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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 07 novembre 2010
Sa note : 12/20

LINE UP

-Carsten Frank
(chant)

-Stefan Schönebeck
(guitare)

-Tobias Liedke
(guitare)

-Thomas Maiwald
(basse)

-Soren Becker
(batterie)

TRACKLIST

1)Angel of the Fall
2)Emperor of Ruins
3)Humanize the Demon

4)Phobia – Prologue
5)Phobia
6)After the End
7)A Matter of Time
8)From Beyond
9)The Ferryman
10)Schizophrenia

DISCOGRAPHIE

Phobia (2010)

Athorn - Phobia
(2010) - néo metal power metal - Label : AFM Records



Pour un jeune groupe comme Athorn, difficile d'attirer un peu de lumière sur la sortie de son premier album lorsque celle-ci est programmée à la rentrée, période traditionnellement chargée au niveau des sorties metal (et je suis bien placé pour en parler…). Rien que chez AFM, qui n'a pourtant rien d'un mastodonte à la Nuclear Blast, ce n'est pas loin d'une dizaine d'albums qui sont sortis entre septembre et novembre. Athorn a beau tenter de se démarquer en qualifiant son style de « symbionic metal », pas sûr que cela suffise à susciter le buzz…

Dans les faits, le « symbionic metal » est une sorte de croisement entre power metal à l'allemande et neo metal bien troussé. La bio nous cite Nevermore, même si on pense largement autant à ce que proposait Symphorce avant de se vautrer sur Unrestricted. Et comme Symphorce, Athorn s'appuie sur un vocaliste d'un très bon niveau : au gré des multiples pistes de chant, Carsten Frank fait preuve d'une certaine puissance sur les parties agressives, alliée à un chant heavy qui ne quitte que rarement les mediums mais qui reste fort agréable. Le bonhomme se distingue surtout de par la qualité de ses lignes vocales, qui sont pour beaucoup dans la réussite du début de l'album. Prenez "Angel of the Fall" : le couplet et le prérefrain sont très bons, mais c'est lors du refrain que ce morceau prend une autre dimension. Celui-ci résonne comme une explosion qui donne une furieuse envie de gueuler, avec une mélodie vocale très classe, mêlant efficacement chant heavy et chant agressif, un schéma très prisé dans le metalcore souvent mis à l'honneur ici. Idem pour "Emperor of Ruins", dont le couplet nous ramène aux prémices du neo metal avant de laisser place à un refrain hyper catchy. "Humanize the Demon" nous prouve que derrière Carsten Frank, il y a aussi un groupe, notamment Stefan Schönebeck que se distingue par un superbe motif de guitare lead. A noter également ce break calme où Frank utilise un registre grave empreint d'une certaine fragilité qui n'est pas sans rappeler Matthew Barlow.

Les premiers signes de faiblesse se font sentir à partir de "Phobia". Le début en forme de ballade s'avère plutôt pas mal, avec une drôle de particularité : au gré des variations du chant de Carsten Frank, on croirait entendre un duo entre Barlow et un Ripper Owens qui aurait laissé tomber les screamings ! Mais ensuite, ça se gâte un peu sur le refrain avec le jeu trop chargé de Soren Becker (quelle idée d'envoyer de la double pédale sur une mélodie aussi calme…), et ça ne s'arrange pas ensuite avec une accélération vaguement thrash un peu pataude. Le résultat final est loin d'être catastrophique, mais il sonne comme le coup d'envoi d'une série de titres pas très aboutis. Malgré quelques atouts, à commencer par son superbe refrain à mi-chemin entre Brainstorm et Nevermore, "After the End" nous fait le coup des montagnes russes : une intro très prometteuse avec une superbe harmonie guitare / basse et la batterie qui déboule ensuite avec des descentes de toms à la "Territory" de Sepultura, mais derrière c'est le néant sur le couplet : riff inexistant, mélodie vocale alambiquée… ; ensuite, alors que le retour du gimmick d'intro de laisse penser que le morceau se termine, Athorn place un très beau passage solo… immédiatement gâché par des « show me the way» qui sonnent comme une caricature de neo metal. Même problème sur "A Matter of Time" d'ailleurs : le très véloce riff de départ fait parler la poudre, mais le soufflé retombe sur ce refrain neo franchement générique…

Après les morceaux imparables au début, les morceaux moyens au milieu, on est à peine surpris de voir surgir les morceaux carrément dispensables sur la fin. "From Beyond" sonne comme un patchwork sans queue ni tête de tous les plans qu'Athorn avait sous la main sans avoir pu les caser ailleurs. Au programme, des riffs de faces B du Korn des débuts, un prérefrain sans queue ni tête qui ne s'intègre même pas avec un refrain archi bateau pour du power mélodique. Pas mieux du côté de l'inintéressant "The Ferryman" : le couplet pépère rappelle le dernier Brainstorm, le refrain mélodique et un peu bateau dans son emphase fait penser au dernier Nightmare… Manque de bol, dans un cas comme dans l'autre, il ne s'agit pas de la meilleure période des deux groupes en question… Il faut donc attendre l'arrivée de "Schizophrenia" pour voir Athorn briser enfin cette spirale de la panne d'inspiration. Ce titre long de plus de 7 minutes commence de façon assez classique avec un couplet assez lent et agressif, dont le seul fait notable est le doublage systématique des pistes de chant en voix core (histoire de coller avec le sujet ?). Ca commence à devenir intéressant avec ce refrain davantage tourné vers le heavy classique, aux confins du speed mélodique. Mais c'est à partir du break que ce titre sort de l'ordinaire, grâce à une ambiance assez angoissante installée à l'aide d'un procédé proche de "Rime of the Ancient Mariner", en plus ténébreux. Un pari pas évident mais réussi avec brio.


Avis mitigé à propos de Phobia : le potentiel est clairement là, à l'image de ce début en fanfare, mais l'album connaît ensuite quelques trous d'air, accentués par un tracklisting qui semble présenter les morceaux par ordre décroissant au niveau qualitatif. Comme on est sympa, on retiendra avant tout les quelques belles promesses ainsi que la découverte d'un très bon chanteur en la personne de Carsten Frank, mais il faudra qu'Athorn bosse sur la régularité s'il veut espérer franchir un palier dans un futur proche.


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