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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Blackheim (tout)

+ Dan Swanö en guest

TRACKLIST

1)Astray Within The Coffinwood Mill
2)The Puzzling Constellation Of A Deathrune
3)Ravenclaw
4)The Walk Of The Hunchbacked
5)Cloaked By The Moonshine Mist
6)Across The Open Vault And Away...
7)Hater
8)The Blazing Demondome Of Murmurs And Secrecy
9)Upon The Salty Wall Of The Broody Gargoyle

DISCOGRAPHIE


Diabolical Masquerade - Phantom Lodge
(1997) - black metal - Label : Adipocère



Il n’y a pas besoin d’aller chercher bien loin pour tomber sur un génie de black/dark metal. Après un premier album underground inspiré d’un sauvage accent heavy et brutal black/dark (Ravendusk In My Heart), le dieu Blackheim remet le couvert un an après avec une des meilleures réalisations que Diabolical Masquerade aura produites sur les quatre qui seront présentées au total par le combo de 1996 à 2001. Diabolical Masquerade est une entité particulière, menée de front par Blackheim, maître à penser et multi instrumentiste de ce projet, particulièrement douée pour développer une musique agressive, personnelle, mais aussi et multi influences, des riffs médiévaux au thrash racé et pur des années 90’.

Et puis Blackheim pénètre les oreilles de l’auditeur par un son particulièrement accrocheur, très thrash, incisif, autant sur l’excellent "Hater" comme sur "Upon The Salty Wall Of The Bloody Gargoyle". Les guitares sont particulièrement bien mises en avant, et le chant de Blackheim, simplement un des meilleurs chants extrême que j’ai jamais entendu, se fait hargneux, sans réelle concession. Seuls quelques hurlements heavy prodigués par Dan Swanö en personne viennent ajouter une touche un peu plus fun. Pour avoir repris moi-même "Hater", aussi reprise de temps en temps par Katatonia en concert (groupe de Anders Nystrom alias Blackheim), il est difficile de trouver plus pêchu en moins de deux minutes trente.

Mais Diabolical Masquerade est avant tout une entité d’obédience black metal, celui des années 90’, né au même moment que celui de Ancient et compères. On écoutera alors avec délice les premières notes de "Astray Within The Coffinwood Mill", influencé par un thrash tordu, T"he Puzzling Constellation Of A Deathrune", très bon mélange entre black rapide et mélodique et passages plus lourds et hurlés, et encore "The Blazing Demondome Of Murmurs And Secrecy", tout simplement evil avec un passage vocal des plus excellents. Et puis bon, les ambiances de châteaux, de démons et tout simplement d’assauts de violence sont tout simplement délectables. Blackheim ne dit jamais non à quelques claviers bien sentis ici et là pour aérer la chose, pour lui donner une ambiance plus sombre et inatteignable. Cela se sent bien sur le monstrueux et exemplaire "The Walk Of The Hunchbached", à partir de la deuxième minute avec un piano suivi d’un son atmosphérique propre à Diabolical Masquerade, présent sur tous les albums. Les deux premières minutes sont un enchaînement de quelque chose de tellement rapide que cela en devient indéterminable, tant au niveau des guitares que des paroles, dévalant la pente à deux cent à l’heure.

Ce que l’on aime aussi chez Diabolical Masquerade et particulièrement sur cet album, c’est à la fois cette puissance démonstrative, simplement inébranlable, et aussi cette souplesse délicate à amener des ambiances plus atmosphériques interprétées par des guitares sèches ("Cloaked By The Moonshine Mist"), le clavier ("The Blazing Demondome Of Murmurs And Secrecy"), et des flûtes ("Ravenclaw", "Cloaked By The Moonshine Mist"). Il ne faut d’ailleurs pas passer à coté de "Ravenclaw", axé sur une percussion médiévale simple mais fondatrice de la composition dans son ensemble. Huit minutes de rythmiques mélodiques mid tempo suivent, et ce dans la plus pure tradition métallique de la seconde vague metal. Histoire de me répéter, le chant de Blackheim a tout ce que l’on peut attendre de vocaux extrêmes gravillonneux, à la fois hurlé et réfléchi. Les quelques passages sombrement narrés dégagent ce qu’il faut de pénombre et de frayeur dans cet ensemble agressif.


Bref, le monde de Diabolical Masquerade est un monde à part entière, aucun métalleux ne saurait démonter ce que ce groupe a écrit avec cet album, mélangeant selon certains du Celtic Frost avec les tendances black metal de l’époque, le tout trempé dans du sang de thrasheur de première classe. Loin de la scène black underground, tout simplement inspiré et ouvert d’esprit, The Phantom Lodge marque l’apogée de Diabolical Masquerade, regretté aujourd’hui.


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