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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Chris Rubey
(guitare)

-Daniel Williams
(batterie)

-Andy Trick
(basse)

-Mike Hranica
(chant)

-Jeremy DePoyster
(guitare+chant)

-James Baney
(clavier)

TRACKLIST

1)The Ascent
2)Gauntlet Of Solitude
3)Dogs Can Grow Beard All Over
4)And The Sentence Trails Off...
5)Rosemary Had An Accident
6)Redemption
7)Swords, Dragons & Diet Coke
8)Who Speaks Spanish, Colon Quesadilla
9)Texas In South
10)Modeify The Pronunciation
11)Salvation

DISCOGRAPHIE


The Devil Wears Prada - Dear Love A Beautiful Discord
(2006) - hardcore néo metal metalcore - Label : Rise



Les ricains nous envoient leur djeunz émometalcoreux claviérisés en cette année 2007. Il parait, je n’ai pas vérifié pour autant, que Dear Love: A Beautiful Discord sorti outre Atlantique l’année passée, a eu un large succès d’estime. Une sorte de nouvelle vague US, très jeunes (20 ans de moyenne d’âge à la louche), touchant des genres différents et très formatés marketing (voyez leur Myspace pour vous en convaincre, parlant de pub, de sponsors vestimentaires…). Bon autant le dire, ça sent le phénomène de mode à plein nez. Quid de la musique en marge de cela ? Et bien c’est assez surprenant, dans le bon sens, et si l’on fait abstraction de l’environnement. Lançons nous un adage : à groupe formaté, chronique formatée…

Le Chant : Niveau voix, cela ratisse assez large, et la multiplicité est de mise. Du growl death ("Dogs Can Grow Beards All Over", "Who Speaks Spanish, Colon Quesadilla"…), en passant par du growl metalcore plus crié ("Gauntlet Of Solitude") et des passages clairs ("Dogs Can Grow Beards All Over" encore, "And The Sentence Trails Off"…). Ne vous attendez pas à du chant clair à la Opeth, car vous aurez droit à une sorte d’« émo » option adolescent, avec un timbre qui ressemble à celui de Chester Bennington déburné, le hurlé en moins et l’accent ricain marqué en plus ("Rosemary Had An Accident"). Mais finalement, tout ceci mis bout à bout tient assez bien la route…

La musique : les non amateurs de claviers devront passer leur chemin car ils sont bien présents ("Dogs Can Grow Beards All Over", "Swords, Dragons & Diet Coke"…) et stylisés façon piano, en nappe le plus souvent. Rien à redire dans l’exécution ni l’inspiration qui fait mouche, malgré le manque de virtuosité évident. Ce qui étonne néanmoins le plus restera le mode de composition. Les mélodies sont dissonantes dans quasiment tous les titres, les riffs sont déstructurés et peu techniques, mais savent se combiner parfaitement au clavier à certains moments. Franchement, il se dégage de cet opus une sorte d’overdose de rythmes, du plus brutal au plus mélodique, à l’instar du chant aux multiples facettes, et cet état de fait est amplifié par les fins de titre parfois brutales, notamment sur le début de l’album (la fin s’améliorant à ce niveau).

Ca n’engage que moi, mais ce groupe me rappelle un autre combo US : Deceased. Certes le genre est assez différent (de même que l’époque), mais la déstructuration et l’opposition des styles dans les compositions sont (étaient) relativement similaires. Dans le cas présent, The Devil Wears Prada tente de mixer du mélodeath/metalcore à de l’émo à clavier en passant par une petite dose de punk, alors que Deceased tentait de marier du death US tendance grindcore/old School à des parties mélo ébouriffantes ("Nuclear Exorcist", "Thirteen Frightened Souls" pour mémoire …). Le résultat arrivait parfois à la même conclusion, à savoir parfois il y avait du génie, parfois de l’indigestion, et on ressortait de l’album avec un sentiment mitigé entre le « encore, c’est prometteur » et le « faudrait élaguer un peu et se séparer de l’inutile » .


Le projet musical est clairement ambitieux, mais il manque parfois de liant. Des passages hyper intéressants dans leur construction et leur mise en musique précèdent des portions irréfléchies et gratuitement bourrino-répétitives. Certes les amoureux de la brisure de tempo et des changements de rythmes seront peut-être comblés, mais dans l’absolu des oreilles non initiées à cette relative décadence musicale seront vraisemblablement au mieux interrogatives, au pire absolument pas intéressées. Avec un peu de maturité, et si on leur en laisse le temps, ils auront une chance de s’épanouir dans le bon sens, car le talent est en filigrane…


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