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CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 26 octobre 2009
Sa note : 12/20

LINE UP

-Ray Alder
(chant)

-Nicolas van Dyk
(guitare+claviers)

-Bernie Versailles
(guitare)

-Sean Andrews
(basse)

-Greg Hoshariah
(claviers)

-Chris Quirarte
(batterie)

+

-James Labrie
(chant sur 7))

TRACKLIST

1)Peel
2)Walls
3)Leviathan Rising
4)Black and White World
5)Unformed
6)Keep Breathing
7)Another Day Dies
8)What Will You Say
9)Fistful of Sand
10)Love Kills Us All / Life in One Day

DISCOGRAPHIE


Redemption - Snowfall On Judgment Day
(2009) - metal prog - Label : Inside Out Music SPV



Le Jour du Jugement Dernier, le Seigneur Prog descendra sur la Terre… il rassemblera tous ces artistes, ces musiciens de tous bords, de tous horizons, qui ont fait – ou cru faire – honneur à son nom. À ceux qui ont redéfini les limites, ouvert des frontières, pris de vrais risques, il ouvrira les Portes du Ciel, leur offrira la félicité, le bonheur, pour toujours. À ceux qui ont copié, recyclé, plagié, il promettra la Damnation, la Chute, une éternité d’effroyables tortures. Et pour Redemption ? Alors là, il est bien embêté le Seigneur Prog…

Si vous avez lu la chronique de The Origins Of Ruin vous ne serez pas surpris d’apprendre que Redemption joue du metal prog avec un cahier des charges. Production aux petits oignons, technique irréprochable, vous commencez à connaître le tableau. La consigne pour l’exercice 2009 était visiblement « privilégier le potentiel tubesque », ce qui se traduit par des morceaux de longueur raisonnable – entre 5 et 8 minutes à l’exception du final – et qui respectent le plus souvent le format intro/couplet/refrain/couplet/refrain/solo/refrain/coda et hop, au suivant ! Et bien sûr, pour la production, les rythmiques, les sonorités, il s’agit de coller au plus près des ténors du genre afin de ne pas dérouter l’auditeur par une personnalité trop propre. Ce serait péché. À ce petit jeu-là, les Redemption sont plutôt doués. Et très consciencieux : quand ils invitent James Labrie pour un titre ("Another Day Dies"), ils mettent un point d’honneur à lui proposer des lignes vocales aussi plates que sur ce bon vieux Systematic Chaos ! Bon travail, James, et n’oublie pas ton chèque à la sortie.

Oui mais voilà : à cet exercice du décalque, Snowfall On Judgment Day est clairement dans le dessus du panier. Car Redemption n’a pas oublié la composante phare : des mélodies évidentes sans être flagrantes, qui se retiennent, se sifflent, se fredonnent, bref qui trottent dans la tête sans que l’on assimile cela à une quelconque pollution. Passons sur "Peel", qui sent vraiment trop la redite du Dream Theater moderne pour inspirer la clémence, et venons-en à "Walls" qui, oui, pourrait passer pour un tube. Les bons riffs s’enchaînent, Ray Alder trouve le ton juste - concerné sans implorer - et le refrain possède cette immédiateté qui donne envie d’y revenir, sans même qu’on s’en lasse trop vite. Et d’autres bonnes surprises nous attendent : "Unformed" et son refrain aux tournures originales (oh !), la ballade "What Will You Say" qui évite le piège de la miévrerie alors que des titres plus musclés plongent les pieds dedans – "Keep Breathing" notamment. Mentionnons pour terminer la pièce finale, à l’introduction presqu’éthérée et très agréable, pour déboucher sur un mid-tempo accrocheur avec un refrain plein d’optimisme, ce qui nous change de l’univers triste et gris de coutume dans le genre.


Alors, Damnation pour Redemption ? Le Seigneur Prog doit bien le reconnaître : ces gaillards n’innovent pas, ne façonnent rien à leur image, et sombrent dans le niaiserie et les lieux communs à quelques reprises ; mais il y a là suffisamment d’expérience et de bons passages pour leur accorder, disons… le purgatoire. En attendant leur prochain méfait.


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