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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 11 octobre 2009
Sa note : 12/20

LINE UP

-Brian Fair
(chant)

-Matthew Bachand
(guitare+chant)

-Jonathan Donais
(guitare+chant)

-Paul Romanko
(basse)

-Jason Bittner
(batterie)

TRACKLIST

1)The Path to Imminent Ruin
2)My Demise
3)Still I Rise
4)War
5)King of Nothing
6)The Taste of Fear
7)Embrace Annihilation
8)Picture Perfect
9)A Public Execution
10)Dead and Gone

DISCOGRAPHIE


Shadows Fall - Retribution




Il y a des découvertes qu'on fait sur le tard, comme ça, par hasard ou par obligation. Par exemple parce qu'on doit chroniquer un album d'un groupe inconnu... et là, hop, on se rend compte de son ignorance. Shadows Fall existe depuis bientôt quinze ans ? Leur batteur est hyper réputé ? Leur chanteur a des dreadlocks plus grandes que moi ? Okay, dont acte, j'étais pas au courant mais maintenant c'est fait. Y'a plus qu'à ouvrir grand les oreilles et faire chauffer le clavier.



Un truc qui n'était pas marqué dans Wikipedia (ou la chronique de l'album précédent) par contre, c'est le mimétisme vocal liant Brian Fair et James Hetfield... ou plutôt Matt Heafy quand Matt Heafy sonne comme James Hetfield. Totalement absente quand il chante (fort bien) en clair ou qu'il passe en hurlement, cette ressemblance éclate dès qu'il bascule en clair-agressif. Elle n'est heureusement pas assez écrasante pour gâcher le plaisir d'écoute, en tous cas pas autant que les choix étranges de production. En effet les guitares rythmiques sont froides, mixées en arrière, et finissent par être légèrement écrasées par la batterie ultra-triggée. Que l'on écoute l'album sur chaîne ou au casque le problème reste le même, et une chanson de thrash mélodique comme "War" en voit son impact tristement réduit : les riffs inspirés Bay Area sont plutôt réussis, on sent qu'avec un son puissant ils décorneraient les boeufs... mais non, et c'est frustrant. Les guitares lead sont parfaitement rendues par contre et c'est heureux, car c'est un point fort indéniable des Américains. Le solo néoclassique et les twin leads à la Helloween de l'opener "My Demise" font ainsi très plaisir, et nous rappellent que la New Wave of American Heavy-Metal connaît généralement bien ses classiques. Le début de "Still I Rise" illustre bien la mouvance en question : de grosses syncopes modernes, des guitares mélodiques old-school par-dessus, c'est une formule de champion et elle marche très bien.

L'autre facette principale de Shadows Fall sur cet album c'est le métal à radios, et ce côté easy-listening est principalement représenté par des refrains plus rock qu'autre chose. Brian Fair pond des lignes de chant et des chœurs assez eighties dans l'esprit comme dans "The Taste of Fear" ou le très sirupeux "Picture Perfect", mais qui peuvent aussi confiner à la pop comme sur "Still I Rise". Techniquement parfaits, ces refrains se révèlent néanmoins beaucoup moins réussis que les plans plus agressifs des couplets. Et ceux-ci ont beau taquiner le thrash la plupart du temps, on réalise vite que les Shadows Fall se rapprochent dangereusement de la banalité dès qu'ils versent dans le classicisme et/ou qu'ils arrêtent de balancer de la guitare lead à tous les coins de rue. Ils sont ainsi capables de tomber dans la linéarité et la platitude avec "King of Nothing", titre de thrash mid-tempo comme il en existe des centaines, ou bien de tout jouer sur un gimmick comme le break acoustique de "Embrace Annihilation" qui vient fort heureusement casser la platitude des riffs. L'impression d'écouter du Trivium période The Crusade en moins bien revient souvent, en particulier quand Shadows Fall tente de sortir la grosse artillerie thrash et de jouer la carte du respect aux aînés avec "A Public Execution". Le décalage est choquant : le groupe est capable d'être tellement bon quand il se la joue moderne-core que son manque d'identité et de pertinence en heavy traditionnel et en thrash est confondant.


Malgré une maîtrise technique conséquente, Shadows Fall se révèle donc incapable de garder un niveau constant dans toutes les directions empruntées... pire encore, la direction empruntée la majorité du temps est celle dans laquelle ils sont les moins doués ! On sort donc de Retribution avec une désagréable impression de potentiel gâché. Tous comptes faits, mieux vaut l'ignorance...


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