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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2010
Sa note : 9/20

LINE UP

-Admiral Nobeard
(chant+basse)

-Commodore RedRum
(guitare)

-Bootsmann Collins
(batterie)

TRACKLIST

1)Slowly Wept the Sea
2)We Are the Storm
3)This Round's on YOU
4)Powder Keg
5)Where Victory Is Penned
6)Of Hooks and Hornswogglers
7)A Time of Wooden Ships and Iron Men
8)Crime Always Pays
9)Raw Doggin' at the Raw Bar
10)The Gallow's Pole Dancer
11)Legacy's Allure
12)At the Bottom of a Glass
13)To Steal a Life
14)You Bring the Cannon, We'll Bring the Balls
15)Surf-N-Turf (For Piratical Girth)
16)Rope's End

DISCOGRAPHIE


Swashbuckle - Crime Always Pays...
(2010) - thrash metal - Label : Nuclear Blast



Il y a des jours comme ça où on a envie de baisser les bras et de cesser de nier l'évidence : oui, tout a sans doute déjà été dit en matière de heavy metal au sens large. Faute de fond, la plupart des groupes en sont rendus à essayer de se différencier sur la forme. On assiste donc à la multiplication de sous-genres fantaisistes, comme Swashbuckle et son thrash metal de pirates. Car en effet, c'est bien connu, bien avant la naissance de Metallica ou Slayer, Surcouf et ses potes se tapaient déjà des mega-moshpits sur le pont de leur bateau…

Les petits rigolos de la Côte Est n'ont pas traîné, puisqu'à peine 15 mois après Back To The Noose, voilà qu'ils remettent déjà le couvert. Cela ne les a pas empêchés de mettre à profit ce court laps de temps pour apporter quelques changements à leur formule. Back To The Noose était un album foutraque à la SOD : 21 titres en 42 minutes, des interludes à gogo, des délires menés à fond les ballons… Cette fois, si les interludes folk sont toujours au programme (4 au total, dont l'intro et la conclusion), Swashbuckle a décidé de se prendre un peu plus au sérieux et de proposer des titres d'allure un peu plus classique. Mauvaise pioche : comme de nombreux comiques en ont fait l'amère expérience (comme Gad Elmaleh et son Coco dernièrement), un truc qui fonctionne très bien sur un format court perd souvent beaucoup de sa force quand on essaie de le transposer sur quelque chose de plus long. Dans le cas présent, arriver d'une traite au bout des 53 minutes de Crime Always Pays… s'avère relativement éprouvant.

Déjà, parce que Swashbuckle s'est tiré une balle dans le pied avec la production de l'album. Crime Always Pays… sonne incroyablement brouillon, surtout sur les parties bourrines où la guitare et la batterie se mélangent pour former une bouillie sonore où l'on ne distingue plus rien. C'est particulièrement criant sur des titres les plus brutaux comme "Raw Doggin' at the Raw Bar" ou l'insupportable "To Steal a Life", qui tire sur le grind. Même des titres purement thrash comme "You Bring the Cannon, We'll Bring the Balls" (titre très fin, au passage) souffrent de ce côté trop chargé où chacun fait son numéro dans son coin. Si l'on rajoute le chant pas mal axé sur un pseudo growl un peu trop braillard, voilà comment on se retrouve avec un album aussi usant que le dernier Arsis. Mais derrière ce fâcheux problème de forme se cache un problème de fond beaucoup plus épineux : Swashbuckle semble vouloir être pris davantage au sérieux, mais on ne peut pas vraiment dire que les compos soient au rendez-vous…

En effet, Swashbuckle a toutes les peines du monde à sortir des stéréotypes du thrash. Quand on se cantonne aux clichés, il faut au moins être capable de les utiliser avec talent ; or ce n'est clairement pas le cas ici, et il ne se passe rien sur une bonne partie des titres. Les quelques bonnes idées, comme l'influence black sur "This Round's on YOU" ou le riff en béton de "The Gallow's Pole Dancer", sont noyés parmi d'autres plans sans relief. Même quand le groupe s'éloigne du thrash bourrin comme sur "Powder Keg" où le début à la "Take No Prisoners" laisse rapidement la place à un délire à la Municipal Waste, il ne parvient pas à convaincre. Au final, pas grand-chose à sauver : "A Time of Wooden Ships and Iron Men", qui mélange habilement rythmique tagada effrénée à la Iced Earth de la grande époque et refrain porté par une mélodie à la Running Wild sauce thrash, "At the Bottom of a Glass" et sa mélodie entêtante et "Where Victory Is Penned", sans doute le seul titre thrash classique percutant de bout en bout… et c'est à peu près tout.


Quand les interludes sont de manière générale plus réussis que les morceaux (mention spéciale à "Of Hooks and Hornswogglers" et son violon apaisant), c'est rarement bon signe. Crime Always Pays… nous offre de rares bons moments espacés par de longues plages sans intérêt. En voulant rentrer dans le rang, Swashbuckle s'est pris les pieds dans le tapis et a perdu tout ce qui lui permettait de sortir du lot sans pour autant gagner en crédibilité dans le cercle fermé du thrash. Pas très calés en stratégie ces pirates…


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