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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 06 septembre 2010
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Greg
(chant)

-Mathieu
(guitare)

-Manu
(guitare)

-Pierre
(basse)

-Joe
(batterie)

TRACKLIST

1). . ....
2)Run to Live
3)Child
4)Boundless
5)Vortex
6)Double Edge
7)Dear Mum

DISCOGRAPHIE


Emia - Run To Live (EP)
(2010) - ambient metalcore - Label : Autoproduction



Après une démo (agrémentée d'un DVD live) chroniquée en 2009, les Toulousains d'Emia reviennent à la charge avec ce premier EP. Les ingrédients n'ont pas changé : gros son, guitares légèrement crades accordées très bas, cassures rythmiques, très grosse basse qui épaissit le son au maximum, chant hurlé possédé et protéiforme... Emia nous présente un monde très torturé de prime abord agrémenté de passages mélodiques et aériens qui viennent complexifier le tout. Si les noms Fear Factory, Slipknot, Hacride, Opeth et Mudvayne vous parlent, lisez cette chronique...


La caractéristique la plus frappante chez Emia est probablement le niveau de leur batteur, qui envoie du très gros à la double pédale. Qu'il s'agisse de rythmiques en salves à la Raymond Herrera (écoutez le beatdown de "Run to Live") ou de blast-beats inspirés death metal, le tout est carré à l'extrême et impressionne l'auditeur par son côté compact et hystérique. La voix se place généralement dans une mouvance deathcore mais sait moduler quand il le faut, basculant ici et là dans un parlé-chanté imprécatoire qui rappelle sur "Boundless" les performances de Corey Taylor sur Vol 3 : The Subliminal Verses. Ces ruptures de ton sont à placer dans un schéma d'ensemble : malgré leur apparence de gros bourrins, les musiciens d'Emia truffent leur musique de plans ambiancés créant des atmosphères soit dépressives, soit contemplatives. Et ils savent varier les approches : les nappes de guitare en trémolo du break "Run to Live", le plan aérien à la Opeth de celui de "Child", les arpèges en delay, les harmonies et le feeling oriental de l'intro de "Boundless", la guitare acoustique qui ouvre et clôt "Dear Mum"... autant de moyens différents mis en oeuvre dans le même but, à savoir casser la linéarité du tout. Et vu qu'aucun enchaînement ne tombe à plat sur l'album et que toutes les transitions sont réussies, ça s'annonce plutôt bien sur le papier.

Contrairement à trop de groupes ayant un batteur doué de ses pieds, ils n'abusent pas des rythmiques en salve. Ils savent développer un groove écrasant lors des beatdowns ("Run to Live" / "Boundless"), créant par la même des plans qui peuvent énormément respirer. Leur sens de la déconstruction rythmique est également digne d'éloges : le couplet de "Child" et ses mesures tronquées collera la gaule aux fans de Hacride, Klone et Mudvayne... et leur fera froncer les sourcils quand ils retrouveront presque le même sur "Vortex". Cette reprise de formule telle quelle fait tache sur l'album, mais n'est pas le problème principal... à savoir une tendance à étirer les chansons inutilement. Qui dit approche ambiancée dit compos plutôt longues, mais ici ce sont les répétitions de plans qui finissent par lasser. "Child" a beau être rattrapé par son outro arpégée à la Opeth (avec une batterie jouissive de finesse), il n'empêche que la chanson fait encore une bonne minute de trop. Cette tendance à la longueur a aussi pour effet pervers de perdre l'auditeur : "Vortex" a beau être une compo plus catchy que les autres, elle ne présente pas de réel fil rouge et on ne sait pas trop où tout ça veut aller... en gros quand le groupe veut sortir des plans accrocheurs il semble ne pas assumer sa démarche, comme sur "Double Edge" qui aurait pu être un gros tube violent et groovy mais retombe dans le piège du riff à trous sur batterie décalée. Dommage !


Carré, violent, inventif, extrêmement bien joué, bénéficiant d'un son éléphantesque... ce premier EP d'Emia a de quoi séduire. Malheureusement le groupe manque encore de maturité et doit apprendre à faire le tri dans ses idées, ainsi qu'à se débarrasser de certaines influences encore trop présentes. Il suffit de voir le nombre de groupes cités dans cette chronique pour comprendre ! Quoi qu'il en soit tout ça est prometteur, et on attendra Emia au tournant pour la suite.


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