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CHRONIQUE PAR ...

71
Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juillet 2010
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Jamil Pannee
(chant)

-Jonas Pannee
(guitare)

-Carlos Ibarra
(guitare)

-Erik Ward
(basse)

-Gustaf Albinsson
(batterie)

TRACKLIST

1)A Lovely Breed
2)Chuck Noir
3)Tunnel
4)(blank)
5)Isaul
6)Radio Magellanes
7)Technical Difficulties
8)Unlesh the Kuru
9)E=MC2 (kaospilot)

DISCOGRAPHIE


No Hawaii - Snake My Charm
(2010) - hardcore postcore barré progressif - Label : Parallel Music




Ecouter Snake My Charm peut être facile. Un album hardcore/postcore un peu expérimental, qui multiplie les superpositions d'idées voire de style. Qui cherche des structures différentes, qui se veut en dehors des sentiers battus, qui affirme un son et une atmosphère. Le respect de la démarche va quasiment de soi. Pas évident pour autant, peut-être, d'adhérer immédiatement et surtout émotionnellement à ce mix un peu… bizarre.


Snake My Charm est un album… intéressant… versatile… inattendu par bien des aspects. Le son est sulfureux, l'ambiance magmatique, de la lourdeur du magma froidissant, chaleur épaisse et gluante qui n'écrase ni n'abrutit. Avec un côté granuleux, un peu rauque et parfois même un peu cheap. L'écouter à trente-cinq degrés Celsius au soleil, et c'est comme si le propos de No Hawaii prenait d'un coup son sens. Ni brûlant, ni étouffant, il s'accorde avec une sensation de chaleur diffuse et omniprésente qui semble naturelle, à température égale au corps. On touche étrangement à la consistance organique et parfois même animale des compositions au-delà du constat intellectuel. Constat qui établit clairement que No Hawaii suit avec Snake My Charm une démarche singulière si ce n'est originale. No Hawaii expérimente autour d'un style hardcore déconstruit et dépiécé, qui se prête parfois aux plages étendues du postcore sans en respecter durablement les codes, aux mélopées sous crack, qui s'écorche toujours pour gueuler salement, qui trip les cassures et assène les coups pour alimenter un mini tourbillon d'imprévisibilité. Sans oublier un certain sens de la mélodie, présent à sa manière sur chaque morceau. Le tout pourra sembler un peu diffus lors de l'écoute des premiers titres car No Hawaii entame dès "A Lovely Breed" sa course dense et pesante, en ouvrant les hostilités d'entrée de jeu, sans sas de transition.

Et c'est lorsque que l'on croit avoir compris, que l'on pense avoir apprivoisé leur manière de saturer, de cracher, de rompre les rythmes des basses et de chanter à la mort que l'on se prend "Radio Magellanes" dans la gueule. Littéralement, avec violence. Ce chant latino échauffé et bouillonnant, sur rythmique endiablée, sur blast amélioré de caisse claire en rafales. A servir ensuite avec un discours philosophique à diffusion radiophonique, sur un fond musical éthéré dont Isis s'est montré spécialiste. No Hawaii poursuit tout du long son chemin à travers les patterns ressentis et bien sentis, les riffs bien trouvés. Dix minutes de douce aliénation mentale dont se délecter. Pour autant on reste toujours en deçà de la folie démesurée ou de l'expérimental rébarbatif. C'est la déstructure gardant la forme, préservant un fil de logique. Tenant la laisse à des hurlements trop barbares. No Hawaii sait trouver la phrase qui accroche et le bout de rythme qui ira parfois jusqu'à enthousiasmer, les tonalités qui tombent correctement à côté, les sons électro salement parasités pour garder glauque sans basculer malsain. "E=MC2 (kaospilot)" nage en eaux troubles luminescentes. "(blank)" se suffit à jouer autour de quelques accords rallongés, à s'étendre sur un rythme batterie électro parasité. "Technical Difficulties" se cale sur un rock-bossa vieille version, vieux son, pas net dans tous les cas.


Snake My Charm s'ouvrait sur trois titres terribles, compacts et ambigus. Il se poursuit étonnamment en multipliant les ouvertures et les sauts d'humeurs, de style. Assurément, les Suédois de No Hawaii ont réussi à faire quelque chose de réellement différent, à imposer une patte lourde et singulière sur leur base hardcore. Singulière… et réussie.


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