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CHRONIQUE PAR ...

78
Mnemopanda
Cette chronique a été mise en ligne le 12 décembre 2010
Sa note : 14/20

LINE UP

-Satoshi
(chant)

-Nii
(guitare)

-ShuU
(basse)

-Ryo
(batterie)

TRACKLIST

1)13
2)JARRING FLY
3)Shadan
4)Môja no Koshin
5)Aimai na Mikaku
6)ROBUST CONVICTION
7)Ame to Fukosha
8)Furubita Shashin
9)DECEIVED MAD PAIN
10)Fukai no Yami
11)Owari to Mirai
12)Kaisen Sengen

DISCOGRAPHIE

13's Reborn (2007)
GO (2011)

Girugämesh - 13's Reborn
(2007) - visual kei - Label : Gan-Shin



Septembre 2006, Girugämesh sort son premier vrai album et de l’ombre après pas moins de cinq singles – dont les japonais sont très friands - cinq maxi singles et même un mini album… ! Il faudra attendre quelques mois pour qu’ils arrivent jusque chez nous, grâce à Gan-Shin qui décidément, déboîte quand il s’agit de contenter les fans européens que nous sommes. Et mieux encore, si la version nippone de l’album compte bel et bien onze titres, nous autres en avons… Douze ! En effet, "Kaisen Sengen", titre de leur premier single vient comme une cerise sur le gâteau, comme pour nous prouver que parfois, nos versions Euro ne sont pas faites qu’à la va-vite et qu’on cherche à nous contenter !

Goku, le premier single du groupe avait fait un carton, les propulsant sur le devant de la scène japonaise et donnant l’occasion à ce groupe axé rock/métal à ses débuts de faire profiter de ses riffs neo-metal, de son ambiance un peu sombre et de la voix parfois mélodieuse, parfois hurlée de Satoshi. Et c’est sur "Shadan" que commence véritablement à se former l’ambiance de l’album. Des rythmiques de basse et de batterie qui s’enchaînent et la voix déjà bien reconnaissable de Satoshi qui gronde avant de se faire harmonieuse. Elle laisse la place à "Môja no Koshin", titre plus rock et peut être plus poussif où Nii et ShuU nous font profiter, comme à de nombreuses reprises sur l’album, de cris gutturaux pour accompagner le chanteur.

"ROBUST CONVICTION" a le mérite de commencer sur la guitare de Nii qui se fait bien plaisir avant d’emboîter sur la voix de Satoshi qui se contentera cette fois de chant clair ou légèrement poussé de la première à la dernière seconde. Titre peut être un peu plus reposant que les précédents, il promet de nous laisser son refrain en tête pour un moment... Au passage, on notera que Girugämesh est dans la même veine que la plupart des groupes japonais : incapable de s’empêcher de mettre un mot ou deux d’anglais à droite ou à gauche… Ça ne veut pas toujours vraiment dire quelque chose… Et nous autres ne nous rendons pas franchement compte qu’il s’agit d’anglais… Mais en prêtant un peu l’oreille, pourquoi pas… ?

Si à la fin de l’année 2007, Girugämesh, dans l’album éponyme, nous sortira sa ballade la plus plébiscitée et la plus réussie qu’ils feront jamais (du moins à ce jour) : "Kowarete iku sekai", il faut reconnaître à 13’s Reborn qu’il s’en sort plus qu’honorablement avec "Ame no Fukosha". La voix cassée de Satoshi se pose sur chaque couplet, uniquement accompagnée de la batterie de Ryo et de quelques accords discrets, de temps à autre, de guitare. Le refrain est par contre une explosion musicale à chaque fois qu’il arrive… De quoi ravir nos oreilles… Satoshi y parle de la pluie et du sentiment de détresse qui l’assaille quand elle tombe, de la douleur, du manque et de l’absence. Non, 13’s Reborn n’est pas un album très joyeux dans ses textes et il se révèle même plutôt pessimiste quand à l’avenir du genre humain…

"Furubita Shashin", "DECEIVED MAD PAIN", toujours un peu d’anglais ici et là, juste un mot ou deux comme si c’était une des contraintes de l’album mais heureusement, le groupe ne tombe pas dans l’excès et cette seconde chanson arrive même à faire passer ces quelques mots de façon assez judicieuse : hurlée, rendant le choc léger. Encore un titre qui, d’ailleurs, nous laisse son refrain facilement en tête, ce qui semble être une constante de l’album. "Fukai no Yami" permet à la voix un peu brisée de Satoshi de s’exprimer dans ses différentes variations et se présente comme la seconde et dernière vraie ballade de l’album avant de laisser la place à "Owari to Mirai", titre rapide et qui oblige la tête à se balancer au rythme imposé autant par les instruments que par la voix.

On ne pouvait pas vraiment rêver mieux que ce dernier titre pour clore cet album, et pourtant… Si « Owari to Mirai » nous reste bien en tête alors que se jouent les dernières notes, nous laissant normalement apprécier un silence qui tout à coup prend tout son sens, surtout pour peu qu’on se soit pencher sur les textes, il nous reste encore "Kaisen Sengen", titre rythmique, plaisant, qui nous ramène au tout tout début de Girugämesh. On déplore cependant qu’il soit ainsi placé à cet endroit de l’album, faisant véritablement office d’ovni au milieu des autres morceaux qui, malgré leurs différences de style, se marient avec brio. L’album aurait peut être dû se contenter de la poser en piste cachée ou en bonus séparé pour éviter de tuer un peu l’ambiance de 13’s Reborn sur la dernière ligne droite…


Premier album du groupe, il les consacrera et les fera connaître directement non seulement au Japon mais également en Europe puisque seulement deux ans plus tard, le groupe nous offrira déjà une tournée européenne dont les dates françaises seront sold out ! On regrette un peu le côté répétitif de certains riffs qui après plusieurs écoutes nous font tomber en overdose ainsi que l’ajout de la dernière piste finalement… Mais on appréciera le peps du groupe, le jeu des musiciens à la fois complexe et efficace ainsi que la voix de Satoshi qui a l’avantage de moins chanter « par le nez » que beaucoup de ses homologues nippons…


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