4320

CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 07 novembre 2010
Sa note : 10/20

LINE UP

-Damnagoras
(chant)

-Aydan
(guitare)

-Raffaello "Rafahel" Indri
(guitare)

-Elyghen
(claviers+violon)

-Gorlan
(basse)

-Zender
(batterie)

TRACKLIST

1)Dawnmelting
2)The Last Hour
3)Silence de Mort
4)The Cabal
5)Runereader
6)Possession
7)Your Heroes Are Dead
8)Those Days
9)This Nightmare Will Never End
10)What's Left of Me
11)The Play of the Leaves

DISCOGRAPHIE


Elvenking - Red Silent Tides
(2010) - heavy metal folk? - Label : AFM Records



Notre petit tour d’Europe de la Folkerie nous l’a montré : chacun pratique le style comme il l’entend Chez les Nordiques, la dimension festive est primordiale, mais encore faut-il l’amener sérieusement, solennellement. Une majesté dont n’ont que faire les Lettons, qui ne prennent pas le temps de lâcher leurs bières pour vous décrire avec force tripes à l’air et membres arrachés leurs récits sauvages et rustiques. Une absence de romantisme et de fantaisie inconcevable chez les Allemands, adeptes à toutes les sauces des claviers tantôt rieurs, tantôt tragiques… Mais tous se rejoignent sur un point : l’amour immodéré de la bourrinade sans complexe.

De fait, on avait presque fini par oublier que le folkeux peut aussi, à ses moments perdus, révéler un être sensible, qui aime gambader dans la nature et porter des pantalons en cuir. Cette frange plus « délicate » de la folkerie, les Italiens d’Elvenking vont tâcher de l’incarner, avec toute la délicatesse qui les caractérise. Mais ils sont malins, ces transalpins, ils savent que les gros bœufs avinés que nous sommes craignent la douche froide, et commencent donc ce Red Silent Tides comme il se doit : par de la double grosse caisse et un bon riff épique de saoulard. Sauf que, très vite, le conteur débarque et là : stupeur ! Quelle est donc cette voix claire qui vient me bercer l’oreille ? Où sont passés les sorcières et les guerriers virils ? Et puis qu’est-ce que c’est que ces refrains sucrés qui auraient tout à fait leur place sur le dernier Frontiers ? Cette modulation finale sur "What’s Left of Me", wahou… c’est du hard ‘80 ou quoi ? Et "The Play of the Leaves", le refrain qui part comme du Goldman… dites, les mecs, vous êtes sûrs de faire du folk là ?

Plus on avance dans le disque, plus il faut se rendre à l’évidence : le groupe a beau s’appeler Elvenking et nous proposer des intitulés comme "Runereader", il porte bien plus sur le « heavy avec instruments traditionnels » que sur quoi que ce soit qui pourrait s’apparenter à Finntroll ou même Mägo de Oz. Mettre du violon un peu partout, c’est bien, mais ça ne fera pas de "The Last Hour" autre chose que du hard FM gentiment burné, bien foutu certes, mais qui porte très mal l’étiquette qu’on lui a donnée. Ça n’empêche pas le disque d’avoir son lot de morceaux sympas, forgés sur des refrains qui font mouche… quand ils le veulent bien, c’est-à dire en début et de fin de parcours. Car passé "Silence de Mort", le groupe se vautre soit dans des facilités ("The Cabal", tellement concentré en saccharose qu’il aurait pu être écrit par The Calling), soit dans des plans inintéressants (les cinq minutes de "Runereader", qui défilent dans l’indifférence la plus totale) avant de se rattraper de justesse sur le duo final. Pas brillant... Restent quelques sections instrumentales où Elvenking tente de justifier son statut folk, mais les plans sont trop passe-partout pour être crédibles.


Le folkeux peut être moins barbare et plus accessible : encore faut-il que ça ne le rende pas passe-partout. Et Elvenking, malheureusement, s’y casse les dents, quand bien même sa musique reste épique et enjouée ; on retrouve la couleur, l’odeur, mais pas l’essence du genre. Et comme même en tant qu’heavy, la musique du groupe reste inégale et bien souvent banale, ça ne fait pas un très beau bilan…


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7