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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 03 avril 2010
Sa note : 9/20

LINE UP

-Thomas Gurrath
(chant+guitare)

+ guests

TRACKLIST

1)Double Demon
2)Porna Lisa
3)Big Ball Crew
4)Killdozer
5)Free Fire Zone
6)Hell Whores & High Heels
7)Hotter Than Hell
8)Shooter
9)Plugged
10)Wrecking Ball
11)Groove Monster Machine
12)Rock n' Roll Stomper
13)Riding With the Devil

DISCOGRAPHIE


Big Ball - Hotter Than Hell
(2010) - hard rock hommage à AC/DC - Label : AFM Records



«I've got big balls / I've got big balls / And they're such big balls / Dirty big balls / And he's got big balls / And she's got big balls / But we've got the biggest balls of them all !» Ces vers ont beau être tirés d'un morceau mineur de la carrière d'AC/DC, quel fan des Aussies a pu oublier ce légendaire moment de poésie typiquement Bon Scottienne ? Visiblement pas Thomas Gurrath en tout cas, qui a choisi de laisser totalement libre cours à son amour pour le hard rock déjà largement entrevu sur les derniers albums de son projet principal, Debauchery.

Vous pensiez qu'Airbourne était le clone parfait d'AC/DC ? Alors vous allez pouvoir réviser votre jugement à l'écoute de cet album de Big Ball. Parce qu'ici, en plus du mimétisme (le mot est faible) au niveau musical, on a en plus droit à une véritable copie de Brian Johnson au chant, mixé avec une louche d'Udo Dirkscneider. Vu la façon dont une partie de la presse s'est pignolée à la sortie du premier album d'Airbourne, on aurait pu s'attendre au même accueil cette fois, pourtant c'est loin d'être le cas. Deux explications : déjà, ici, on n'est pas chez Roadrunner et son armada promotionnelle, mais chez les discrets d'AFM. Difficile de leur reprocher quoi que ce soit d'ailleurs, puisque le groupe (façon de parler) ne semble pas vraiment disposé à jouer le jeu de la promo : obtenir des informations fiables sur ce projet est une véritable gageure, au point que je n'ai même pas réussi à vous retrouver le nom des musiciens ! De plus, Airbourne est originaire d'Australie, c'est cool, ça fait fils spirituel d'AC/DC ; alors que là, Big Ball nous vient d'Allemagne, c'est tout de suite moins exotique. Sans oublier le poids de l'histoire : la jeune génération est peut-être plus intéressée par les iPhone et les jeans slim, mais il ne faudrait pas oublier les graves événements survenus au siècle dernier. Et les Allemands, on va pas leur pardonner de sitôt Seville 82 et l'attentat de Schumacher sur Battiston, c'est moi qui vous le dit. Non mais sans blague…

Blague à part, pas évident de trouver quelque chose d'intéressant à raconter à propos de Hotter Than Hell tant celui-ci se borne à n'être qu'un simple hommage sans ambition à AC/DC. La production ? Impeccable, avec une restitution parfaite du son des frères Young, mais aussi du rendu des chœurs sur les refrains. L'humour ? Forcément lourdingue, un simple coup d'œil à la liste des titres suffit à s'en convaincre ("Porno Lisa", "Hotter Than Hell", "Hell Whores & High Heels"…). Le style ? Mid tempo pardi, on parle du AC/DC style baby ! Sans compter les touches bluesy ou boogie sur certains titres, histoire d'être encore plus fidèles au modèle. Devant tant de similitudes, c'est presque un miracle de ne relever aucun emprunt hyper flagrant (comprendre : à la Gamma Ray) sur cet album. Seule (légère) différence avec les Australiens, Big Ball rechigne moins à aller taquiner du tempo un peu plus rapide de temps en temps. Sans taper dans le rythme effréné d'un "Riff Raff" (qui restera de toute façon comme un OVNI dans la carrière d'AC/DC), "Big Ball Crew", "Killdozer", "Plugged In" ou "Riding With the Devil" sont plus véloces que l'écrasante majorité des titres proposés par les Boys depuis 30 ans. Par contre, Hotter Than Hell s'écrase direct sur l'écueil qu'avait toujours su éviter AC/DC jusqu'à Black Ice : quand on n'a qu'un seul style de morceau à proposer, on n'en colle pas 13 sur un album. Sinon bonjour l'indigestion sur la fin, même avec seulement 47 minutes au programme.


«Si vous pensez qu'AC/DC craint, alors vous nous détesterez aussi !», nous prévient Big Ball sur son site. C'est exact, mais dans le cas inverse, ça marche déjà moins bien : si vous aimez AC/DC, vous trouverez sans doute que c'est un peu trop facile de repomper la recette de A à Z. Alors soyons cohérents, et reprenons la jurisprudence Infernoise (chronique ici) : quelques points pour une poignée de morceaux plutôt sympa, et une grosse pénalité pour le manque d'intérêt évident de la chose. Parce que faut pas déconner non plus : même si c'est pas trop mal fait, à quoi bon perdre son temps (et son argent) avec un tribute-band ?


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