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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2010
Sa note : 14/20

LINE UP

-Mike Vennart
(chant+guitare)

-Steve Durose
(chant+guitare)

-Gambler
(guitare+clavier)

-Steven Hodson
(basse+guitare+clavier)

-Mark Heron
(batterie)

TRACKLIST

1)Part Cardiac
2)SuperImposer
3)Build Us a Rocket Then...
4)Oscar Acceptance Speech
5)Ransoms
6)A Penny's Weight
7)Silent/Transparent
8)It's My Tail and I'll Chase It If I Want To
9)Pine
10)SuperImposter

DISCOGRAPHIE


Oceansize - Self Preserved While The Bodies Float Up
(2010) - rock prog post rock - Label : Inside Out Music



Cette année a eu son lot de bonnes surprises prog, mais elle ne serait pas complète sans une bonne vieille gamelle des familles. Et le gagnant de cette édition 2010 est pour l’instant Oceansize ! En effet, Self Preserved While The Bodies Float Up n’a malheureusement rien de la pierre angulaire ni du disque culte. C’est d’autant plus dommage que les musiciens de Manchester avaient jusqu’à présent aligné une discographie parfaitement exemplaire portant fièrement l’étendard d’un rock contemporain et progressif dans son sens le plus noble. Mais que s’est-il donc passé ? Dissection d’une déception.

Avant que les fans du quintette anglais ne décident d’appeler 4chan à la rescousse pour faire imploser la base de données du site, il faut tout d’abord prendre un poil de recul. Non, cet album n’est pas une bouse sans nom ! Même dans la tourmente, Oceansize reste un groupe de qualité(s) mais ces dernières se sont dispersées avec l’orientation « grand public » de ce nouvel album. En effet, Oceansize tente avec SPWTBFU (santé !) une simplification dans le noble but de rendre une copie plus cohérente que par le passé. Si la théorie est aguicheuse, la pratique s’avère pour le moins décevante. Car l’une des grandes qualités de la musique d’Oceansize jusque là était la complexité harmonique composée de multiples riffs alambiqués et de chœurs qui savaient emmener l’auditeur dans un dédale où il adorait se perdre.

Cette vision musicale n’était d’ailleurs pas sans rappeler les Cardiacs période Sing To God où Devin Townsend avec ce goût prononcé pour l’édifice d’un mur sonore qui part dans tous les sens. Mais voilà, le propos d’Oceansize était déjà de simplifier cette approche avec une bonne dose de post-rock et de mélodies accrocheuses bien que souvent atonales comme dans leur modèle. Supprimer encore des couches pour simplifier le tout rend le groupe plus accessible que jamais certes, mais aussi beaucoup plus fade. Des titres comme "Build Us a Rocket…" et "It’s My Tail…" sont assez symptomatiques du problème qui règne ici. Ça a le goût des anciens disques, c’est rapide et énervé mais ça reste plat. Les structures n’étonnent jamais l’auditeur et les guitares sont plus faméliques que par le passé (ou sont passées les références Frippiennes ?). La pilule a vraiment du mal à passer quand on a goûté aux sommets labyrinthiques et puissants que représentent des titres comme "Homage to a Shame" ou "Sleeping Dogs and Dead Lions" présents sur les albums précédents.

Le reste du disque se compose de mid-tempos ou de titres post-rockiens jusqu’à l’os et limitent lénifiants comme l’inutile "Ransoms" qui n’apporte pour le coup vraiment rien à la formule du groupe. Mais comme le rappelle l'introduction, Oceansize est toujours un groupe doué et le prouve par l’intermédiaire du magnifique "Silent/Transparent" qui propose certaines des plus belles mélodies et parties de guitare jamais jouées par le groupe et rentre directement dans le top 5. Mais sorti de ce moment de grâce, les Anglais semblent réécrire Frames en plus simple et souvent moins inspiré. On notera tout de même "Oscar Acceptance Speech" plus intéressant vocalement que la moyenne et proposant quelques petites expérimentations electro-jazzy sympathiques et surtout "Part Cardiac" qui étonne avec son orientation postcore voir sludge, en particulier dans un album plutôt passéiste dans son ensemble. Il est d’ailleurs dommage que noter que "Part Cardiac" ouvre le disque, car son ambiance lourde détonne passablement avec le reste du disque. Difficile d’y trouver une quelconque cohérence quand le but avoué du disque est de tendre vers cet objectif.


Self Preserved While Bodies Float est donc une déception. Mais le groupe avait habitué ses fans à une telle qualité qu’il paraissait particulièrement difficile de ne pas décevoir son public. Cependant, malgré les nombreux points qui chagrineront n’importe quel amateur du groupe, il ne faudrait pas pour autant oublier qu’il s’agit la d’une galette fort honorable qui a des chances de plaire à n’importe quel fan de post-rock contemporain. C’est toujours ça de pris.


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