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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 19 mars 2010
Sa note : 13/20

LINE UP

-Shagrath
(chant)

-Teloch
(guitare)

-Ice Dale
(guitare)

-King
(basse)

-Frost
(batterie)

TRACKLIST

1)Devil’s Harlot
2)Post Modern Sadist
3)Invoker
4)Perpetual Night
5)Ghosting
6)Acts of Sin
7)Krigsatte Faner
8)Hill Norge

DISCOGRAPHIE


Ov HELL - The Underworld Regime
(2010) - black metal - Label : Indie Recordings



Exfcusrez-mpoi uner secojndse, que j’enlreve mes moufkles. Voila. C’est qu’à l’écoute de Ov HELL, il m’a fallu me couvrir pour ne pas succomber au froid violent et glacial que distillent les Norvégiens qui composent ce collectif de – comme ils semblent se définir eux même – Satan’s All-Stars band. Et quand on regarde le line-up de plus près, il faut avouer que ça n’est pas qu’un effet d’annonce promotionnel : il y a Shagrath (Dimmu Borgir), King (Gorgoroth), Ice Dale (Enslaved), Frost (Satyricon) et – moins connu – Teloch (Nidingr). Une belle poignée de musiciens ayant une expérience certaine de leur art, voilà qui donnait des raisons de s’attendre à une tuerie.

Le projet est à l’origine conduit par Shagrath et King, les autres musiciens ayant fait l’objet d’un recrutement. On s’attend donc à ce que la patte de ces deux hommes soit la plus évidente à l’écoute de Ov HELL (oui, visiblement, il faut écrire HELL en majuscule. Ça doit faire plus ivôl). Mais l’écriture des titres ayant été assurée par King, on retrouve plus l’ambiance glaciale et sombre de Gorgoroth que celle pleine d’emphase et de grandiloquence de Dimmu Borgir. Néanmoins, le mélange de l’écriture de King et de la voix de Shagrath donne un mélange efficace et assurément mature. Les deux musiciens ont suffisamment de bouteille pour que chaque titre de The Underworld Regime soit peaufiné, équilibré, bien construit et sans fioriture. Ici, pas de claviers, nous sommes dans un black metal sale, puissant et blasphématoire. On pense naturellement à du Marduk (le dernier, en l’occurrence), il y a l’évidente patte God Seed (autre projet de King) et des relents d’Immortal : Ov HELL propose un black metal à la fois traditionnel et moderne, avec des compositions tout à fait norvégiennes et une production qui parvient à paraitre sale tout en étant précise et puissante.

Reste que les compositions ne cassent majoritairement pas trois pattes à un loup des forêts enneigées du Grand Nord : l’efficacité règne en maître, comme le montre le format des titres (entre quatre et cinq minutes en général), qui se passent de longueurs ou de réelles ambiances malsaines, même si la lourdeur et la lenteur d’un "Ghosting" fonctionnent à merveille. Ce froid si typique des bonnes productions de black metal se fait alors sentir, encore amplifié par la performance variée de Shagrath qui multiplie les voix, les tons et les expressions, sans pour autant tomber dans un grand-guignol théâtral qui aurait à coup sur desservi l’ambition du projet. Agrémentés de quelques samples d’ambiance (des loups sur "Perpetual Night", des bruits bizarres et des chants inquiétants sur "Post Modern Sadist"…), les huit titres de The Underworld Regime s’écoutent assez facilement, même si les morceaux les plus rentre-dedans sont aussi les moins intéressants ("Act of Sin", "Devil’s Harlot") malgré le très bon "Invoker" et ses riffs presque death mélodique (il y a un peu d’influence suédoise là-dedans…). "Hill Norge" conclut efficacement l’album, là encore dans une atmosphère principalement lourde et glacée, avec arpèges saturés et riffs sauvages.


Ov HELL ne révolutionne rien, à tel point que parfois la sensation de déjà-entendu est flagrante. The Underworld Regime est un album sans prise de risque et totalement maitrisé, à tel point qu’on pourrait le croire conçu dans une optique totalement commerciale et ciblée, tout prêt à envahir un marché soigneusement étudié. Mais le talent des deux hommes s’offrant à vos regards sur la couverture (très clichée mais visuellement réussie) va heureusement au-delà de cet aspect, et ce premier album de Ov HELL s’affirme comme un bon album de black metal pour qui ne rechercherait pas une révélation ou une révolution.


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