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CHRONIQUE PAR ...

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Ronnie
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juillet 2010
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Zuberoa Aznárez
(Chant)

-Adrián M. Vallejo
(Guitare, Chœurs)

-Gorka Elso
(Chœurs, Claviers)

-Xabier Jareño
(Batterie)

TRACKLIST

1)Renaissance
2)Come to Paradise
3)Nocturnal Flowers
4)Evolution's Whim
5)New Era
6)Lies in your Eyes
7)Lonely Soul
8)The Seventh Gate
9)Ishtar
10)Under the Shadow (of a Butterfly)
11)Beyond Infinity
12)The Forest of Ashes
13)St. Michael's Nightmare

DISCOGRAPHIE

Secrets (2010)
The Wanderer (2012)
Argia (2014)
Dirge for the Archons (2016)

Diabulus In Musica - Secrets



L'Espagne remporte sa première coupe du monde, il est temps que l'on parle d'eux, allez hop, ça motive à chroniquer un groupe ibérique. Diabulus In Musica évolue dans un metal symphonique avec des éléments gothiques, mais avec un registre tout de même très ouvert. Comme beaucoup de groupes me direz vous, ce sont les modes, c'est hype etc. Chacun y va de son petit groupe, mais là, nous sommes largement au-dessus du lot, pourtant il ne s'agit que d'un premier album. Secrets va faire plaisir aux amateurs du genre, ce dernier renferme quelques bijoux.

Diabulus In Musica (qui désigne l'intervalle de quarte augmentée, ou encore de quinte diminuée, chose absolument proscrite au Moyen Âge, ce qui vaut au triton cette appellation), fait les choses bien puisqu'il s'agit réellement de ce que l'on peut qualifier de metal symphonique. Les guitares ne sont pas là uniquement pour rajouter un peu de puissance aux orchestrations, mais jouent un réel rôle d'instrument avec des riffs intéressants et proposent des mélodies complémentaires aux orchestrations lorsqu'elles sont couplées. La batterie quant à elle, mixée de façon très puissante, sans être ultra triggée apporte aussi sa touche et sa personnalité et surtout une pêche indéniable. Diabulus In Musica a su créer une musique très personnelle en s'inspirant du meilleur de nombreux groupe, mais sans jamais tomber dans la re-pompe, il ne s'agit que d'influences lointaines qui sont décelables parmi leurs propres idées. Les liens avec Epica (surtout avec Epica d'ailleurs) sont nombreux, musicalement d'une part : des orchestrations, des mélodies assez catchy, des rythmiques énervées et puissantes, un partage du chant mezzo-soprano féminin et grunts masculins. Et surtout le son, il a été mixé par Ad (ex-Epica, qui a préféré se concentrer sur son travail d'ingé-son) et enfin le mastering a été réalisé par l'increvable Sascha Paeth...Deux tâches similaires aux Hollandais. Mise à part la forme qui est quasi identique, le fond est différent, il est très personnel et la comparaison s'arrête là, car musicalement les différences sont très nombreuses dès lors que nous nous penchons sur le sujet.

L'autre influence que nous pouvons déceler est celle de Therion «nouvelle période» c'est-à-dire depuis Gothic Kabbalah, pour le type d'orchestration et un partage du chant assez important en effet nous trouvons la soprano Maite Itoiz (John Kelly & Maite Itoiz) et le tenor Ariel Hernández (Spanish National Choir) qui participent à presque tous les morceaux en plus de la chanteuse du groupe (à la tessiture déjà importante), ainsi qu'au guitariste et au claviériste qui balancent grunts et growls, aux moments opportuns. C'est donc un partage intelligent qui rend chaque partie unique et réellement soutenue par là où les voix nécessaires. Ce n'est pas fini dans le mix des groupes, qui constitue les influences : "The Forest Of Ashes" fait instinctivement penser à Tristania, principalement vocalement, parties qui auraient pu être assurées par Videke tellement le travail vocal sur cette piste est proche. "Lonely Soul", la ballade de l'album possède (malheureusement) des accents de..."Eva" de Nightwish, surtout sur son début et ça, pour la crédibilité, ce n'est vraiment pas bon! C'est d'ailleurs dommage que le format et certaines mélodies des chansons soient parfois un peu trop pop, principalement sur la première partie de l'album ("Nocturnal Flowers" et "Evolution's Whim" en tête). Le groupe ne rentre pourtant pas dans le format radio, autant dans son schéma de composition que dans ses idées. Et surtout à aucun moment le groupe ne se perd dans une forme ridicule de sur-enchère vocale ou orchestrale.


Nous sommes loin des groupes mielleux, qui utilisent des orchestrations et des vocalises aiguës en tant que cache-misère, le fond est bel et bien la musique, le fond est bel et bien le metal, avec des arrangements judicieux et des orchestrations magnifiques. Un album fortement varié, misant sur l'émotion et des compositions solides.« Chouette découverte» vous dis-je.


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