3850

CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 03 janvier 2010
Sa note : 14/20

LINE UP

-Carole Alcantara
(chant)

-Johann Cadot
(chant+guitare)

-Hervé Schiltz
(guitare)

-Tony Decaillon
(claviers)

-Julien Peuch
(basse)

-Emeric Arnaudeau
(batterie)

TRACKLIST

1)Taken Away to the Asylum 
2)The Asylum Pyre
3)Laughing With the Stars
4)Coral's Riff (Now Hell)
5)Don't Waste It
6)Love Ecstasy
7)Different Sides, Same Thoughts
8)Jester of the Power
9)Whispers of the Jester
10)When We Are Wolves

DISCOGRAPHIE


Asylum Pyre - Natural Instinct ?
(2009) - metal symphonique melodique - Label : Autoproduction



Oh, une chanteuse lyrique. Oh, un groupe de metal symphonique. C’est original, frais et pas du tout à la mode. Natural Instinct?, premier album du groupe parisien Asylum Pyre, est donc, a priori et sans écoute, un disque sans surprise. Tellement de disques du style, sans âmes ni saveurs, sont passés à la moulinette de la chronique que c’est avec de gros préjugés que j'insère dans la platine toute nouveauté ayant en son sein une chanteuse lyrique. Heureusement, de temps à autre, un groupe me contredit et me surprend.

La première surprise est la personnalité d’Asylum Pyre, immédiatement audible. Les Parisiens ne sont pas une quelconque resucée de [insérer un groupe de metal ayant une chanteuse lyrique ici], mais bel et bien un groupe avec une signature, un son reconnaissable. En premier lieu, le timbre de la chanteuse Carole Alcantara est unique, proche d’une certaine diva finlandaise, avec moins de puissance mais plus de chaleur. Elle est à l’aise dans les différents registres émotionnels nécessaires, poignante sur "Don’t Waste It", énergique sur "The Asylum Pyre". En duo avec son partenaire masculin Johann Cadot, les deux se complaisent à brouiller les pistes. Alors que nous pensions avoir défini le groupe assez rapidement dès le titre "The Asylum Pyre": du power metal avec une forte dose de mélodie, des refrains accrocheurs et une bipolarité chant lyrique/chant grave et profond masculin, les Parisiens détruisent nos conclusions et nous obligent à tout repenser.

Fini le chant profond, Johann Cadot utilise un chant plus clair, pour mieux growler tel le chanteur de death lambda un titre plus loin. Le groupe se complaît à brouiller les pistes entre et durant les compositions, change de style, navigue entre le speed, le power, le metal gothique. L’essence même d’Asylum Pyre est dans ces changements, ces errances qui nous amènent de beaux moments, surtout quand le groupe prend le temps de mettre en place ces morceaux. Ainsi les meilleures pièces sont les plus longues de l’album. Entre la montée en puissance de "Don’t Waste It", le morceau à tiroirs "Different Sides, Same Thoughts" (superbe) et "Jester of the Power" qui navigue entre le speed metal et l’ambient, tout ces titres ont en points communs (outre le fait qu’ils soient juste bons) d’être construits pour nous surprendre, un luxe rare pour le genre, et nous donner envie d’y revenir afin de saisir encore plus de détails.

Les titres les plus directs en pâtissent un peu en comparaison. Et pourtant, ils possèdent quelques atouts, le groupe possédant une certaine science de la mélodie accrocheuse et sans glucose ajouté. Au contraire de la plupart de leurs confrères finlandais (au hasard), le clavier sait se faire discret, mais primordial. Bel et bien audible, il reste cependant suffisamment dans le fond pour faire de l’espace aux guitares qui construisent la trame. Néanmoins les guitaristes ne pourront prendre l’espace nécessaire, la faute à une production qui manque d’ampleur. Tant que nous sommes dans les défauts, mentionnons aussi un léger manque de rigueur sur certaines lignes de chant, qui sans être fausses, sont un peu trop décalées.


Asylum Pyre fait partie de ces groupes qui surprennent, qui arrivent à reprendre un genre à bout de souffle et à lui redonner un petit coup de neuf. Ne nous emballons pas, il ne s’agit pas ni d’une révolution, ni d’une redéfinition. Asylum Pyre n’en a ni l’ambition, ni les moyens. Mais pour une fois que nous avons un album un tant soit peu original et surtout personnel, c’est la fête du slip. Avec un début prometteur, Asylum Pyre devient un groupe à suivre.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6