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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 03 août 2010
Sa note : 8/20

LINE UP

-Jeff
(guitare+chant)

-Regis
(batterie)

TRACKLIST

1)Part I
2)Part V
3)Electric Funeral

DISCOGRAPHIE


Surtr - Surtr (EP)
(2010) - doom metal - Label : Autoproduction



Il était bien sympa ce représentant du petit label indépendant Union des Musiciens Pourris. Avec son enveloppe kraft, qu’il m’a glissé sous la table, son petit air qui en disait plus long que n’importe quel discours. J’approuvais, j'adhérais même. Comment faire autrement ? Ma femme veut s’acheter une nouvelle bague. Je savais que j’aurais du me méfier de mon majordome, qui nous regardait tout sourire. Alors voilà, je dois prouver que les Éternels ne sont pas corrompus et ne mettent pas que des bonnes notes contre monnaies sonnantes et trébuchantes.

Venant de Lorraine, Surtr nous propose sa première demo éponyme avant la sortie d’un album en 2011. Les deux premiers morceaux seront présents sur ce futur disque, qui sera un album concept dont on ne sait rien pour le moment. Ces deux titres, qui durent dix-sept minutes au total, ne sont pas folichons et ne promettent rien de bien excitant. Du doom à l’ancienne, sans fioritures. Manque de moyens ou sympathisants d’une idéologie punk DIY, Surtr dispose d’un son cru et qui sent bon l’huile de garage. Le frappé sec de la batterie se marie avec le son sale de la guitare. Notons que bien que crade, la production n’est pas mauvaise. Tout cela est bel et bien bon et à mettre au crédit de Surtr, mais une esthétique rock’n’roll ne suffit pas à faire un bon disque si les compositions ne suivent pas.

Et là surgit l'écueil. Est-ce mauvais ? Non, mais mon Dieu que c’est générique. Des plans bateaux, un même riff qui peut se retrouver sur les deux titres, une batterie en pilotage automatique, aucun arrangement (comment cela pourrait-il être possible avec une guitare et une batterie ?), une reprise de Black Sabbath exécutée avec une application toute scolaire. Peu de chant, et heureusement car Jeff est un mauvais chanteur, symbiose entre un chat enroué et une crécelle. Autant donc dire qu’on se fait vite chier, et que la fin du disque est accueilli avec un bonheur certain, et l'idée qu’on ne le relancera pas de sitôt. Parce que c’est peut-être classique pour du true doom, mais qu’est ce que c’est chiant.


Ne nous attardons pas plus, Surtr n’en vaut, pour le moment, pas la peine. Du doom exécuté avec des moyens dérisoires, pour un résultat qui l’est tout autant. Cela plaira aux aficionados et intégristes du genre, mais pas à ceux qui recherchent quelque chose d’un tant soit peu intéressant.


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