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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été mise en ligne le 09 octobre 2010
Sa note : 17/20

LINE UP

-Eddie Vedder
(chant+guitare+accordéon)

-Stone Gossard
(guitare)

-Mike McCready
(guitare)

-Jeff Ament
(basse)

-Dave Abbruzzese
(batterie)

-Jack Irons
(batterie)

TRACKLIST

1)Last Exit
2)Spin the Black Circle
3)Not For You
4)Tremor Christ
5)Nothingman
6)Whipping
7)Pry, To
8)Corduroy
9)Bugs
10)Satan's Bed
11)Better Man
12)Aye Davanita
13)Immortality
14)Hey Foxymophandlemama, That's Me

DISCOGRAPHIE

Ten (1991)
Vitalogy (1994)
No Code (1996)
Yield (1998)
Binaural (2000)
Riot Act (2002)

Pearl Jam - Vitalogy
(1994) - rock - Label : Epic Records



1994, la scène grunge est secouée par la mort de Kurt Cobain, Eddie Vedder le premier (il dédicaçait déjà "Go" à Kurt en concert). Et forcément, cela se ressent sur Vitalogy. Très différent sur la forme de ses glorieux prédécesseurs, Vitalogy est empreint d'une noirceur comme jamais on n'en retrouvera dans la discographie du groupe. Il est le plus rentre-dedans des albums de Pearl Jam, celui qui joue également le plus sur les contrastes puisqu'on y passe du coq à l'âne.


A priori moins ambitieux que Ten et Vs., Vitalogy déconcerte avec ses guitares bruyantes (à la fin de "Not For You", sur l'intro d'"Immortality" et de "Better Man"), son propos minimaliste (le riff de "Tremor Christ"), certains intermèdes pour le moins incongrus et même son artwork, plutôt sobre ce qui n'empêche pas que l'édition digipack soit superbe, avec un livret soigné. Pearl Jam était un des premiers groupes à accorder autant de soin à ses formats digipack. L'album démarre avec deux titres rapides et directs : "Last Exit", après une courte intro jazzy, a un parfum « 60's » (rien que le rythme de batterie déjà) et "Spin the Black Circle" sonne carrément punk, c'est certainement le titre le plus puissant et agressif de tout le répertoire de Pearl Jam ! Impressionnant ! Et ce n'est que le début !

Sous ses aspects austères (le déprimant "Tremor Christ", l'excellent "Not For You", rageur, avec ses montées d'adrénaline, probablement une des plus grandes performances d'Eddie Vedder), Pearl Jam n'a rien perdu de sa faculté à pondre des hits à la chaîne. Déjà, le grunge-rock classique et efficace de "Corduroy" vient rappeler que, sur le fond, Vitalogy s'inscrit dans la lignée des albums précédents. Seule la forme change. Avec le très rock "Satan's Bed", son ambiance "western" et son riff "à la Beatles", Pearl Jam ne fait que poursuivre le travail déjà entamé avec des titres comme "Rearviewmirror", qui possédait déjà un riff très « 60's ». Si "Whipping" et "Spin the Black Circle" envoient du bois, cette cascade d'agressivité se ressentait déjà sur Vs., avec les "Rats", "Go" et "Blood", même si sur Vitalogy, elle est carrément décuplée. Vs. se situait finalement à mi-chemin entre la perfection mélodique de Ten et la hargne presque punk de Vitalogy.

Quelques intermèdes pour souffler un peu, cela permet de renforcer l'atmosphère lugubre du disque et de montrer différents visages de Pearl Jam avec le funky "Pry, To", "Bugs" à l'accordéon (une complainte sur laquelle Eddie Vedder donne l'impression de vouloir mettre fin à ses jours) et le planant "Aye Davanita". Etonnant aussi la façon dont les guitares sonnent, désaccordées et bruyantes sur certains passages : la fin de "Not For You", l'intro d'"Immortality" et le délire bruitiste final à la Sonic Youth, "Hey Foxymophandlemama, That's Me", marquant l'arrivée de Jack Irons derrières les fûts. C'est le seul morceau où il joue, Dave Abbruzzese est présent sur tous les autres titres.

Et que dire des ballades de Vitalogy ? Sans conteste ce que Pearl Jam a fait de mieux en la matière ! L'oublié "Nothingman", l'inévitable "Better Man", saupoudré de claviers sur son démarrage très calme, Eddie Vedder sort la belle voix accompagnée d'arpèges légers... frissons garantis. Dans le genre pop, on peut difficilement faire mieux ! Incompréhensible qu'il n'ait pas été diffusé à la radio en France alors qu'aux USA, ce hit passe à toutes les heures. Et "Immortality"... ah, "Immortality", je la veux pour mon enterrement celle là ! Avec "Better Man", c'est un sommet d'émotions, une superbe ballade électro-acoustique sur lequel il convient de souligner le travail d'orfèvre de Dave Abbruzzese, méticuleux comme jamais pour son dernier album avec Pearl Jam.


Vitalogy a une âme et combine avec brio les hits, les titres bruyants et expérimentaux, les ballades et les titres plus bourrins. Un album vraiment complet, tout le monde peut y trouver son compte. Avec Dave Abbruzzese derrière les fûts, jamais le groupe n'a aussi bien sonné. Il sera viré après la sortie de Vitalogy... une erreur à mon sens ! Pour la suite de sa carrière, il jouera sur plusieurs albums du guitariste Stevie Salas.


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