mon opinion n'a pas tant d'importance, vu qu'ils vont en vendre des millions… Mais soyez prévenus.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1