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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2010
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Sebastian "Seeb" Levermann
(chant+guitare)

-Tobias Kersting
(guitare)

-Nils Weise
(claviers)

-Lars Schneider
(basse)

-Sebastian "Ghnu" Grütling
(batterie)


TRACKLIST

1)Rise and Ruin
2)Nobody Leaves
3)Goodbye
4)Easton Hope
5)Welcome Liberty
6)All These Dark Years
7)Nothing Remains
8)Requiem
9)We Are Pirates
10)The Black Heart
11)Of Downfall and Decline

DISCOGRAPHIE

Easton Hope (2010)
To the End (2012)

Orden Ogan - Easton Hope
(2010) - heavy metal speed metal Blind Guardian-style - Label : AFM Records



Pendant des années, grâce à son style personnel et immédiatement reconnaissable, Blind Guardian a régné en maître incontesté dans sa catégorie, adulé par une horde de fans fidèles et dévoués. Mais au fil du temps, l'allongement des délais entre chaque album, la complexification grandissante de la musique et un dernier album en date loin d'avoir fait l'unanimité ont fini par remettre quelque peu en cause le statut intouchable du groupe. Il n'en fallait pas plus à certains groupes pour s'imaginer calife à la place du calife…


Orden Ogan fait visiblement partie de cette catégorie, et ne cherche d'ailleurs même pas à s'en cacher. Direction piste 4 pour en avoir le cœur net, avec ce refrain aux paroles au goût de déjà entendu : « Night falls on Easton Hope ». Difficile de nier la filiation lorsqu'on reprend à son compte, en la modifiant à peine, l'une des expressions les plus emblématiques de l'œuvre de Blind Guardian. Difficile de toute façon de nier la filiation lorsqu'on utilise les grandes lignes qui ont permis à la bande d'Hansi Kürsch de bâtir sa renommée : des riffs heavy / speed nerveux, et surtout l'utilisation de chœurs massifs et ultra-travaillés sur les refrains. Vous me direz, il n'y a pas que Blind Guardian qui a recours à cet artifice ; certes, mais chez Orden Ogan, ce ne sont pas des chœurs bourrins comme chez la plupart des groupes de heavy teuton, ce ne sont pas non plus des chœurs lyrico-pompeux comme chez les groupes de metal dit "symphonique" ; non, là ce sont des chœurs… à la Blind Guardian quoi ! Il suffit d'écouter "Nobody Leaves", premier véritable titre de Easton Hope : on retrouve sur le refrain le côté à la fois massif et majestueux des chœurs, dont on ne peut nier le caractère très fignolé au niveau des arrangements.

Même si le groupe bénéficie pour la première fois d'une distribution digne de ce nom, Orden Ogan n'est plus vraiment un groupe de débutants puisqu'Easton Hope est déjà son troisième album. Pourtant, on trouve sur Easton Hope une certaine naïveté qui apporte paradoxalement un peu de fraîcheur dans une production metal de plus en plus standardisée. Un sentiment qui transparaît dans le chant agressif de Seeb absolument pas maîtrisé au début de "Goodbye", dans la tentative de chœurs barbares (« Into the fire !») un peu bancale sur le pré-refrain de "Nobody Leaves"… Cela n'empêche pas Orden Ogan de nous proposer une série de titres intéressants, à commencer par "Nobody Leaves" justement. Sa structure inhabituelle, qui nous change du sempiternel couplet / refrain, nous offre une progression musicale intéressante même si on a l'impression que le groupe a du mal à trouver comment finir ce morceau. On peut également citer "Goodbye" et son refrain lumineux, "Easton Hope" qui aligne lui aussi bon nombre de plans intéressants pour un résultat dans la lignée ce qu'a pu proposer Sonata Arctica récemment, ou encore "All These Dark Years" et ses arrangements tout en douceur (flûte et chœurs féminins bien utilisés).

Mais tout à coup, tel un tennisman français menant 2 sets à rien et break dans la troisième manche, Orden Ogan se crispe et se met à jouer petit bras. Ca commence avec "Requiem", un morceau claviers / voix très épuré, un peu dans le même esprit que "A Past and Future Secret" de… Blind Guardian tiens. Un exercice un peu trop casse-gueule pour Orden Ogan qui se prend les pieds dans le tapis, faute de mélodies suffisamment fortes et d'un chanteur suffisamment costaud pour porter la charpente à lui tout seul. C'est ensuite "We Are Pirates" qui nous laisse dubitatif. Comme le laisse augurer le titre, il s'agit d'un hommage plus qu'appuyé à Running Wild puisque très proche de "Riding The Storm" et bénéficiant de la participation de Majk Moti, le soliste de l'âge d'or du groupe (85-90). Malgré quelques bonnes idées (le passage à l'accordéon), ce morceau sonne bien vite comme une erreur de parcours : trop long (7 minutes 30 !) et trop différent du reste de l'album. Ce double échec marque un coup d'arrêt difficile à surmonter : "The Black Heart" est sympa mais n'apporte pas grand-chose de plus par rapport au début de l'album, tandis que la longue pièce "Of Downfall and Decline" manque de consistance pour justifier sa durée de 9 minutes.


Orden Ogan s'imagine sûrement comme le nouveau Blind Guardian, conforté en cela par la presse allemande qui lui avait tressé des lauriers à l'occasion de son précédent album Vale. Pour l'heure, les Allemands apparaissent surtout comme les nouveaux Persuader, rejoignant les Suédois au rang de suiveurs n°1 de la bande de Krefeld. Tout n'est pas à jeter, loin de là puisqu'Orden Ogan nous livre une poignée de compos plutôt plaisantes sur ce Easton Hope, mais un minimum de personnalité n'a jamais fait de mal à personne…


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