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CHRONIQUE PAR ...

60
Dizayeure
Cette chronique a été mise en ligne le 04 janvier 2010
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Stéphane Béguier
(chant+guitare+basse)

-Stephan H.
(guitare+chœurs)

-Wizp
(guitare+chœurs)

-Ben Aupert
(basse)

TRACKLIST

1)Sans drapeau fixe (S.D.F.)
2)C.A.P. Pirate
3)Le massacre des Snorkies
4)MobyDark (La baleine noire)
5)Le monastère de Don Cabillo
6)Tous les chemins mènent au Rhum !
7)La taverne des bonnes manières
8)L'île des moutons mesquins (Et des facétieuses brebis !)
9)Le choeur des pirates
10)Les trésors de Barbe-Rose
11)Captaine Hochet
12)Za Piratz
13)La petite maison dans les abysses
14)Le cannibale de Rio

DISCOGRAPHIE


Za Piratz - Metal Up Your Death
(2009) - grindcore - Label : Autoproduction



Za Piratz, side-project des deux guitaristes d’Akphaezya, est un curieux mélange entre grind et piraterie, une espèce de Guybrush Treepwood bourré, sorti tout droit des tréfonds des abimes pour parler de beuveries et de sexe avec profusion d’insultes et d’obscénités. Voilà comment on pourrait résumer en quelques mots cet OVNI qu’est Metal Up Your Death. Mais ce faisant, nous éclipserions cependant l’essence même de ce qui fait l’esprit de ce premier opus, qui le rend (heureusement dirais-je même) bien plus subtil qu’un énième album de grind.

Et en effet, chaque titre de Metal Up Your Death contient son petit passage qui fait son effet, qui fait mouche, que ce soit un chœur de voix sonnant très pirate comme sur "Sans Drapeau Fixe", les arpèges acoustiques de "Le Monastère de Don Cabillo", le combo flûte/accords sur "Captain Hochet" ou encore le riff de "La Taverne des Bonnes Manières", très rock/thrash. Le tout fourmille d’une multitude de petits détails et les influences proviennent de nombreux styles différents. L’inspiration principale de cet album est le monde des flibustiers, dépeint ici à grands renforts de riffs death, de double pédale et d’alternance growl / hurlements aigus, typique du genre. Voilà une des grandes qualités de cet album : cette ambiance, cet univers, dans lequel on pénètre sans aucun mal et qui nous fait penser immédiatement à un Monkey Island sous amphèts. D’un point de vue technicité et production, pour un album autoproduit qui, par définition, n’a pas les moyens d’une superproduction à la Metallica, on ne peut que tirer son chapeau car ces messieurs s’en sortent avec les honneurs. Le son et la production ne sont pas du tout rédhibitoires comme sur nombre d’autoproductions, et on révèlera tout au long de l’album une multitude de détails, que ce soit dans les différents types de percussion ou encore dans les différents rythmes. A noter également toute une petite tripotée de guests venus renforcer l’équipe, en particulier Nehl Aëlin, la chanteuse d’Akphaezya, qui vient poser sa voix le temps de quelques beuglements.

Même si l’ensemble est très bon, il n’en demeure pas moins imparfait. Au tableau des points noirs de l’album, celui qui fait le plus tâche et qui est le plus dérangeant se situe sans aucun doute au niveau des paroles, trop souvent inutilement vulgaires. Certes, la vulgarité est inhérente au grind, mais sur certains passages de "Metal Up Your Death", voire sur certaines chansons entières telles que "La Taverne des Bonnes Manières", elle ne dessert pas de but plus ambitieux que d’être les plus obscènes possibles, et vient gâcher un poil notre plaisir d’écoute. C’est d’autant plus dommage que l’humour est bien présent tout au long de l’album (rien que dans les titres des chansons, par exemple), certaines fois se révélant même assez fin. On aurait donc apprécié des paroles plus ambitieuses, délivrant une histoire plus aboutie et intéressante, moins grasse et poisseuse, l’ambiance et le thème s’y prêtant à merveille. Peut-être y aurons-nous le droit pour un second album ? Le reste des défauts est minime : on aurait apprécié une section rythmique un peu moins en retrait et plus présente, ainsi que peut-être un peu plus de chant clair ou de passages atmosphériques.


En conclusion, un très bon album, ayant su allier le monde de la piraterie et le grind, très facile d’accès. Même les personnes réticentes au genre pourront se laisser tenter à accorder une chance à cet album. Elles risquent d’être surprises !


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