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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2010
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-ArthUr
(chant+saxophone)

-KeUnI
(guitare)

-M'rEj
(basse+claviers)

-UvE
(guitare+percussions)

-SnEy
(batterie+percussions)

TRACKLIST

1)Intro
2)Broadcast Scourge
3)Rotating Corpse
4)Answer to a Demographic Breakdown
5)Costume That Breaks the Man
6)Under the Scwharzschild Radius
7)Interlude 1
8)The Human Capital
9)Bastards
10)Interlude 2
11)Bruised Soul, Disposable Brain

DISCOGRAPHIE


Krashtest - Neverending Boxes




Formation basée au Chesnay (Yvelines), Krashtest prétend « avoir été éduqué en plein boom de la connerie humaine, ses membres n’aspirant qu’à une chose : atteindre un niveau de conscience totalement démentiel qui leur permettrait notamment de déféquer en public d'une manière parfaitement cynique tout en remangeant leurs propres excréments, ou encore trouver des termes pluri-syllabes pour décrire l’incroyable génie de ses compositions sans rigoler ». Hé ben ça commence bien...


Fort heureusement, l'opener sobrement intitulé "Intro" remet les pendules à l'heure. Car si la biographie du groupe (dont l'introduction de cette chronique n'est qu'un maigre extrait) laisse entendre que l'on a affaire à un énième groupe de grind (surtout lorsque l'on sait que certains membres sont affiliés à l'infâme et hilarant combo répondant au doux nom de Prostator), ce morceau prouve fort heureusement le contraire. Guitares lourdes, rythme lent et et basse groovy, hurlements noyés, le tout suivi d'un break encore plus lourd et pétri de groove lancinant, voilà qui s'avère fort rassurant. Mais qu'en est-il du reste de ce Neverending Boxes ? Que propose donc ces visiblement bien allumés musiciens de Krashtest ?

"Broadcast Scourge" y répond en partie avec son ambiance entre Meshuggah et Fear Factory. Guitares et grosse caisse sont soudées dans des salves bourrines, soutenues par une basse dont le maître mot est « groove ». Les cassures rythmiques sont de la partie donnant une impression de déstructuration qui sonne plutôt maîtrisée. Voilà un groupe qui de prime abord ne fait pas vraiment dans la dentelle et pourtant, l'arrivée d'un saxophone aux mélodies orientales vient changer la donne, évoquant tout de suite l'intervention d'un Matthieu Metzger sur Deviant Current Signal d'Hacride. Avant que le groupe ne rempile sur un riff thrash et ne continue sur sa lancée, semblant évoluer sans cesse dans ses rythmes et riffs.

Niveau son, on a affaire à une autoproduction de fort bonne qualité même si sonnant parfois un peu étouffée (une impression aidée par le chant constamment distordu d'Arthur qui manque hélas de variété), chaque instrument étant bien intégré dans le mix, tant les guitares et le chant que la section rythmique, de même que les improbables interventions de claviers (l'orgue hammond jazzy et décalé à souhait sur "Under the Schwarzschild Radius" en tête). Si les différents titres s'avèrent variés à souhait dans leurs structures et riffs, ils restent toutefois ancrés la plupart du temps dans une continuité pas loin de la monotonie, heureusement rarement atteinte, grâce à des breaks soit improbables (le passage free jazz de "The Human Capital") soit plus que réussis ("Costume That Breaks the Man").

En effet, s'il est difficile de rentrer dans l'univers du groupe, celui-ci sait ajouter des éléments pour faciliter (un peu, mais pas trop) la tâche à l'auditeur. Ainsi, les éléments orientaux (principalement les mélodies du saxophone) et les différentes parties de percussions aèrent les compositions et permettent une meilleure immersion (introduction de "Costume That Breaks the Man"), de même que les deux interludes instrumentaux ou encore les incursions de samples assez débiles en introduction de certains titres. On navigue donc entre sérieux et déconnade plutôt bien maîtrisée, où la question « Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?» est immédiatement suivie d'un hochement de tête d'approbation au rythme d'un riff qui fait mouche ("Bastards" et son aspect rock'n roll/fusion réussi).


Voilà donc un album assez opaque de prime abord, où des écoutes prolongées se voient nécessaires avant de rentrer peu à peu dans cette musique bâtarde. Le parti pris était risqué mais s'avère au final fonctionner fort bien. Reste un côté encore parfois trop uniforme dans un tel bazar musical qui peut lasser à la longue. Toutefois, Krashtest s'en sort avec les honneurs et s'avère être un groupe à surveiller.


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