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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 20 décembre 2010
Sa note : 11/20

LINE UP

-Jakob Samuel
(chant)

-Pontus Egberg
(basse)

-Henrik Bergqvist
(guitare)

-Christian Lundqvist
(batterie)

TRACKLIST

1)Too Much of Everything
2)Caroline
3)Seven Seas
4)Metal Will Stand Tall
5)Like No Tomorrow
6)One Out of Ten
7)Lullaby for Jimi
8)Drum Solo
9)Echoes from the Past
10)Thunderball
11)I Rule the Night
12)Night of Passion
13)Flesh & Blood
14)Line of Fire

DISCOGRAPHIE

Sweet Trade (2007)
No Quarter (2010)
Performocracy (2011)

Poodles (The) - No Quarter
(2010) - hard rock hard FM - Label : Frontiers Records



Le hard FM, quand on prend ça de haut, on se dit que c’est toujours la même rengaine : ce qui fera la différence, c’est la qualité des compos, point barre. Mais en y revenant, on réalise qu’il existe des approches bien différentes. D’un côté, on a ceux qui savent se la jouer garçons sensibles, qui vont user de leur – relative – délicatesse pour faire fondre les cœurs fragiles de leurs fans fébriles. Et à l’opposé, on va trouver ceux qui mettent les pieds dans le plat, qui jouent les potards à 11 que ce soit pour chanter le rock ‘n roll ou leur dernier chagrin d’amoûûûr. Ceux-là sont les plus rigolos, mais aussi, souvent, les plus limités…

Et du moment où Jakob Samuel lâche son premier screaming en ouverture de "Too Much of Everything", on comprend que les Poodles vont boxer dans la seconde catégorie. Si on ajoute que No Quarter est un enregistrement live, faut s’attendre à ce que ça se donne à fond. Sur ce point-là, pas de déception : le groupe joue à domicile, et le public suédois est suffisamment chaud pour l’inciter à se dépasser et à sortir la grosse artillerie. Passé "Too Much of Everything" qui démarre les affaires en douceur, les Nordiques enchaînent avec quatre bombinettes balancées avec panache, avec participation active de la foule sur les refrains et autres « who-oo-oooh » de rigueur. Des refrains parfois loin d’être dégueu, comme sur les semi-tubes "Like No Tomorrow", "I Rule the Night" ou "Line of Fire", qui balancent chacun leur sauce en un peu moins de quatre minutes et laissent l’amateur du genre très satisfait. Basique, pas très classe, mais sans défaut.

Donc les Poodles, ils ont la niaque, ils ont l’assurance, ils savent tenir une foule… mais bon Dieu, qu’est-ce qu’ils sont balourds. Ça ne se remarque pas trop sur le premier tiers du concert, bien que "Metal Will Stand Tall" remplisse toutes les promesses de son titre (extrait du refrain : « Made of steel we fly / Like an eagle in the sky »), mais dès qu’arrive la ballade obligatoire – et semi-foirée – "One Out of Ten", on sent l’entreprise flancher, et le concert partir dans la mauvaise direction. Et ça ne loupe pas, car derrière arrive un instrumental baveux et tire-larmes ("Lullaby for Jimmy") qui s’enchaîne de manière horrible sur… un solo de batterie, et alors là c’est la catastrophe. Car ce « solo » est pour moitié occupé du Christian qui bat la mesure tandis que Jakob anônne les « who-oo-oo-oo-oh oooh oooh » du "Seven Nation Army". Nous voilà rassurés : il n’y a pas qu’en France que ce morceau s’est métamorphosé en hymne crétin de stade. En tout cas, le mal est fait : et il faut attendre l’uppercut "I Rule the Night" pour que ce passage à vide soit effacé de nos mémoires.


Mine de rien, la faute à cet agencement hasardeux, les Poodles ratent à moitié l’exercice de l’album live, alors que la scène est pratiquement la raison d’être de ce genre de groupe. Certainement qu’avec l’image – car oui, ça sort aussi en DVD, sous le nom In The Flesh - on gagne en puissance et en immersion, mais dans l’état, je vais laisser les gros durs au vestiaire et retourner batifoler avec les jeunes garçons sensibles.


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