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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 27 octobre 2009
Sa note : 15/20

LINE UP

-Aurelia Nardini
(chant)

-Sébastien Ruiz
(guitare+basse+claviers+banjo)

-Tomas Legon
(guitare+basse+claviers+batterie)

TRACKLIST

1)Cliché
2)Busy
3)L’équilibriste
4)Contact
5)Far Away from Home
6)Entrer dans la danse
7)En boucle
8)Pression / Dépression
9)Le pas de la porte
10)Fais comme si
11)Un doute
12)Tu me disais

DISCOGRAPHIE

Eole (2009)
Femelles (2011)

Eole - Eole
(2009) - pop prog - Label : Autoproduction



Les temps sont durs pour les amateurs de pop prog de qualité. Malgré l’imparable The Pariah, The Parrot, The Delusion par les Dredg, on ne peut pas dire que ce soit la fête ces temps-ci. Parachevons ce pessimisme ambiant en soulignant le fait que l’avenir d’ACT n’a jamais semblé aussi incertain et vous obtenez le cocktail parfait pour démoraliser les troupes des gais proggeux. Mais voila que l’inattendu Eole pointe le bout de nez et aimerait bien changer la donne ! Et ils sont français en plus (revenez ) !

Eole n’a pas choisi la facilité pour ce premier album et affiche ouvertement son désir de jouer dans la cour des grands du (petit) monde pop prog. En effet, l’orientation musicale et les influences du groupe ne leurreront pas bien longtemps l’amateur. Car, si une écoute rapide classifiera mollement le groupe dans la case rock-metal-pop « à la française », on se rendra vite compte que le groupe cite ACT, Dream Theater ou Saga à de nombreuses reprises. Les structures sautillantes et changeantes, la succession de riffs alambiqués et de manière génèrale la complexité des titres dont fait preuve le groupe ("Pression-Dépression", "L’équilibriste" ou "Un doute") sont autant de gimmicks classiques du genre.

Mais il ne suffit pas d’alligner quelques breaks de haute volée tout en diversifiant la musique pour vraiment convaincre dans un genre aussi exigeant. Un des facteurs-clés est la capacité du groupe à maîtriser sa technique afin de la distiller avec parcimonie et fluidité au sein de titres pop aux mélodies vocales immédiatement mémorisables. Et Eole réussit haut la main son examen de passage concernant le premier point car la plupart des titres intégrent la composante progressive de manière transparente et jamais forcée. Les arrangements ne sont pas en reste non plus, un autre bon point pour le groupe. On regrettera cependant un léger manque de folie dans les parties instrumentales.

Le constat est moins flatteur au niveau des mélodies vocales et du chant. Si Aurelia, la chanteuse, se débrouille bien sur certains titres (notamment sur "Boucle"), une bonne partie de l'album souffre de mélodies peu catchy et pas forcément en place. Mais ce défaut s’estompe heureusement au fil des écoutes, bien aidé il est vrai par l’excellente production du disque (fait rare pour un premier album). Le skeud contient aussi quelques titres dispensables ("Far Away from Home" et son côté R ‘n B foiré, "Contact" et son refrain répété ad nauseam) et son opener ("Cliché") manque un peu de saveur comparé aux meilleures sections de la rondelle.


Eole a vraiment soigné ce premier album. La production, les arrangements, la structure des morceaux et la diversité forcent le respect. Le groupe s'est posé les bonnes questions concernant le genre et les pièges à éviter avant de partir à l'aventure. Bien sûr, l'album est parsemé de défauts et son achat discutable mais l'amateur ouvert pourra y trouver son compte. Il y a donc un gros potentiel ici et on attend la suite avec une grosse impatience pour voir si le groupe corrige les défauts et confirme les espoirs placés en lui. Et s'il échoue, on ira gentiment lui péter sa tronche à coup de bottine pour nous avoir donné trop d'espoir.


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