4350

CHRONIQUE PAR ...

13
Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 29 novembre 2010
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Gus Monsanto
(chant)

-Bob Katsionis
(chant)

-Timo Tolkki
(guitare)

-Magnus Rosén
(basse)

-Bruno Agra
(batterie)


TRACKLIST

1)Marching With the Fools
2)Falling to Rise
3)A Lot Like Me
4)The World Doesn't Get To Me
5)Crossing the Rubicon
6)Just Let It Rain
7)Dreamchild
8)Trinity
9)Frozen Winter Heart

DISCOGRAPHIE

New Era (2008)
Trinity (2010)

(2010) - heavy metal - Label : Season Of Mist



On ne peut pas dire que les débuts de Revolution Renaissance aient été flamboyants. Sans parler de la musique, d'un niveau très moyen, Tolkki est resté sur la lancée du split de Strato, à savoir déclarations douteuses, changement de line-up surprenants et auto-contradiction permanente. En outre, avant même la sortie de l'album, on apprend que ce sera le dernier du combo, Timo ayant décidé de mettre un terme à l'aventure, jugeant le manque d'intérêt rhédibitoire, sans bien sûr consulter ses collègues au préalable.

Ceux-ci, bien évidemment dégoutés, nous apprennent que Tolkki n'aurait pas exécuté les soli du dernier album, que ce serait apparement l'oeuvre du co-producteur de l'album, avec lequel le reste du line-up aurait décidé de continuer l'aventure. Une sorte de bis repetita, en somme. Ambiance au beau fixe, donc ! Après avoir planté ce superbe décor, vous comprendrez aisément qu'il sera difficile d'évaluer cet album autrement que comme une photographie du style Tolkki en 2010. Si Age Of Aquarius était par moment déroutant, étant issu d'un travail d'écriture collaboratif (une première chez Grotimo), on peut dire que Trinity permet au guitariste de revenir sur ses fondamentaux. Tout dans cet album transpire le style du Finlandais : les rythmiques, les mélodies, les accords, les lignes de chant. On est en terrain connu. "Marching With the Fools", chargée d'ouvrir l'album, n'est pas sans rappeler "Phoenix" ou "Millenium", tirées de Infinite, avec un petit côté cru pas déplaisant, qui donne un peu de cojones à un genre qui a tendance à en manquer.

Revenu sur ses bases, Tolkki fait du Tolkki. On a donc droit à des speederies ("Marching With the Fools", "Just Let It Rain") et surtout à une grande majorité de mid-tempos (tout le reste moins la chanson-titre et "Frozen Winter Heart"). Même si le savoir-faire du bonhomme dans le domaine est indiscutable, on sait aussi que l'innovation n'est pas vraiment son fort. On se retrouve donc avec une pelletée de titres pas foncièrement mauvais, mais totalement interchangeables, dont l'écoute est aussitôt supplantée par l'arrivée du titre suivant. Rien que la formule riff, couplet avec guitares non saturées, refrain épique est utilisée à 4 reprises, dont trois fois sur des titres placés les uns à côté des autres ("Falling to Rise", "A Lot Like Me", "The World Doesn't Get Me"). Autant dire que sur neuf titres, cela fait une bonne place bouffée par de la redite. D'autant que ces titres n'apportent rien au moulin par rapport à ce que faisait déjà Timo il y a 10 ans. Seule "Crossing the Rubicon" fait preuve d'une patate bienvenue (bien que sa mélodie d'ouverture rappelle fortement "Learning to Fly" de Elements part I). Ce titre marque d'ailleurs une des rares bonnes performances de Gus Monsanto sur cet album.

En effet, celui-ci est toujours à la limite de la justesse, voire même carrément faux, et provoque une certaine tension chez l'auditeur à l'écoute de ses cris aigus si peu assurés. Dommage, car la simplicité du style pratiqué rend la présence d'un bon chanteur indispensable pour porter les titres à bout de bras, et le Brésilien prouve clairement ici qu'il n'en est pas un, la production très crue de sa voix ne lui donnant en plus pas le droit à l'erreur. D'ailleurs de nombreuses coupures dans l'enregistrement sont clairement audibles dans les titres, ce qui ne contribue pas vraiment à l'immersion... Pour mettre noir sur blanc ce que tout le monde pense tout bas, on passe finalement l'ensemble de l'album à regretter Timo Kotipelto. Reste également la question des soli. Et bien, croyez-le ou non, avant même la parution de la fameuse news à scandale décrite plus haut, votre serviteur s'était fait la réflexion à propos des soli de Trinity, louant le fait que Tolkki se soit acheté un phrasé et ait décidé de varier son propos en faisant autre chose que des montées et des descentes de gamme mineures. Vous aurez tout le loisir de pousser le raisonnement plus loin. Sachez simplement que les soli de cet album sont bons. On ne va pas s'en plaindre ?


À part ça, pas grand chose à se mettre sous la dent avec ce Trinity. Même si le niveau remonte légèrement après deux premiers albums relativement catastrophiques, difficile de ce satisfaire de ces neuf titres trop peu variés, trop peu inspirés, tenus par un line-up qui manque de classe, notamment au poste clé du chanteur. Finalement, peut-être que Tolkki a bien fait de mettre fin à l'aventure. La suite de cette aventure dans le bien plus attirant (mais très mal nommé) Symfonia.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6