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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 02 août 2010
Sa note : 15/20

LINE UP

-Olof Wikstrand
(chant)

-Adam Zaars
(guitare)

-Joseph Tholl
(guitare)

-Tobias Lindqvist
(basse)

-Jonas Wikstrand
(batterie)

TRACKLIST

1)Midnight Vice
2)Roll The Dice
3)Katana
4)Running In Menace
5)High Roller
6)Diamonds
7)Live For The Night
8)Nightmares
9)Walk With Me
10)Take Me To Hell

DISCOGRAPHIE

Into the Night (2008)
Diamonds (2010)
Death By Fire (2013)
From Beyond (2015)
Zenith (2019)

Enforcer - Diamonds
(2010) - heavy metal NWOBHM - Label : Earache Records



«La nostalgie est un sentiment comprenant souvent une mélancolie accompagnée d'un envoûtement par rapport à des souvenirs souvent liés aux lieux de l'enfance qu'on évoque à travers une jouissance qui est douloureuse.» nous apprend Wikipedia, qui précise : «La plupart du temps, ce sentiment est provoqué suite à un manque d'une certaine époque que l'on a vécue et que l'on a apprécié vivre ou que l'on se plait bien à croire agréable a posteriori.» C’est dans ces derniers mots que s’explique certainement la démarche d’Enforcer, groupe d’ados Suédois qui joue une musique plus vieille que ses membres.

En effet Enforcer fait parti aux côtés de combos tels que White Wizzard ou Cauldron de ce qui semble devenir une vague de très jeunes groupes qui rendent hommage au heavy metal des années 80 dans sa forme la plus pure. Un heavy metal d’école, classique, que les musiciens d’Enforcer n’ont pu découvrir que de nombreuses années après son âge d’or. Le chanteur et leader du groupe Olof Wikstrand par exemple est né en 1986, soit plusieurs années après l’essor de la New Wave Of British Heavy Metal qui est sans conteste l’influence principale de son groupe. C’est surtout au Iron Maiden des tous débuts que l’on pense tout au long de l’écoute de Diamonds, le Maiden période Paul Di’Anno des deux premiers albums voire celui des titres les plus old school de Number of the Beast comme "Invaders". Les riffs mélodiques, les harmonies de guitare, la basse bien ronde et très présente (qui n’abuse pas cependant du tagada tagada estampillé Steve Harris), le jeu de batterie simple et direct plus proche de Clive Burr que du plus technique Nicko McBrain, le son vintage aux antipodes des grosses productions aseptisées actuelles, le chant mélodique particulièrement aigu (on pense plus à Bruce Dickinson voire au Rob Halford des débuts qu’à Paulo Di’Anno à ce niveau là), les compos courtes et rentre dedans … tout est là.

Difficile donc de ne pas penser à Maiden dès l’introduction du premier titre "Midnight Vice", tant celle-ci évoque "The Ides of March" qui ouvrait Killers, second opus de la Vierge de Fer. Un album dont le souvenir revient particulièrement souvent à l’esprit à l’écoute de Diamonds. Après son introduction, le tempo effréné de "Midnight Vice" évoque d’ailleurs fortement "Murders in the rue Morgue". Un excellent refrain achève de faire de ce titre un opener parfait. On retrouve les mêmes caractéristiques (tempo très rapide, influence Maiden très marquée) sur "Roll The Dice" avec presque autant d’efficacité, et un break aux guitares harmonisées typiques. Le tempo reste presque tout le temps rapide, comme le prouvent les efficaces "High Roller" ou "Live for the Night", ou surtout l’excellent "Nightmares" aux lignes de chant à hurler devant son miroir, une guitare en carton à la main. Lorsque le groupe baisse légèrement le tempo comme sur "Running In Menace", un excellent refrain renforcé de chœurs et de wohohos compense largement la baisse d’énergie dégagée. A noter un titre moins direct et plus épique, "Katana" qui pêche au niveau efficacité malgré un long passage instrumental bourré de duels de solos. Quant à l’instrumental "Diamonds", c’est bien sur au "Transylvania" du premier Maiden qu’il fait penser.


Vous l’aurez compris, non seulement Enforcer n’invente rien mais les Suédois plagient carrément et ouvertement Iron Maiden sur Diamonds. Pourtant il est impossible de condamner le groupe tant cela est fait avec talent et avec la fougue de la jeunesse. Le résultat est finalement très rafraichissant en remettant au gout du jour une musique que la Vierge de Fer elle-même ne joue plus, son évolution l’ayant éloigné du son NWOBHM primaire. Un peu comme Airbourne avec AC/DC, Enforcer fait du Maiden mais le fait bien.


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