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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 04 janvier 2010
Sa note : 7/20

LINE UP

-Henning Basse
(chant)

–Matthias Lange
(guitare)

–Tolo Grimalt
(guitare)

–Lars Ratz
(basse)

–Michael Ehré
(batterie)

TRACKLIST

1)Heavy Metal
2)Light of Day
3)Pay the Fee
4)Pharos Slavery
5)Crossroad Overload
6)Falling Into Darkness
7)Alone
8)Borrowed Time
9)Once Loyal
10)Lonely

DISCOGRAPHIE


Metalium - Grounded - Chapter Eight
(2009) - heavy metal - Label : Massacre



Non, vous ne rêvez pas : il s’agit bien de la chronique du HUITIEME album de Metalium que vous êtes en train de lire. Lorsque l’on sait que de nombreuses formations, bien plus intéressantes, n’ont même pas eu le quart de cette carrière, ça laisse songeur. Pourtant, rappelez-vous, il y a une douzaine d’années : les allemands suscitaient alors de l’attente. Puis ils sont passés d’espoir du heavy metal à caricature risible. Et aujourd’hui, il faut bien le dire : Metalium, tout le monde s’en fout.

Et on ne saurait donner tort à monsieur tout le monde. Car Metalium, c’est pourri et depuis un bon moment. Reste à expliquer pourquoi. Et là, si rien ne remplace l’écoute –douloureuse – de l’album, le vrai exercice commence : décrire cette bouse correctement. Une question fondamentale peut alors venir à l’esprit : qu’est-ce qui différencie Metalium d’autres groupes de heavy metal allemands non moins caricaturaux, mais écoutables, eux. Tenez, Grave Digger par exemple. Et bien, si la façade est assez proche, ou peut tout du moins le sembler au premier abord, on trouve chez Grave Digger d’autres choses qu’un heavy metal rentre-dedans sans cervelle (si, si !) : une toile de fond variée d’album en album, des thèmes historiques, une voix reconnaissable entre mille, une patte artistique reconnaissable de part les différents guitaristes qui ont joué dans ce groupe, etc. On trouve même parfois des structures plus évoluées, des passages acoustiques, des passages orchestraux ou encore des ballades, histoire de s’aérer un peu les conduits. C’est pourtant bien du heavy metal allemand. Alors, bien sûr, ça ne va pas chercher très loin et on est loin des concepts craignos d’un Neal Morse par exemple, mais tout de même. Et puis, la base musicale est suffisamment solide pour qu’aimer Grave Digger soit une faute de goût défendable.

Chez Metalium, le constat est bien plus douloureux. Tout d’abord, il semble y avoir un concept développé entre les différents albums. Que plus personne ne suit depuis des lustres, faute d’intérêt. Côté voix, même si il faut reconnaître à Henning Basse un coffre impressionnant, entendre le vocaliste balancer ses notes sans aucune tentative de nuance fatigue les tympans à une vitesse exponentielle d’album en album. Et même quand celui-ci tente d’en faire l’effort, il sombre dans le ridicule en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ("Borrowed Time"). Pour le reste, Metalium c’est pêle-mêle : des refrains d’une pauvreté affligeante ("Heavy Metal"), des paroles risibles ("Heavy Metal"), du screaming ("Heavy Metal"), des riffs lourdingues ("Heavy Metal"), des soli inintéressants ("Heavy Metal"). Ha oui, il me faut vous prévenir : l’album commence sur une chanson nommée "Heavy Metal", dont les premiers mots sont « We are Heavy Metal. If you don’t like it, fuck you ». Ma foi, sur ce coup, ils m’ont bien eu : fuck me, et profond avec ça. Sur quoi peut-on alors se raccrocher ? La prod ? Même pas. Il faut dire que les Allemands ne doivent pas crouler sous les moyens pour s’offrir des studios hors de prix, faute de succès. Et ce n’est pas près de changer. Allez, on peut saluer mollement une fin d’album qui tente péniblement de relever la tête avec la speed "Once Loyal" et "Lonely". Mais, pris séparément, ces titres font pitié et ne brillent que par comparaison avec le reste.


Non, définitivement, rien à sauver dans cet énième album de Metalium. Même aux plus die-hard des fans de heavy metal, il est difficile de conseiller Grounded – Chapter Eight, tant on atteint des sommets de pauvreté artistique dignes d’un Gods Of War… Bon allez, non, quand même pas. Qui sait, peut-être pour le prochain ?


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