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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 01 avril 2010
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tosin Abasi
(guitare+basse)

-Javier Reyes
(guitare)

-Navene Coperweis
(batterie)

-Chebon Littlefield
(claviers+machines)

TRACKLIST

1)Tempting Time
2)Soraya
3)Thoroughly Through Time
4)On Impulse
5)Tessitura
6)Behaving Badly
7)The Price of Everything and the Value of Nothing
8)COFA
9)Inamorata
10)Point to Point
11)Modern Meat
12)Song of Solomon

DISCOGRAPHIE


Animals As Leaders - Animals As Leaders
(2009) - barré metal prog jazz fusion instrumentale de tueurs - Label : Prosthetic Records



Alors aujourd'hui, on va quelque peu se la jouer intellectuel en fouillant du côté du projet solo du virtuose de la 6 cordes (qui en a 8 dans son cas) Tosin Abasi. Cependant il ne sera pas pour autant question de guitar hero music ou de déluges d'insupportable shredding sur orchestrations pompeuses. En effet, le père Abasi est plutôt un chantre de la scène jazzo-progo-instrumentalo-barré-metal, soit un style aussi inclassable que génial, et dont on ne présente plus les darons, je veux parler bien sûr des barges de Cynic. Non, pas l'inénarrable rappeur français.

Alors forcément, cette scène compte finalement assez peu de groupes renommés : Cynic of course, dont l'aura cultissime ne s'est jamais réellement estompée malgré le fait qu'ils n'aient sorti que 2 albums en 20 ans, Exivious (mais bon comme la moitié des mecs viennent de Cynic ça compte moyen), Ephel Duath, et pis c'est - presque - tout comme dirait l'autre beauf vitrine officielle des marchands de marcels, tongues et colifichets d'un goût discutable. Mais l'arrivée des Animals As Leaders dans le paysage pourrait changer un peu la donne tant ce projet déborde à ras-la-gueule de talent, voire de génie. Et avec ce premier album éponyme, il est certain qu'AAL se pose en incontournable relève US du jazz-prog-metal : moins cyber que Cynic, moins abstrait et intellectuel qu'Exivious et carrément plus accrocheur qu'Ephel Duath, qui dit mieux ? Clairement, l'ami Abasi et ses camamrades virtuoses font avec ce premier album le trait d'union entre tous les groupes précités et la plutôt récente scène groove metal des Textures, Architects et autres Fellsilent et Arusha Accord, en bridant considérablement le côté bourrin de ceux-ci. En effet, AAL est, comme d'ailleurs la plupart de ses compères, un groupe assez calme et plus jazz et rock prog' que metal. En résulte, de prime abord, un melting pot certes hyper technique et un peu trop démonstratif. Mais, au fil des écoutes, cet album révèle en fait une musicalité et une accessibilité assez incroyable pour un groupe évoluant dans un style aussi abrupt.

Ainsi, on a droit à des séquences groove metal au son certes léger mais hyper péchu et donc du plus bel effet (''Tempting Time'', ''Thorougly Through Time'', ''CAFO''), des morceaux free-jazz agrémentés d'arpèges finement ciselés (les magnifiques ''Soraya'' et ''On Impulse''), de séquences rock prog' plus conventionnelles aussi brillament exécutées qu'inventives (''Behaving Badly'', ''Song of Solomon''), bref du très haut niveau. Dans un genre voisin, tout cela me rappelle un peu Front Page, side-project free jazz-funk des grands Biréli Lagrène et Dennis Chambers, qui malgré un niveau technique hallucinant et un style très particulier arrive à accrocher l'auditeur avec une facilité déconcertante. Ce sens de la mélodie unique se retrouve clairement chez les AAL, qui réussissent sur cet album l'amalgame quasi parfait entre technique proprement scandaleuse et musicalité. C'est du putain de beau boulot, et au rayon des critiques pas grand chose à dire, si ce n'est que je ne peux m'empêcher de regretter l'absence de chant sur ce skeud. À mon sens, la présence d'un chanteur au registre aussi varié que la musique proposée par le groupe (au hasard, un tueur du style Eric Beksleek, Textures) aurait pu amener le son des Animals à un niveau encore supérieur, le côté 100% instrumental de l'album pouvant, à la longue, s'avérer un brin frustrant. Mais bon, c'est vraiment chercher la petite bête tant cet album est quasi-irréprochable sur tous les plans.


Bref, à moins d'avoir tenté de lire cette chronique les yeux fermés et par la seule force de votre cerveau, vous aurez compris qu'on a ici affaire à du lourd, et je ne saurais que trop vous conseiller l'acquisition immédiate de cette tuerie, pour peu que vous ne soyez pas totalement réfractaire aux groupes sus-cités et plus généralement à la musique instrumentale et technique. Son pour le moins talentueux géniteur et ses comparses le méritent amplement, et on attend leur prochaine aventure avec impatience.


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