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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 20 janvier 2010
Sa note : 15/20

LINE UP

-Klaus Dirks
(chant)

-Matthias Mineur
(guitare)

-Sven Lüdke
(guitare)

-Sascha Onnen
(basse)

-Markus Brinkmann
(basse)

-Nikolas Fritz
(batterie)

TRACKLIST

1)Children of the Flame
2)Trial by Fire
3)Warchild
4)Astral Hand
5)The Oswald File
6)Waiting for the Sun
7)The Glance of Fame

DISCOGRAPHIE


Mob Rules - Radical Peace
(2009) - heavy metal mélodique power metal - Label : AFM Records



Il y a des groupes comme ça à côté desquels on passe sans jeter un regard, sans raison particulière. Prenez par exemple Mob Rules : voilà un groupe présent sur le circuit depuis une bonne dizaine d'années, dans un style généralement apprécié de votre serviteur. Mais un groupe qu'il ne connait pourtant que de nom, un nom justement à l'origine de son désintérêt un peu irrationnel puisque fondé sur une sorte de blocage sur ce nom jugé ridicule. Mais pour vous, lecteurs des Éternels, j'ai décidé de faire un effort et de me pencher sur ce sixième album.

Pour ceux qui comme moi n'avaient jamais daigné jeter une oreille sur un album de Mob Rules, sachez que les Allemands donnent dans le power metal, option mélodique. Ne venez donc pas y chercher de la double pédale à foison ou des rythmiques massives à la Brainstorm, ce n'est pas le genre de la maison. Ici, les morceaux sont majoritairement mid tempo voire lents ("Warchild"), et les rares fois où le tempo s'accélère comme sur "Trial by Fire" ou "Astral Hand"; cela se fait sur un mode assez léger et dénué d'agressivité. Si bien que près de 45 minutes après le début de l'album, on est presque surpris de voir débouler une bonne rythmique bien heavy sur "Waiting for the Sun" ! Par ailleurs, on ne peut que s'incliner devant le soin méticuleux apporté aux compositions. Ici, rien ne semble avoir été laissé au hasard, chaque partie donne l'air d'avoir été pensée et mûrie, que ce soit les mélodies vocales, les arrangements aux claviers, les parties lead ou les soli qui font la part belle aux phrasés plutôt qu'aux déluges de notes supersoniques. Certains pourront toujours regretter le manque de spontanéité et l'absence de folie sur cet album, mais ce souci constant du détail contribue pour beaucoup dans le résultat final : un album solide aux finitions impeccables.

D'entrée, "Children of the Flame" plante le décor puisque tous les points forts de Radical Peace y sont réunis. L'intro à cappella met en valeur l'organe de Klaus Dirks, la section rythmique choisit de faire simple, donc efficace, et Mob Rules démontre rapidement son habileté à monter en intensité pour atteindre le pic sur le refrain. Voilà d'ailleurs un autre atout dans la manche des Allemands, puisque tous les refrains ont en commun une vraie recherche dans les mélodies et les arrangements de voix. Ce premier titre se termine d'une drôle de façon par la reprise du thème développé sur le break, une mélodie très douce qui dégage une impression de sérénité. Cela aurait été parfait pour terminer l'album ! La suite est au diapason, avec quelques belles réussites : le lent et fataliste "Warchild", qui s'achève par un long et magnifique solo, l'imparable "Astral Hand" sur lequel la voix de Dirks prend des accents Kiskiens (on pense également à Tobias Sammet à plusieurs reprises sur l'album au niveau des intonations) ou encore "Waiting for the Sun", un titre assez classique mais qui apporte une touche un peu plus heavy. De toute façon c'est simple, même les morceaux les moins bons, comme l'anecdotique "The Glance of Fame", restent d'un niveau que beaucoup de groupes envient.

Le morceau de choix demeure "The Oswald File", un titre ambitieux qui traite de John Fitzgerald Kennedy et qui s'étire sur plus de 18 minutes découpées en 6 sous-parties. Typiquement le genre de procédé qui met votre serviteur en alerte orange ; en effet, dans le même genre, deux références lui viennent immédiatement à l'esprit : la "Suite Lingua Mortis" de Rage, pas très convaincante car beaucoup trop décousue, et surtout l'abominable "Achilles, Agony and Ecstasy in Eight Parts", la bouse qui ouvre The Triumph Of Steel de Manowar. Bref, de prime abord, ça fout un peu les jetons. Heureusement, "The Oswald File" vient rétablir la balance. Loin de concevoir l'exercice comme un concours pour caser le plus grand nombre de plans possible, le groupe l'a au contraire envisagé sous l'angle d'une vraie chanson, avec une progression logique et des ambiances développées au maximum. Le titre commence comme une power ballad avant de monter progressivement en régime, atteignant même une certaine intensité lors du passage de la fusillade avec les échanges radio et les sirènes de police. Malgré quelques longueurs et redondances (certains thèmes se répètent un peu trop), Mob Rules gère son affaire comme un chef et nous offre une pièce parfaitement maîtrisée.


Les déçus par les derniers efforts bâclés de Brainstorm et Kamelot trouveront sans doute de quoi se consoler avec Radical Peace. Voilà un album sans failles agrémenté de plusieurs morceaux de haut niveau, délivré par un groupe très consciencieux dans son approche artistique et qui mériterait assurément une plus grande notoriété. Sur ce je vous laisse, car j'ai désormais très envie de rattraper le temps perdu et de découvrir les précédentes œuvres de Mob Rules. Comme quoi, bloquer sur un nom, c'est très idiot en fait…


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