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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 18 février 2010
Sa note : 13/20

LINE UP

-La Raclure
(chant+saxo)

-Chaussure
(guitare)

-Nasal
(guitare)

-Criss
(basse)

-Mahu
(trompette)

-Conrad Puel
(batterie)

TRACKLIST

1)La Grippe-A del Gruicko
2)Somewhere Over the Yellow Brick Road of the Porn
3)... when the Beaches Are Full of Whores
4)Tautermartouf
5)Djeuled’ Vak vous emmerde
6)V:M
7)All These Morons
8)Boom Song 2
9)Dominate With my Whip (les limites du racisme)

DISCOGRAPHIE


Djeuled’ Vak - Boulevard Pol Pot
(2010) - metalcore festif - Label : Autoproduction



Djeuled’ Vak, ce nom ne devrait pas dire grand chose à tout le monde. C’est honnête vu que même si le groupe en est déjà à son 3e album, il faut avouer qu’il reste plutôt branché Ch’nord à en voir son cv. La présentation rapide de rigueur s’impose. Formé en 2003, le groupe connaît de nombreux changements de personnel et sort malgré tout 2 albums. Ils se décrivent comme jouant du « metal fitnesscore ». Soit. Vous pouvez garder l’appellation metalcore pour vos besoins impériaux de catégorisation. L’originalité du groupe ? Outre qu’il a un nom à coucher dehors, elle réside dans la présence d’une trompette qui rappelle fortement les fanfares des ferias. Festif donc plutôt.

Ça y est, on commence à se rapprocher un peu plus de ce qu’est le groupe : une troupe de joyeux lurons éméchés sans aucun doute et qui aiment déconner pour le rire. En allant plus loin, on pourrait les taxer de débiles mentaux, chose à laquelle ils ne s’énerveront pas s’ils lisent ces lignes au vu de leur pedigree et leur myspace. La musique quand même ? Elle verse dans la guitare grasse et des cassures rythmes syncopantes typiques du genre core. Le chant est à l’avenant avec un braillement dans les canons et qui avec le temps passe plutôt bien. Le groupe sait heureusement agrémenter sa musique de menues mélodies, notamment à la trompette et au saxo, mais aussi avec des riffs bien trouvés et des soli qui à défaut de mettre par terre, enchantent en quantité agréable les oreilles. "... when the Beachies Are Full of Whores" représente bien ces qualités là.

Pour le côté plus déconnant de la chose, "Tautermartouf" propose une intro tout à fait festive que ne renierait probablement pas un voisin, Marcel et son Orchestre. Car oui, les musiques sont fortement différentes, incomparables, mais pourtant il y a un petit goût de Marcel et son Orchestre rencontre le metalcore. Ce qui lie les 2 groupes c’est bel et bien un esprit de pur déconne permanent, une trompette pour l’ambiance festive et cette proximité gréographeuse. Mais ce sera bien tout hein ! Les riffs gras rappellent sans détour que la musique n’est pas au ska ou rock ou autre chose. D’ailleurs une chanson comme "V:M" composée de gros blasts et de voix complètement conne pas si éloignée d’un Gronibard enlève tout doute naissant. Elle confirme aussi que le groupe sait varier ses accroches en passant de la syncope core à la mélodie plus metal avec une lichette de grind. La sauce prend car les compositions sont à la hauteur.

Les premières écoutes mettent à mal devant la spécificité du son du groupe, mais une fois l’habitude prise, on se dit que Djeuled’ Vak mérite le coup et vaut bien qu’on s’y attarde un peu. Le son, parlons-en, car il s’agit tout de même d’une autoproduction. Il tient la route. Il sonne amateur sur certaines parties de batterie mais ce n’est toutefois pas une catastrophe. Il a un côté attachant qui colle à la musique du groupe, pas prise de tête et qui ne se prend pas au sérieux. De plus, les musiciens ne sont pas à la ramasse et savent manier leur instrument, mention à la basse qui balance des lignes tout à fait succulentes par moments. Cependant malgré tout ce déluge de compliments et de bonne volonté, on peut se prendre à penser que la musique jouée ici tourne un peu en rond malgré sa diversité ambiante. En effet, les chansons bien que variées tournent toutes au sein d’un carcan spirituel qui est le même de l’une à l’autre. En somme, pas le genre de musique que l’on veut jusqu’à plus soif.


Au final, voici un album sympathique qui sait marier les plaisirs pour proposer de la mélodie, du gras et de la violence dans un ensemble cohérent et un esprit de pure connerie. Pas forcément le type de musique qui fait s’exclamer au génie, loin de là, mais qui atteint son but de nous faire passer un bon moment pour peu qu’on soit tolérant à la bêtise brute et au son metalcore. Une sorte de chti metalcore peut-être trop géomarqué pour sortir des limites de la France, mais immanquablement attachant.


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