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CHRONIQUE PAR ...

59
Jal
Cette chronique a été mise en ligne le 01 octobre 2009
Sa note : 18/20

LINE UP

-Rob Zombie
(chant)

-Riggs
(guitare)

-Blasko
(basse)

-Tempesta
(batterie)

TRACKLIST

1)Call of the Zombie
2)Superbeast
3)Dragula
4)Living Dead Girl
5)Perversion 99
6)Demonoid Phenomenon
7)Spookshow Baby
8)How to Make a Monster
9)Meet the Creeper
10)The Ballad of Resurrection Joe and Rose Whore
11)What Lurks on Channel X ?
12)Return of the Phantom Stranger
13)The Beginning of the End

DISCOGRAPHIE


Zombie, Rob - Hellbilly Deluxe
(1998) - indus - Label : Geffen Records



Après des années dans White Zombie, c’est en solo que nous revient le grand Rob Zombie. L’ambiance glauque est toujours là, tout comme les paroles rappelant des films d’horreur, normal direz-vous, on ne change pas une recette qui a déjà marché pendant des années. C’est donc en terrain pas totalement inconnu que nous pénétrons au moment de l’appui sur la touche lecture pour ce Hellbilly Deluxe : 13 Tales Of Cadaverous Cavorting Inside The Spookshow International (oui, c'est le titre à rallonge).

Il est des albums qui une fois écoutés laissent un arrière-goût particulier, comme si rien qu’avec une écoute on le connaissait déjà mais tout en gardant une dose de surprise à chaque nouvelle écoute. Le genre d’album qui marque une génération et Hellbilly Deluxe est de ceux-là. Après avoir pratiqué un hard rock voire heavy horrifique, Zombie se lance dans l’indus. Le virage peut sembler étrange mais en ayant l’objet entre les mains et dans les oreilles on se rend compte que ça coule de source. La production est excellente, parfaitement old school et oppressante, ce qui convient on ne peut à la musique pratiquée sur la galette. On entre dans le vif du sujet sur une intro parlée par une enfant avant de passer directement à "Superbeast" sur un démarrage électrique laissant arriver la batterie très martiale, ce qui est normal pour le style. Le couple guitare/basse nous emmène dans un monde malsain, une sorte de voyage mental vers des mondes pas toujours très roses avec des mœurs décalés.

Le côté indus est magistralement implanté dans la lourdeur metallique des guitares et les samples electro disposés par-ci par-là ne font qu’ajouter à l’ambiance psychotique de la chose. On distingue aussi quelques passages orientaux dans le tout, notamment dans "Living Dead Girl" et dans l’intro de "Spookshow Baby", puis plus loin dans la chanson. Certes ces passages peuvent surprendre à la première écoute mais au fur et à mesure on sent qu’ils sont complètement dans la continuité musicale que veut Rob. Sur ces compositions métissées aux saveurs toujours nouvelles à chaque écoute, le chant s’implante comme une machine régulière bien huilée. Tantôt hypnotique, tantôt plus puissant, le chant nous transporte littéralement dans le monde de folie du musicien. Contrairement à bien des groupes officiant dans l’indus, Rob Zombie parvient à transmettre une mélodie dans son chant, ce qui est une chose assez marquante pour être soulignée.

Il faut également dire que les paroles sont écrites pour être facilement retenues, on peut dire que Rob a un don de ce côté-là. Les refrains sont mémorisables à la première écoute et resteront dans la tête bien longtemps après avoir écouté l’album, notamment le stressant « Hey, yeah! I’m the one you wanted! Hey yeah! I’m your Superbeast » de "Superbeast" ou encore le refrain de "Demonoid Phenomenon". Nous serons même surpris par un petit solo fort étrange mais totalement d’appoint dans "Meet the Creeper". Et lorsque le maître de l’horreur se tente à la ballade cela nous donne "The Ballad of Resurrection Joe and Rosa Whore", un monument simpliste sur fond de batterie/voix avant de s’aventurer dans une rythmique plus metalisante faisant penser à du neo pour le refrain, mais pas déplaisant du tout. Les paroles sont comme susurrées (sauf pour le refrain), ce qui donne ce petit côté noir, comme s’il n’était pas assez présent tout le long de l’album.


C’est avec ce genre de disque que l’histoire de la musique se fait, alors certes Rob Zombie est loin d’être le premier à s’être baladé dans le style mais il a ce petit truc en plus qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. On pourra dire sans trop se risquer que cet album est une pépite à absolument posséder pour peu que l’on soit attiré par l’indus et pour couronner le tout le livret est sublime. C’est pas beau ça ?


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